Terra 05 novembre 2015 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Abattoirs : quelles conditions de travail ?

Les difficultés de la filière porcine inquiètent la CFDT. Le syndicat dénonce des conditions de travail qui se détériorent.

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Les responsables syndicaux CFDT agroalimentaire de Bretagne tirent la sonnette d'alarme
Les responsables syndicaux CFDT agroalimentaire de Bretagne tirent la sonnette d'alarme - © Terra

Le secrétaire général de la CFDT de Bretagne, en charge de l'agroalimentaire, Jean-Luc Feillant, ne voudrait pas que la crise porcine soit résumée au seul maillon de la production. C'est tout le sens de la conférence de presse qu'il a tenu mardi 3 novembre dernier avec des délégués d'abattoirs bretons et d'autres maillons de la filière. Amplitude horaire, augmentation des cadences, développement du taux des maladies professionnelles et de l'absentéisme... Autant de conséquences de la crise porcine subies par les salariés des outils industriels, qu'ont exprimées les délégués syndicaux. "Nous sommes victimes de la crise de la filière sans en être les responsables", dénonce ainsi Marie-Jeanne Menier, déléguée syndicale à la Cooperl de Lamballe. A titre d'exemple, Sandra Ricard, elle aussi à la Copperl de Lamballe pointe les retards d'enlèvement qui ont pour conséquence des porcs plus lourds, ce qui pose des difficultés aux abattoirs. "Il ne faut pas que l'amont cache le reste de la souffrance de la filière. Les conditions de travail se détériorent, on licencie des gens pour inaptitude et même la qualité n'est plus au rendez-vous. Les gens sont à bout !", prévient encore Marie-Jeanne Menier. Pour Hervé Thiboult, qui représente lui la partie alimentation animale, la crise porcine touche tel ou tel maillon suivant les années, "mais notre crainte, c'est aussi que le début de dialogue social qui a été mis en place à force de ténacité soit balayé en quelques mois".

"Il est donc grand temps de faire quelque chose !", s'emporte Jean-Luc Feillant. "Leclerc et Intermarché représentent environ 35 % de l'abattage et de la découpe et maîtrisent toute la chaine. Ils devraient être moteurs car ils fixent le prix à la consommation et, dans les conditions actuelles, ce sont aussi eux qui fixent le prix à la production". Le responsable syndical regrette donc que les coopératives ne se soient pas, à un moment donné, régroupées avec de vrais projets industriels. Et de conclure : "aujourd'hui, il faut que tous les acteurs se mettent autour de la table pour trouver des solutions, car l'enjeu, c'est la pérennité de nos emplois".

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