Terra 24 mars 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

AG FDSEA : face à face coopération - syndicalisme

300 personnes se sont retrouvées à Quintin à l'assemblée générale de la FDSEA. Le sujet abordé "la coopération", sujet polémique en cette période de crise, n'a pas déclenché de débats mouvementés. Ambiance calme loin de l'agitation des semaines passées.

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La table ronde avec Yves Bazy, secrétaire général, Michel Prugue, président de Coop de France et Henri Brichart, vice-président de la FNSEA.
La table ronde avec Yves Bazy, secrétaire général, Michel Prugue, président de Coop de France et Henri Brichart, vice-président de la FNSEA. - © terra

Deux invités de marque, Michel Prugue, agriculteur dans les Landes, nouveau président de Coop de France et Henri Brichart, 2ème vice-président de la FNSEA se sont prêtés au jeu des questions réponses, préparées par le groupe projet (adhérents, adminsitrateurs). En effet, la FDSEA a souhaité mettre en avant le sujet brûlant de la coopération et toutes les attentes non satisfaites des producteurs en matière de transparence, de création et de répartition de la valeur, d'organisation ou encore de compétitivité...
Deux visions - coopération et syndicalisme - se sont opposées... parfois retrouvées. D'un côté, des coopératives qui grossisent, des ossiers qui se complexifient et de l'autre un syndicalisme qui veut participer aux décisions stratégiques et d'orientation des coopératives. "Fermer une usine, un abattoir : le syndicalisme veut prendre sa part de responsabilités. Il faut que le syndicalisme et la coopération puissent analyser ensemble les orientations, pour que tous aient envie d'aimer la coopération", argumente Henri Brichart, reprenant notamment l'exemple de Socopa, passé dans le fleuron du privé Bigard.

Le préfet interpellé par Jean-Michel Juhel sur la présence de produits étrangers trouvés dans des cuisines centrales.
Le préfet interpellé par Jean-Michel Juhel sur la présence de produits étrangers trouvés dans des cuisines centrales. - © terra

L'apport total : un engagement de la coopérative
Pour Michel Prugue, il n'y a pas de "coopératives riches, avec des adhérents pauvres", s'opposant à une remarque de la salle. Selon lui la valeur se crée sur un territoire grâce à la différenciation des produits et la création de marques. "Je ne veux pas qu'on remette en cause le travail des coopératives sur la segmentation", prévient le responsable. "Si certaines entreprises n'ont pas pu aller chercher de la valeur, c'est que le niveau d'investissements était trop conséquent. La création de valeur et sa répartition passent par des choix d'entreprise",indique-t-il. Face aux entreprises privées capables d'investir dans la recherche pour créer des produits valorisants, Michel Prugue cite, par exemple, l'engagement des coopératives à collecter tous les litres de lait, via le contrat d'apport, avec comme conséquence un "mix prix payé" plus faible compte tenu de la diversité des débouchés (marque, MDD, export). "Quand Danone augmente son prix du lait, en contre-partie il réduit les volumes. Dans le prix payé, il faut mettre en face l'accès à la vente de la coopérative", souligne-t-il.
Du point de vue d'Henri Brichart, ancien président de la FNPL, l'apport total n'est pas très"stimulant". Selon lui, il faut réfléchir à des relations plus novatrices : contractualiser avec un engagemement réciproque plus fort, inciter les adhérents à apporter plus de parts sociales..."Sinon certains agriculteurs sont adhérents de manière subie, et non volontaire".

Bien former les administrateurs
S'il est un point qui a rassemblé les deux responsables, c'est celui de la formation des administrateurs de coopérative. Former et rémunérer les administrateurs leur permet d'appréhender le pilotage des entreprises, de plus en plus complexe, dans de bonnes conditions. "On ne peut plus être administrateur et jouer comme un amateur", lance Henri Brichart. Enfin, sur la question de la transparence et de la participation des adhérents dans les désicions de leur coopérative, le président de Coop de France rappelle l'importance de prendre part aux assemblées de section. "C'est là le fond des discussions", a-t-il assuré.

Ils ont dit
Didier Lucas, président FDSEA. "La pression syndicale sur les négociations commerciales, toutes les coop nous disent que cela leur sert mais nous nous voulons plus de retour sur les prix aux producteurs"

"C'est vous [les adhérents] qui allez faire 2016. Avec vos envies, la FDSEA sera toujours à côté de vous".
Yves Bazy, secrétaire général. "La charte laitière de valeurs, tous les distributeurs l'ont signé. La plupart des coopératives hésitent encore !"
Michel Prugue, président de Coop de France. "On ne veut pas avec la méthode de collecte du fonds porcin subir le risque que dans 6 mois, les distributeurs nous redemandent les 100 millions".

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