Terra 26 juin 2015 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Cogedis met le "made in France" à l'honneur

Le "made in France" peut-il retrouver des couleurs ? C'est en tout cas la conviction des dirigeants du cabinet d'expertise comptable Cogédis, qui avait fait de ce thème le sujet de la table ronde de leur assemblée générale, le 4 juin dernier à Pacé.

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Emmanuel Dubreuil. © terra Bénédicte Jezequel. © terra Philippe Charlotin. © terra Pierre Rouault, président de Cogedis. © terra Rémy Bonnet. © terra

À la tribune, ils sont quatre. Quatre chefs d'entreprises du grand Ouest qui ont su s'imposer à l'international, sur des marchés aussi divers que des produits en bois composite pour des terrasses, du matériel hi-fi haut de gamme, du lait ou du vin. Audace, inventivité et innovation constituent le socle commun de leur réussite. Béatrice Jezequel, co-fondatrice de Silvadec à Arzal a fait de son entreprise un des leaders européens de produits en bois composite pour les terrasses, claustra ou bords de piscines. Elle exporte 30 % de sa production... jusqu'au Japon. "Pour nous, le fabriquer en Bretagne est un atout sur la région, mais c'est beaucoup plus modéré sur le reste de la France. En revanche, le made in France est un atout pour l'export", témoigne la cofondatrice de l'entreprise, qui met en avant sa culture de l'international, comme son associé, et leur volonté de participer à de nombreux salons. Sans oublier, ce qui peut paraître une évidence, mais que tous les chefs d'entreprises ont rappelé, à savoir l'importance de parler plusieurs langues. Emmanuel Dubrueil, lui, a créé Atoll Electronique avec son frère. Cette société basée dans la Manche ne compte que 12 salariés, mais a mis en place des solutions techniques pour fabriquer du matériel hi-fi haut de gamme à des prix attractifs. Résultat ? Ils vendent sur quasiment tous les continents. "La notion de réseau est primordiale, plus le marché est petit, plus le réseau est important", souligne ainsi Emmanuel Dubreuil, pour qui les conditions de la réussite tiennent en deux points : "exceller dans la qualité et répondre aux normes". Un exemple, en France, on fonctionne avec du 230 Volt alors que c'est du 100 Volt au Japon, d'où de nécessaires adapatations. Autre différence relevée par l'entrepreneur, mais plus culturelle cette fois-ci, "au Japon les gens estiment qu'on doit répondre à un mail dans les cinq minutes"... C'est peut être un détail, mais il peut coûter cher...

Rémi Bonnet, lui, est viticulteur en Loire-Atlantique. Il commercialise 30 % de sa production à l'export. "Dans le vin, à l'étranger on bénéficie de l'image des grands vins de Bordeaux et de Bourgogne", explique ce viticulteur. Et d'ajouter : "Par contre il faut vraiment tendre vers l'excellence car les clients ont eu une grande attente et pendant longtemps on cherchait à exporter des vins qui n'avaient pas le niveau de qualité exigé. Aujourd'hui, nos clients étrangers contrôlent tout. Par exemple, ils sont très critiques sur les vendanges avec des machines". Enfin, Philippe Charlotin est éleveur laitier dans le Morbihan, et administrateur de la coopérative Sodiaal. Il est venu présenter le partenariat signé avec le groupe chinois Synutra, qui conduit à la construction d'une usine à Carhaix. "En 2008, lors de la crise du lait, le made in France n'a pas pesé très lourd dans la balance et le distributeur français n'est pas très patriote, contrairement en Allemagne où ce n'est pas facile de trouver des produits français en hard discount", a d'abord regretté Philippe Charlotin. Avant de rappeler que le projet Synutra, avec 160 millions d'euros, est un des plus gros projets indutriels en Bretagne.

Cogedis en bref

Cogedis conseille aujourd'hui plus de 17 000 entreprises sur quatre marchés : l'agriculture, les PME agricoles, les professionnels et les PME.

En 2014, le chiffre d'affaires s'élève à 60 millions d'euros (+9 %) et le groupe compte 800 salariés.

Né dans l'ouest, Cogedis étend son territoire vers l'est du pays, le plus souvent via des opérations de croissance externe. Dans cet esprit de croissance contrôlée, Cogedis vient de reprendre trois nouveaux cabinets dans la région parisienne. Ce qui porte à neuf le nombre d'agences en Ile-de-France.

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