Terra 12 avril 2012 à 10h52 | Par Audrey Dibet

Armor Œufs - La mise aux normes fait place aux gros élevages

Conséquence de la mise aux normes, le nombre d'éleveurs a chuté de plus d'un tiers en trois ans au sein d'Armor Œufs. Le groupement breton maintient son potentiel de production de 4,7 millions de poules, avec des élevages de plus en plus gros.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Françoise Collin, Franck Picard, Jean Quennemet, Arnaud Cornillet et Armel Le Beller lors de l'AG d'Armor Œufs le 4 avril
Françoise Collin, Franck Picard, Jean Quennemet, Arnaud Cornillet et Armel Le Beller lors de l'AG d'Armor Œufs le 4 avril - © Audrey Dibet

Ils ne seront plus que 57 éleveurs dans le groupement, à l'issue de 2012, à la tête d'ateliers de 82 500 poules en moyenne, contre 51 000 en 2009. "Chacun cherche à comprimer les charges par l'augmentation de la taille moyenne des élevages", souligne Jean Quennemet, regrettant que cette situation "laisse pour compte les petits éleveurs" et que "la stricte application d'une échéance réglementaire européenne conduise à la fermeture brutale d'élevages conventionnels en fin d'activité sans la moindre aide". Et le président d'Armor Œufs de craindre "la prochaine crise alors que tous les œufs sont chargés en amortissement" dans les élevages aux nouvelles normes bien-être.

 

Sous-production européenne

Le niveau de sous-production inédit au niveau européen en ce début d'année a fait monter les cotations de +350% en un an, jusqu'à 2 €/kg en industrie. Mais "l'an dernier, la cotation ne payait même pas l'aliment", rappelle Hugues Mongé, responsable de l'amont de la filière œufs à Sanders. Combien de temps durera ce déséquilibre entre l'offre et la demande ? Telle est la question, car bien qu'elles servent de base aux négociations de prix avec l'aval, les données européennes ont montré leur limite en matière de fiabilité, l'importante baisse de production amorcée à l'automne dernier n'ayant absolument pas été prévue.

Les chiffres nationaux sont en revanche plus précis. "La production qui a baissé comme jamais en France pour atteindre 840 millions d'œufs fin 2011 (soit -18% par rapport à 2010), remonte légèrement en ce début d'année", observe Hugues Mongé. Et les cours, eux, recommencent à baisser.

Olivier Athimon, responsable de l'aval de la filière œufs du groupe Glon
Olivier Athimon, responsable de l'aval de la filière œufs du groupe Glon - © Audrey Dibet

Faire évoluer l'indexation des prix

Pour Olivier Athimon, responsable de l'aval de la filière œufs, le contexte actuel de prix élevé, matière à de vives discussions avec les clients, est l'occasion "de faire passer le  message aux industriels de l'agro-alimentaire et au hard discount", de "revoir leur modèle d'indexation des prix". Cette indexation est pour l'instant basée sur des cotations qui exacerbent aujourd'hui la réalité des volumes. La filière aurait intérêt, estime-t-il, "à évoluer vers des contrats basés sur les prix de revient". De tels changements dans les relations commerciales amèneraient plus de stabilité dans les prix. Autre message qu'Olivier Athimon entend faire passer : "le bien-être a un coût qui nécessite d'être répercuté sur tous les acteurs jusqu'au consommateur final".

Moins de mortalité en cages aménagées

"Le nombre et le poids d'œufs restent similaires avec les cages aux nouvelles normes, mais les résultats techniques montrent une surconsommation de l'ordre d'1g sur les indices", remarque Yannick Thoraval, responsable technique, qui observe aussi chez les éleveurs d'Armor Œufs que "l'arrivée des cages aménagées a fait baisser la mortalité à 2,6% contre plus de 4% en moyenne dans les anciennes cages". Compte tenu notamment de cette dernière évolution, Jean Quennemet estime que "la méthode de calcul de la cotisation à l'équarrissage devra être revue pour revenir à un financement plus proche des coûts réels". Des coûts réels qui, selon le président d'Armor Œufs, seraient en moyenne 4 fois moins élevés en Bretagne que ceux payés par les éleveurs.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui