Terra 25 février 2016 à 08h00 | Par Jean Dubé

"Aujourd'hui c'est l'invendable qui fait le prix"

Dominique Barrau était à Rennes lundi dernier pour préparer le prochain congrès de la FNSEA qui se tiendra à Laval en mars. L'actualité a dominé les échanges lors de sa rencontre avec les responsables régionaux.

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Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA
Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA - © Terra

Quelle analyse faites-vous des semaines d'action qui ont marqué la Bretagne ?

Dominique Barrau. Les actions ont été plus fortes en Bretagne parce que l'agriculture y reste le poumon de l'économie. Ici on trouve aussi les situations les plus extrêmes. Il existe une attente très forte de négociation sur les prix. Aujourd'hui l'invendable fait le prix de ce qui est à vendre. Très vite il faudra revenir à une notion de gestion des marchés. Manuel Valls s'est engagé à recevoir les transformateurs, après avoir reçu la grande distribution. Les prix au consommateur n'ont pas baissé, ils devront savoir renvoyer au producteur.

Que pensez-vous des autres mesures annoncées par Manuel Valls ?

D.B. Tout d'abord je note que beaucoup de personnes n'ont pas bien compris la portée des mesures annoncées. La baisse des cotisations sociales est une baisse qui ramène le taux de cotisation de 43 à 33 %, soit 23,4 % de baisse effective du montant de la cotisation. Ce ne sont pas seulement 7 à 10 points de baisse, c'est un pas important dans la direction de la baisse des charges. Mais ce travail doit continuer.

Les agriculteurs ont besoin de l'Europe dans ce combat. L'Europe ne peut pas laisser chaque État gérer les crises seul. Je suis persuadé que une sortie positive de la crise passe par plus d'Europe, ... tant pis si on est moins nombreux !

Vous parlez de gestion de l'offre : quelles mesures concrètement ?

D.B. Il faut poursuivre le travail sur la contractualisation, la baisse des charges, la traçabilité. Le gouvernement et l'Europe doivent agir sur ces points. L'Europe ne peut pas rester les yeux fermés quand la progression de la production est à deux chiffres et que le marché n'est pas là. Elle doit intervenir, d'abord avec les outils de gestion des crises, puis dans une gestion globale pour mettre fin à cette concurrence sauvage. Cela ne dédouane pas les producteurs de travailler sur l'amélioration de l'organisation des filières. On a réussi à faire l'organisation de la production, il faut réussir l'organisation économique pour sortir de cette situation par le haut.

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