Terra 05 mai 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Celtalliance, vers un lapin "C’est qui le patron" ?

Retrouver de la rémunération est une nécessité pour le groupement de producteurs de lapins Celtalliance. Car la capacité de production s’étiole et le retour du virus VHD menace. Viande aux qualités nutritionnelles reconnues, le lapin aurait tout à gagner d’une démarche de type "C’est qui le patron ?! ".

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Les administrateurs du groupement, Jean-Paul Gombaud, Françoise Charles, Alain Guillotel et Eric Guillermic, animateur.
Les administrateurs du groupement, Jean-Paul Gombaud, Françoise Charles, Alain Guillotel et Eric Guillermic, animateur. - © Terra

Nous, producteurs, nous sommes en danger et la filière avec !". Alain Guillotel, président de Celtalliance producteurs cunicoles, l’a rappelé, mercredi 26 avril dernier, lors de l’assemblée générale du groupement à Saint Gérand (56).

Rémunération insuffisante

Premier constat, le nombre d’éleveurs est en repli de plus de 10 % en 2016. Conséquence également, "une baisse d’effectif réel de lapins que nous mesurons cette année", reprendra Pierre-Arnaud Wacquez lors de l’analyse de résultats techniques plutôt stables. Le Morbihan concentre près de la moitié des 45 élevages bretons qui totalisent près de 240 000 places d’engraissement et 630 cages-mères en moyenne par élevage, des chiffres qui illustrent "un niveau de spécialisation élevé", a rappelé Eric Guillermic, animateur du groupement. Plus de 1,8 million de lapins ont été commercialisés l’an passé, 92 % sous signe de qualité, en repli de 13 %. Avec l’arrêt des ventes de peaux à la Chine et sans complément de rémunération, le prix de base n’a cessé de diminuer, passant de 1,823 euro en 2014 à 1,656 en 2016 (1,71 par Celtalliance). "Manquent 20 centimes d’euros à la production ou 50 centimes à l’étal, à condition que les intermédiaires ne margent pas. C’est vital pour la pérennité de nos activités", insiste Alain Guillotel.

Biosécurité et attentes sociétales

Au contexte économique tendu s’ajoute un contexte sanitaire "extrêmement compliqué". Le nouveau variant du virus hémorragique VHD a fait sa réapparition, touchant le quart des élevages français. Pour y faire face, la caisse de solidarité de Celtalliance a été activée pour "une aide partielle à la vaccination", rempart efficace connu en primo-vaccination précoce, soulignera Ghislaine Eddaraï, vétérinaire, encourageant "un travail au quotidien en élevage et entre les élevages". "La VHD nous amène à améliorer la biosécurité. Cela se traduira par l’amélioration de la santé de nos lapins et la démédication". Cet enjeu majeur se traduit déjà par "27 % de démédication entre 2010 et 2015 et 13 % en 2016", salue Pierre-Arnaud Wacquez, responsable lapin chez Sanders. Améliorant la biosécurité, "on améliore aussi la visitabilité de nos élevages", encourage Alain Guillotel, fixant ainsi les deux priorités majeures pour 2017. En ligne de mire, les attentes sociétales, "dont le bien être animal, une attente forte, nous aimons nos animaux et devons le dire". Face aux évolutions, notamment en pondeuses, "il faudra s’adapter et imaginer un nouvel habitat du lapin". Communiquer aussi. "Tout ceci n’aura de sens que si les éleveurs retrouvent de la rémunération", pour Alain Guillotel. Un lapin "C’est qui le patron" pourrait bien les y aider.

 

 

"Organiser le marketing relationnel"

"C’est le consommateur qui est important, ceux qui ne le comprennent pas vont mourir" cadre d’emblée Olivier Mevel, maître de conférence à l’Université Bretagne-Loire, consultant en stratégie des filières alimentaires. En s’inspirant de l’étude menée pour le compte de la région Pays de la Loire, il est intervenu sur le thème "comment capter de la valeur ajoutée pour les éleveurs de la filière cunicole ?". Aliment "plaisir, sain et local", "il vous faut travailler pour faire émerger un mode de segmentation du lapin qui fasse sens pour le consommateur et le distributeur". "Vous avez de l’or blanc, c’est une question d’accès au marché en GMS. Vous devez laisser à penser que le circuit-court est venu jusqu’au consommateur en hypermarché comme l’ont fait, en lait, les éleveurs de "C’est qui le patron ?!". La proximité n’est pas géographique mais relationnelle. Il faut organiser ce marketing relationnel. Le capital confiance est à vous, reste à structurer votre démarche, vous avez le crédit éleveur, l’origine, la qualité, prouvez le respect du bien-être".

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