Terra 22 octobre 2015 à 08h00 | Par Jean Dubé

Ce sont les règles plus que la maladie qui rendent la situation difficile en France !

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Jean-François Treguer, président de GDS Bretagne
Jean-François Treguer, président de GDS Bretagne - © Terra

Ou en est la situation de la FCO en France ?

Jean-François Treguer. La situation évolue assez peu. La vitesse de progression est réduite. Le niveau de prévalence et la pression ne sont pas les mêmes qu’en 2009. Nous sommes plus avancé en saison, le temps est plutôt frais. La même maladie plus tôt, avec des températures plus élevées, aurait eu des conséquences différentes. L'expérience de 2009-2010 aussi a payé. On a pris de manière plus précoce et plus cohérente les bonnes décisions, notamment sur les stratégies de mouvements contraints.

Pourtant le Sommet de l'élevage s'est déroulé sans animaux !

J-F. T. Face à ce genre de maladies, il y a deux approches. Une approche sanitaire et une approche économique. Il faut surtout raisonner à moyen ou long terme et pas à court terme. Cela signifie que le plus important, c'est de faire passer le sanitaire d'abord pour préserver l'économique. C’est cela le bon ordre des choses. La tentation serait peut-être d'ouvrir les barrières entre les zones pour un intérêt immédiat, mais le plus important dans le temps est  de préserver l’acquis sanitaire.

N'en fait-on pas trop face à cette maladie ?

J-F. T. Il faut prendre toutes les précautions, d'autant que la maladie évolue très peu. Les moyens n'existent pas pour assurer une couverture vaccinale sur l'ensemble du territoire. 1,2 millions de vaccins ont été distribués. Les vétérinaires en disposent de 900 000 environ au niveau national. Le compte n'y est pas. Si on ne limite pas les mouvements -et les circulations- notamment des zones protégées vers les zones indemnes, comme on n'a pas la capacité à assurer la vaccination, on court  un vrai risque sanitaire. On a intérêt à ne pas changer de stratégie.

Nous plaidons pour que, au niveau européen, les règles soient modifiées. Nous demandons de déclassifier la FCO comme danger sanitaire de catégorie 1 et la considérer comme une maladie d’élevage comme une autre. A chaque éleveur ensuite de considérer le risque chez lui et pour lequel la vaccination est une réponse à la protection du troupeau (comme une vaccination BVD ou Fièvre Q par exemple). Cette nouvelle approche permettrait de libérer les mouvements commerciaux.

Aujourd'hui ce sont les règles plus que la maladie qui rendent la situation difficile en France ! Il faut changer de braquet.

Où en est la Bretagne au regard de cette maladie ?

J-F. T. L'ensemble des zones est contrôlé et en particulier les zones indemnes comme la Bretagne. Pour le moment, tous les résultats sont négatifs et il est important de maintenir cette situation le plus longtemps possible. Le zonage tel qu'il est réalisé permet de maîtriser l'évolution de la maladie.

Le 13 octobre le Ministre de l'agriculture a décidé de fusionner les zones de protection et les zones de surveillance. Que pensez-vous de cette mesure ?

J-F. T. Il y a deux zones, une zone très réglementée et une zone indemne. C'est une bonne décision qui préserve l'approche sanitaire et qui laisse la possibilité de mouvement d'animaux. Cela pourra peut-être ouvrir la porte à des échanges plus raisonnés mais, pour passer en zone indemne, nous voulons des animaux vaccinés.

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