Terra 02 juillet 2014 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Compétitivité et structuration des filières : deux enjeux pour la production en Bretagne

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Les présidents des chambres d'agriculture de Bretagne ont présenté la nouvelle édition de l'ABC de l'agriculture et de l'agroalimentaire en Bretagne.
Les présidents des chambres d'agriculture de Bretagne ont présenté la nouvelle édition de l'ABC de l'agriculture et de l'agroalimentaire en Bretagne. - © Terra

"L'enjeu central, c'est l'amélioration de la compétitivité de toutes nos filières, de la production agricole à la transformation et à la commercialisation de nos produits". Pour le président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne, Jacques Jaouen, si le contexte fait apparaître des disparités selon les filières, "au global la situation n'est pas bonne et exige une structuration pour faire face à un marché de plus en plus mondialisé". Sur la production laitière, Marcel Denieul, président de la chambre d'agriculture d'Ille-et-vilaine souligne "des raisons d'être optimistes, avec des marchés en développement, surtout à l'international". Dans ce contexte, la Bretagne a des atouts à faire valoir notamment en termes de qualité sanitaire et de traçabilité. "Mais attention, on peut avoir un marché porteur mais des producteurs avec de faibles revenus", ajoute Marcel Denieul. Des interrogations traversent également la filière, avec la fin des quotas". Si les investissements annoncés par les laiteries ces derniers mois sont perçus de façon positive, la question du financement de l’agrandissement des troupeaux demeure chez les producteurs. La  gestion du travail supplémentaire et de la place de plus en plus importante du salariat vont conduire vers d'autres modes de production, qu'il faut mettre en place.

 

Une pénurie de gros bovins

En viande bovine, "nous avons connu l'an dernier des prix que je ne pensais pas connaître un jour",  a déclaré Olivier Allain, président de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor. Si la pénurie de gros bovins entraîne une augmentation des cours, la production bretonne a reculé de 10% en 2013. Depuis 2008, on constate une baisse du cheptel allaitant, un phénomène qui s'amplifie avec l'annonce de la fin des quotas et moins de vaches de réformes. "Si la décision de maintenir la prime vache allaitante nous rassure, la question d'accord de partenariats transatlantiques nous rendrait incapable de rivaliser", a ajouté Olivier Allain.

En 2013, la production porcine a soufflé le chaud et le froid. "L'évolution du cadre réglementaire, notamment sur les ZES est positif et le marché donne des signes favorables pour l'avenir", a témoigné André Sergent, président de la chambre d'agriculture du Finistère. "En revanche la régression de la production constatée depuis deux ans va se poursuivre si les projets de modernisation n'aboutissent pas", prévient encore André Sergent qui estime qu'il y a "un manque de coopérations entre les structures privées et quand on n'est pas organisé, ce sont les producteurs qui trinquent". La fermeture du marché russe a aussi de lourdes conséquences. Et avec un prix de l'aliment supérieur de 3,6 % à celui de 2012, le prix du porc ne couvre plus le coût de production.

En légumes industries, si la concurrence est très forte, après plusieurs années de baisse, la surface qui leur est consacrée en Bretagne se stabilise. Les bons rendements de 2013 associés à des prix en hausse ont donné une bonne campagne. En légumes frais, la campagne 2013 aura été à deux vitesses : assez bonne en chou-fleur, moyenne pour les artichauts et très décevante en tomates.

Enfin, le président de la chambre d'agriculture de Bretagne, Jacques Jaouen a souligné que "si le nombre d'agriculteurs diminue, la Bretagne, avec 500 projets par an, reste la deuxième région en nombre d'installations aidées". Tout ne va pas donc pas mal et après une année 2013 marquée par des plans sociaux d'envergure, les investissements dans la recherche et l'innovation réalisés dans certains domaines d'activités laissent entrevoir des perspectives plus réjouissantes.

INFO

Retrouvez l'ABC de l'agriculture et de l'agroalimentaire dans le Terra du 20 juin.

La filière avicole ébranlée

C'est sans doute la filière qui connaît les plus grandes difficultés en 2013. "Avec la fin des restitutions et la dévaluation du Real qui a permis d'attaquer le marché breton, nous avons demandé des aides compensatoires tant que le marché n'est pas rééquilibré", a précisé Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture du Morbihan. Le tremblement de terre amorcé avec Doux a encore des répliques dans la filière, à l'image de Tilly Sabco, dont l'avenir se joue ces jours ci. Sur le poulet standard, "nous avons une vraie réflexion à mener avec les élus et les cantines municipales sur la rédaction des appels d'offres. Si l'entrée ne se fait que sur le prix, on ne passe pas. Il faut qu'on arrive à faire figurer d'autres critères", a conclu Laurent Kerlir.

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