Terra 07 décembre 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Avec le GDS, les antibiotiques autrement

Il en va en médecine vétérinaire comme en médecine humaine : les antibiotiques ne sont pas automatiques. Le sujet sera au cœur des 49 réunions de zone que le GDS Bretagne entame le 12 décembre prochain, jusqu’à la mi-février. Avec un exemple type, celui de la période du tarissement car le coût sanitaire imputable aux mammites peut aller jusqu’à 60 €/1 000 l.

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À gauche Thierry et Valérie Courtois pour présenter aux côtés de Sonia Gilliouard, correspondante, 
et Pierre-Yann Brique, administrateur, le thème du tarissement choisi pour les 49 réunions de zones.
À gauche Thierry et Valérie Courtois pour présenter aux côtés de Sonia Gilliouard, correspondante, et Pierre-Yann Brique, administrateur, le thème du tarissement choisi pour les 49 réunions de zones. - © Terra

"Les pratiques ont évolué et elles peuvent évoluer encore", analyse Pierre-Yann Brique, éleveur laitier à la Croix Hélléan et administrateur du GDS de Bretagne. Des raisons conjoncturelles amenant à être plus regardant sur toutes les dépenses, y compris de santé, ont amplifié la diminution de leur utilisation. Mais le phénomène est là, et bien là. Ainsi, en cinq ans, l’utilisation d’antibiotiques vétérinaires a été réduite de 37 %, vient de révéler l’ANSES (voir encadré) à la veille de la reconduction du plan EcoAntibio 2.

Choisir sa stratégie

La marge de progrès existe encore puisqu'un tiers des antibiotiques sont utilisés pour le traitement de la mamelle. Ainsi, "nous avons situé notre exemple au moment du tarissement. C’est une période précise de la vie d’une vache, une période où les pratiques peuvent évoluer sans perdre en efficacité technique", estiment les responsables du groupe de défense sanitaire de Bretagne. Car, sans conteste, "un tarissement bien fait, c’est moins de problèmes après", répètent ceux qui ont choisi d’aborder ce thème. Pour générer le débat avec la salle, un film sera diffusé lors de la cinquantaine de réunions à venir. "Car, derrière, se profilent les mammites. Elles peuvent représenter une perte globale allant parfois jusqu’à 60 € des 1 000 l", a démontré le GDS, étude à l’appui. Dans cette période charnière de la mise en repos de la lactation, historiquement, "on ne se posait pas de question. Le tarissement disait antibiotique". Les choses ont bien changé. Cette période nécessite de réfléchir à la solution de protection à utiliser, "sans systématisme", invitent Valérie et Thierry Courtois, président de la zone du Golfe au GDS, éleveurs laitiers.

Lutter contre le systématisme

Sur ce Gaec entre époux, 420 000 l de lait sont produits par 50 vaches laitières à coté d’un atelier allaitant de 60 mères sur 95 ha de SAU. "On adapte le tarissement à l’animal, suivant la saison, avec différentes matières actives ou non actives. Il n’y a pas de règle. On choisit la protection mais il y a des solutions techniques", détaille Valérie Coutois. Et elles varient pour ces éleveurs de Saint-Avé qui s’appuient aussi sur l’indicateur de comptage cellulaire. "C’est à la carte. Ce peut être des obturateurs, c’est parfois l’antibio ou rien sur un pré bien sec avec un peu de paille à manger pour favoriser le tarissement", enchaîne Thierry Courtois. "Parfois, c’est aussi la réforme si les problèmes sont récurrents", pointe à regret le couple. Son exploitation enregistre des frais vétérinaires de 8 € /1 000 l alors qu'ils sont de 11 € en moyenne sur le panel du centre comptable (Cogédis). "Les antibiotiques, ce n’est pas systématique. Nous reprenons le slogan car c’est dans l’intérêt de l’éleveur. Nous sommes aussi des consommateurs avec les mêmes besoins et les mêmes intérêts que tout le monde pour se faire soigner", insiste Valérie Courtois.
Ainsi, pressions économique ou sociétale convergent.
L’enjeu restant de se garder la possibilité de maintenir des molécules actives en matière de santé humaine. "Modifier ses pratiques répond à tous ces enjeux-là", résume Pierre-Yann Brique qui note que, l’après midi, visites ou thèmes seront déclinés suivant les secteurs.

INFO : Renseignements et inscriptions, www.gds-bretagne.fr

En chiffres

Pour lutter contre l’antibiorésistance grimpante, le plan EcoAntibio 1 a fixé la réduction de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire à 25 % en 5 ans (2012-2016). L’ANSES, agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a révélé une réduction moyenne de 37 % de leur utilisation, au-delà des objectifs fixés. Reste la ventilation par domaines. La palme revenant à la médecine vétérinaire rurale avec :

bovins : - 24 %,

lapins : - 37 %,

porc : - 41 %,

volailles : - 42 %.

En médecine vétérinaire de ville, la réduction n’est que de 19 % pour les chats et chiens.

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