Terra 13 février 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Agricultrice en solo, projet en duo

A Milizac (29), Rozenn Cueff a décidé de prendre la suite de son père sur l'exploitation familiale tandis que Xavier, son conjoint, poursuit sa carrière professionnelle à l'extérieur. Un schéma pas si courant... Rencontre avec un couple au choix mûrement réfléchi et qui s'est donné les moyens de privilégier qualité de vie et vie familiale avec Paul et Tom, leurs deux enfants de 9 et 4 ans.

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Acheté en 2014, le robot de traite a permis à Rozenn Cueff, installée seule sur l'exploitation familiale, de consacrer bien plus de temps à sa vie familiale et même de se remettre au sport.
Acheté en 2014, le robot de traite a permis à Rozenn Cueff, installée seule sur l'exploitation familiale, de consacrer bien plus de temps à sa vie familiale et même de se remettre au sport. - © Terra

"Le robot a changé notre vie". C'est avec soulagement que Rozenn Cueff, productrice de lait à Milizac (29) a quitté la salle de traite 2x4 avec laquelle son père a fait la majeure partie de sa carrière professionnelle. "Il produisait 350 000 litres de lait, je suis rapidement passée à 500 000 litres. Je commençais à avoir mal aux épaules. Et j'y passais des heures...".

Du temps pour elle et pour eux

Depuis, sa journée de travail commence une heure plus tard tous les matins. "J'ai fait le compte : je gagne l'équivalent d'une nuit de sommeil par semaine !" Et elle a surtout gagné en souplesse au niveau de l'organisation de son travail. Libre à elle de commencer plus tard le samedi matin. "Je n'ai de comptes à rendre à personne". Ou de consacrer plus de temps à ses enfants, qu'elle dépose à l'école tous les matins ou qu'elle accompagne en déplacement. "Paul fait du vélo. Le week-end dernier, nous sommes partis pour l'après-midi. Avant, il aurait fallu que je rentre traire". Et dans cette famille de sportifs, son mari aussi fait du vélo, elle a pu se remettre au hand, qu'elle pratiquait depuis l'enfance.

Installée seule...

Petit retour en arrière : déjà toute petite, Rozenn accompagnait son père à l'étable et aux champs. Et c'est tout naturellement qu'elle s'inscrit à l'école d'agriculture du Nivot, après la troisième. Elle y rencontre Xavier, son futur époux, y décroche un bac puis un BTS. Et, ensemble, ils poursuivent leurs études par une licence pro commerce à Landivisiau (29). Tandis que Xavier est embauché par une banque, Rozenn trouve un premier emploi à Unicopa, aujourd'hui Nutréa. Ils se marient et naît Paul, leur premier fils.

"Je m'en souviens bien, quand tes parents nous ont annoncé qu'il fallait prendre le relais", raconte Xavier. Le jeune couple ne met pas longtemps à se décider : Rozenn a toujours voulu s'installer... Et reprendre la ferme familiale, lait et porcs à l'engrais, lui semble une évidence. "On a changé quelques trucs, pour me simplifier le travail. Toutes les parcelles disposent d'eau et d'électricité. Des échanges de terre m'ont donné un parcellaire groupé, sans route à traverser. Et ordinateur et smartphone me rendent bien service pour piloter à distance le robot, si besoin".

Si son père lui donne encore un coup de main, "notamment au moment des pointes de travail, semis et récolte", elle peut aussi compter sur l'aide de son voisin pour les travaux des champs. "En échange, j'élève ses génisses". Mais tout n'a pas toujours été simple. "Pour ma seconde grossesse, il a fallu que j'arrête de travailler dès le cinquième mois !"
Un vrai casse-tête quand on est seule sur l'exploitation... "Mais on y est arrivé", relate la jeune femme, toujours positive.

... mais avec l'appui de Xavier

Lui aussi fils d'agriculteurs, Xavier, aujourd'hui responsable d'agence, est cependant associé aux grandes décisions de l'exploitation. "On va changer un tracteur. Il est là quand le représentant vient, indique Rozenn, qui y implique aussi son père. Et il me donne un coup de main à l'occasion". C'est aussi ensemble qu'ils ont choisi de privilégier leur vie de famille et de s'en donner les moyens. "On part 15 jours en vacances tous les étés. Et j'ai de grosses journées de travail le vendredi et le lundi pour profiter au maximum du week-end en famille". Installée depuis maintenant huit ans, elle ne regrette en rien son choix, "même si j'aimerais bien un prix du lait plus rémunérateur et plus équitable...".

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