Terra 02 septembre 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

70 tracteurs finistériens à Paris pour réclamer un allègement des charges

Mardi dernier, 70 tracteurs finistériens ont pris la route pour aller manifester à Paris. Une première dans l'histoire des revendications agricoles. Et le signe d'un profond ras-le-bol dans les campagnes, les agriculteurs n'ayant pas reculé devant 1 200 km, aller-retour, et 4 jours d'absence sur leur exploitation, pour se faire entendre !

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Les agriculteurs de la région de Morlaix se sont retrouvés à la Cuma du Frout, à Taulé, pour préparer les tracteurs. © Chantal Pape "Ce sera notre hôtel", expliquent les producteurs, en aménageant la bétaillère où ils dormiront quelques heures. © Chantal Pape Producteur de mini-légumes à Roscoff, Jacques Jacob explique aux journalistes pourquoi il va manifester à Paris en tracteur. © Chantal Pape Producteur de lait et de légumes à Mespaul, Eric Trévien sera aussi du voyage. © Chantal Pape

"Quand on reste ici, on n'est pas écoutés". La preuve ? "L'accord que les légumiers ont obtenu le 24 septembre dernier n'a toujours pas été respecté". Alors Jacques Jacob n'a pas hésité longtemps quand FDSEA et JA ont évoqué un déplacement en tracteurs à Paris. Installé depuis un mois, en EARL avec sa soeur, il produit des mini-légumes, des pommes de terre primeur et du chou pomme sur 7 ha de plein champ et 2 ha sous abri. Et a une idée bien précise de ce qu'il va demander au Gouvernement, en montant à la capitale. "On a trop de charges". Des charges salariales, d'abord, pour cet employeur d'un CDI et d'occasionnels. "La main d'oeuvre représente 30% du coût de production en tomates et jusqu'à 60 à 70% en mini-légumes. Comment lutter avec des pays où le coût du travail est bien moindre ?" Mais aussi une fiscalité qu'il juge inadaptée. "Il est urgent de la repenser entièrement".

 

Trouver des solutions

 

Eleveur à Mespaul, Eric Trévien sera aussi du voyage à Paris. "Ce mois-ci, le lait nous sera payé 320 €/t, quand on était presque à 400 € l'an passé à la même époque". Dans ces conditions, impossible de faire face à ses charges. "Je me suis installé il y a 7 ans et j'en suis déjà à ma troisième crise". Autant dire qu'il a déjà fait le tour des marges de manoeuvre dont il disposait pour diminuer son coût de production !

"Puisqu'on ne peut pas fixer le prix, il faut impérativement trouver une solution pour les charges". Comme en légumes, il demande à revoir le coût de la main d'oeuvre et la fiscalité agricole. "On paie sur des variations de stocks !" Mais aussi à alléger les contraintes environnementales qui pèsent sur les exploitations. Comme 140 autres agriculteurs finistériens, deux par tracteur, il n'a pas hésité à faire 1 200 km, aller-retour, et à s'absenter 4 jours de son exploitation pour faire entendre ses revendications.

Le coût du déplacement, carburant et repas, est estimé à 1 000 € par tracteur. "Il sera pris en charge collectivement, indique Thierry Merret, le président de la FDSEA. Grâce à la solidarité du réseau et à l'appui de nos partenaires de l'amont, bien conscients que, si on n'est plus là demain, eux non plus". Mais les producteurs n'entendent pas faire le déplacement pour rien ! "On attend des réponses".

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