Terra 28 novembre 2014 à 08h00 | Par Audrey Dibet

Budget, domaines d’activités : la chambre d’agriculture poursuit dans ses évolutions

Le budget de la chambre d’agriculture était revenu à l’équilibre. Mais le projet de loi de finances va compliquer le fonctionnement de la structure avec 330 000 euros de recettes en moins pour 2015.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan, Hervé Cadoret, directeur et Marie-Christine Le Quer, vice-présidente.
Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan, Hervé Cadoret, directeur et Marie-Christine Le Quer, vice-présidente. - © A.D

Outre la réforme territoriale qui était le thème central de la session de la chambre d’agriculture du Morbihan, c’est de conjoncture agricole et de contexte budgétaire dont les élus ont débattu le 20 novembre dernier à Vannes.

"Les efforts des années passées nous permettent d’atteindre l’équilibre budgétaire. Nous avons rarement atteint un tel niveau, avec le développement de nouveaux services notamment auprès des collectivités", constate Laurent Kerlir, le président de la chambre d’agriculture, soulignant "les gros efforts du personnel" avec notamment
7 non -remplacements de postes cette année et 12 personnes transférées à la chambre régionale dans le cadre de la "convergence". Mais ce budget (-30 k€ prévisions 2015) est sans compter le contexte budgétaire qui va s’imposer aux chambres d’agriculture. Le projet de loi de finances prévoit un prélèvement de 5,35% sur les recettes. "Nous ne l’avons pas intégré au budget primitif 2015 car on ne pourrait pas sinon revenir dessus. Ce n’est pour l’instant qu’un projet de loi", souligne Laurent Kerlir. "L’État, les collectivités, tout le monde doit participer à l’effort budgétaire", a tenu à rappeler Philippe Charretton, directeur de la DDTM. Ces 5,35%, qui représentent 330 000 euros pour la chambre d’agriculture du Morbihan, vont rendre difficiles les conditions de fonctionnement de structure et amèneront certainement à revoir un certain nombre de subventions.

Plus de présence sur le terrain

Un certain nombre de compétences de la chambre d’agriculture départementale (EDE, CFE, formation...) sont transférées à la chambre régionale d’agriculture, dans le cadre du projet de  convergence. "On est déjà allé plus loin que le projet initial, avec la création d’un poste de directeur administratif et financier et d’un autre en ressources humaines à la chambre régionale. On se rencontre de plus en plus souvent entre présidents et on se comprend de mieux en mieux. On partage la même vision", affirme Laurent Kerlir, pour qui il n’est cependant pas question pour l’instant de remettre en cause l’existence du groupe à 5 (4 chambres départementales + 1 régionale).

Au niveau de la chambre d’agriculture du Morbihan, le projet d’entreprise se met quant à lui progressivement en place. Chaque domaine d’activité stratégique a été défini par les élus. Et c’est ainsi que le service territoire a notamment été réorganisé, remarque le président de la chambre d’agriculture, dans "l’objectif d’être encore plus présent sur le terrain auprès d’un maximum d’agriculteurs".

Ils ont dit

Embargo russe, déclaration des flux d’azote, PAC 2015,... extrait des points soulevés lors de cette session de la chambre d’agriculture.

Thierry Coué, FRSEA, au sujet de l’embargo russe : Les difficultés sont liées à un contexte politique. C’est pourquoi nous demandons à l’État de se battre à Bruxelles pour obtenir des fonds autres que d’origine agricole.

Frank Guéhennec, président de la FDSEA, sur le prix du lait : On déplore que des entreprises laitières remettent en cause les indicateurs économiques publiés par le Cniel. A la mi-campagne 2014-2015, le manque à gagner sur les accords contractuels est de 10 € /1000 l. C’est inacceptable. / Sur la déclaration des flux d’azote : En l’absence de réponse du ministère de l’agriculture et de l’écologie (NDLR, sur la demande de la profession entre autre d’une prise en compte de l’azote total épandu), nous resterons sur notre mot d’ordre de ne pas déclarer les flux.

Philippe Charretton, DDTM, sur la déclaration des flux : Il aura fallu dix ans pour sortir des ZES et ZAC dans le Morbihan. La contrepartie était la déclaration des flux. / Sur la crise avicole : Nous venons de recevoir une enveloppe du ministère qui permettra de donner un ballon d’oxygène aux producteurs d’UKL qui font face à des difficultés de trésorerie.

Laurent Kerlir, président : Le fonds de modernisation servira à améliorer les conditions de travail, à accompagner les mises aux normes, plus qu’à l’agrandissement. Le plan de compétitivité et d’adaptation des exploitions agricoles est un levier pour relancer l’investissement.

Jean-Louis Lenormand, Confédération paysanne : L’état d’esprit est détestable dans les campagnes. Comment peut-on demander à l’État de soutenir l’agriculture quand on détruit un hôtel des impôts ?

Jean-René Menier, élu référent grandes cultures : Nous demandons un réexamen du projet de définition des surfaces admissibles aux aides PAC. D’une part la baisse des équivalences surfaciques dans le cadre des SIE (passage de 100 à 10 m2 par ml de haies) va être problématique pour certaines exploitations. D’autre part, retirer des surfaces admissibles aux DPB les éléments paysagers et de bordure va mécaniquement réduire les surfaces ainsi que le montant des aides au niveau départemental. Avec pour autre effet néfaste, le frein majeur aux politiques de reconstitution du bocage que provoquera cette mesure.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui