Terra 14 janvier 2016 à 08h00 | Par Terra

2016, place à l'unité et au rassemblement

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Jacques Jaouen
Président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne
Jacques Jaouen Président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne - © Terra

La page de l'année 2015 est maintenant tournée. Ces victimes, ce sang versé, ont profondément marqué notre pays et nos concitoyens. 2016 démarre avec, en toile de fond ces attentats, cette ambiance lourde. De ces événements tragiques, j'ai surtout envie de retenir la formidable réaction des Français. En janvier, ils se sont levés en masse pour refuser le terrorisme et l'arbitraire et se souder un peu plus face à la menace. Notre pays ne sort pas indemne de tous ces événements. Et il est bien difficile de faire ressortir les difficultés du monde agricole.
Il le faudra pourtant bien, tant l'inquiétude et l'angoisse sont grandes. En 2015, la Bretagne a souvent été à l'initiative de mouvements de producteurs. Ces manifestations les ont même conduits jusqu'à Paris ! Parce que les femmes et les hommes dans notre région savent se mobiliser pour l'agriculture et pour vivre de leur métier, de leur production. Ici plus qu'ailleurs se concentrent les difficultés, c'est aussi un fait.
Les plans annoncés, n'ont pas résolu les problèmes au fond. Même à un prix de base à 1.07 EUR, les invendus s'accumulent. Les porcs s'alourdissent dans les élevages comme les dettes-fournisseurs . Cette filière a perdu ses marchés et son outil de fixation du prix du marché. Il n'est plus possible de remettre encore à demain la prise de décisions. Refinancer la dette des éleveurs est une chose mais le problème est presque plus grave que cela. Quels marchés, quels prix, quelle organisation pour demain, quel avenir pour cette filière ? Voilà la question que posent les éleveurs.
En 2016, l'agriculture doit enfin être décrétée "grande cause nationale". Les productions de lait, de viande bovine ou de porc sont des atouts considérables, notamment dans le cadre de la lutte contre le chômage. Une côte de porc, un steack haché français, dans l'assiette d'un collégien ou d'un lycéen, ce n'est pas seulement un produit de qualité. C'est faire le choix de l'emploi et de la valeur ajoutée ici, dans notre région. Encore faut-il s'organiser pour cela, pour peser sur les marchés et proposer des produits attendus par le consommateur. La passivité a assez duré. Les problèmes ne se résoudront qu'avec un véritable plan Marshall de l'agriculture et de l'élevage. L'Etat doit s'y investir et jouer son rôle d'organisateur, de régulateur. Mais la profession doit aussi jouer son rôle et faire de l'organisation des filières, notamment porcine, une cause régionale. L'heure est au rassemblement des forces économiques pour agir de façon rapide et efficace. On ne peut pas tout attendre de l'Etat ! Il faut construire un projet de filière qui renforce le rapport de force en faveur du producteur : massifier et concentrer pour peser, segmenter pour mieux valoriser. Il faut donc oser imaginer une nouvelle forme d'organisation commerciale répondant à ces objectifs. Des pistes sont sur la table. J'en appelle au sursaut de tous pour dépasser les ressentiments et faire avancer la seule cause qui vaille vraiment : que la Bretagne reste un bassin de production qui compte en Europe, avec l'appui de la collectivité régionale et que les éleveurs restent debout, biens dans leur métier.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui