Terra 16 février 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Avec son #défi, Élodie fait le buzz

Son défi a fait le buzz sur Twitter. Le "#Cap ou pas cap" qu’ Élodie Le Mailloux, éleveuse laitier à Arzal, a lancé sur le réseau social a fait des émules, partout, dans tous les milieux. Un joli coup de projecteur sur ce métier qu’elle défend avec son équipe des JA pour une communication positive.

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Avec ce selfie et son défi sur Twitter, Élodie a fait le buzz.
Avec ce selfie et son défi sur Twitter, Élodie a fait le buzz. - © Terra

Je ne pensais pas que ça allait faire un tel buzz !", s’étonne encore, ravie, Elodie Le Mailloux, 25 ans, installée depuis 2012, avec ses parents, sur leur exploitation laitière d’Arzal (56). Quand le dimanche 5 février après la traite du soir, elle poste son "petit selfie avec ma copine", sa vache fétiche Horloge, elle y associe son défi. "#Cap ou pas cap de vous prendre vous aussi en selfie au travail demain en réponse à ce Twitt. A vous de jouer", invite-t-elle alors.

Twitt et retwitt

Un mois avant, le 10 janvier, déjà après la traite, elle a twitté ce même selfie, le dédiant à la communauté de "#Ceux qui font le lait" du Cniel (Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière). "Il a été repartagé dans mon réseau où je compte un céréalier de l’Aisne qui communique tous les matins à la matinale d’Europe 1. Il l’a adressé avec cette dédicace : "petite pensée à ceux qui font votre petit déjeuner". Samuel Etienne, journaliste l’a retwitté. Ça avait fait un peu de mouvement", se souvient Élodie qui cogite en trayant ses 114 laitières. "Je me disais mais pourquoi n’y aurait-il que moi à me montrer dans le quotidien de travail". Le 5 février, elle garde la même photo et la retwitt mais avec son défi "#Cap ou pas cap. Je pensais atteindre juste mon réseau", 300 abonnés à l’époque. Mais le réseau s’embrase. Le journaliste des pré-matinales d’Europe 1, retwitt et relève le défi, idem pour Camille Combal, animateur radio et chroniqueur sur la chaîne télévisée C8 dans "Touche pas à mon poste"... "Comme ils sont suivis, ça a explosé en 24 heures". Ils sont quelques centaines à retourner leur portrait au travail, "des agriculteurs de toute la France, toutes les productions. D’autres professions ont joué le jeu, la poste, des profs, des journalistes….". Pari largement gagné au vu du nombre de ses abonnés qui double en quelques heures.

"Et des gens nous manifestent leur soutien. Les retours sont positifs, on n'a que des compliments", se réjouit Élodie, jolie jeune femme qui n’a en rien envie de tirer la couverture à elle. "L’objectif , c’est de mettre en avant notre profession, de parler des autres jeunes agriculteurs comme moi, de mon équipe des JA du canton de Muzillac". Un groupe relancé à l’occasion de la Fête de l’agriculture il y a 3 ans, et "la dynamique est là désormais". Elle dépasse même le cercle syndical, "on va relancer le comice qui avait disparu il y a 13 ans". Une communication ancrée sur une certitude : "nous sommes les mieux placés pour parler de notre métier", estime-t-elle. Conviction qu'elle partage avec quelques collègues dont Vincent Le Luherne, 31 ans, installé avec son  frère et ses parents en lait à Sulniac, il est également JA et dépose quotidiennement un twitt sur son compte qui enregistre 1 200 abonnés. "140 signes très spontanés, une photo pour montrer le quotidien"... la naissance d’un veau, la fauche de la luzerne, un coucher de soleil... "Il y a de belles choses chez les agriculteurs qu’on peut communiquer depuis chez soi", dit-il, une opportunité.

"La fierté de notre métier"

Tous deux viennent de rejoindre la nouvelle commission communication initiée il y a un mois à la FDSEA, adepte des réseaux sociaux. "C’est le moyen d’occuper l’espace aussi par rapport à d’autres mouvements plus négatifs, en montrant la réalité, au jour le jour", résument-ils, passionnés par leur profession. "On veut redonner la fierté de notre métier", ambitionnent-ils. "On partage des choses avec des agriculteurs, ça crée des contacts. Et puis ça permet de faire passer des messages", auprès de la sphère agricole, mais pas que. "Un défi comme cela élargit le public, ça permet d’avoir plus d’impact avec une communication positive, différente des manifs. On a ouvert une brèche, il faut en profiter". Elodie et Vincent seront présents une journée au salon de l'agriculture sur le stand "Agri demain", pour communiquer...

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