Terra 18 juin 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Concilier agriculture et apiculture

Des gestes simples permettent de limiter l'impact de l'agriculture sur l'apiculture. Mais encore faut-il les connaître... Pour progresser dans des pratiques plus respectueuses, le groupe TCS a organisé une réunion d'information, le 12 juin dernier. Et invité les apiculteurs à participer à ses travaux.

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Rémi Padé, animateur apiculture au GIE élevages Bretagne
Rémi Padé, animateur apiculture au GIE élevages Bretagne - © Chantal Pape

"En 2010, la France comptait plus d'un million de ruches et produisait 18 000 tonnes de miel", indique Rémi Padé, animateur apiculture au GIE élevages Bretagne. Une production en chute libre puisque, 4 ans plus tard, elle plafonne à 10 000 t.

 

Une agriculture dépendante de la pollinisation

 

La consommation elle, se situe toujours à 40 000 t, la production nationale au début des années 90, ce qui a incité le gouvernement à lancer un plan de développement durable de l'apiculture. Un plan qui intéresse aussi l'agriculture car un tiers de la production alimentaire mondiale et 84% des espèces cultivées en Europe dépendent des pollinisateurs, dont font partie les abeilles. "Et plus il y a de pollinisation et plus les fruits sont beaux et le rendement élevé", rappelle Rémi Padé, en citant deux études, sur les fraises, "qui augmentent leur nombre d'akènes", et le colza, "avec un rendement supérieur de 5 à 10% s'il y a une ruche à proximité".

 

L'abeille sensible aux polluants

 

Si l'abeille doit faire face à de nombreuses pathologies, varroa, loques, nosémoses, viroses..., elle est aussi très sensible aux contaminations par les polluants, qu'elle va ingérer, inhaler ou toucher en prélevant pollen ou nectar ou en s'abreuvant. Selon leur nature, ces polluants entraîneront un dysfonctionnement de la colonie, un affaiblissement des individus, une mortalité importante... "Pour préserver les abeilles, il faut donc ne traiter que si nécessaire, indique Rémi Padé. Traiter le soir, une fois les abeilles de retour à la ruche. Eviter les mélanges, à l'effet mal connu. Et utiliser des buses à réduction de dérive". "Avertissez aussi les propriétaires de ruches, rajoute Denis Jaffré, apiculteur à Locmélar. Ils iront fermer les trappes".

 

Favoriser les réservoirs à biodiversité

 

L'idéal, pour les abeilles, est bien évidemment le désherbage mécanique. "Il est également important de favoriser les haies, les talus et la végétation spontanée autour des parcelles : ce sont des réservoirs à biodiversité", insiste Rémi Padé.

L'hiver est une période critique pour les abeilles, puisqu'elles enregistrent un taux de perte de ruches supérieur à 25%, quand ce chiffre n'était que de 3 à 5% il n'y a pas si longtemps. "Il faut leur permettre de constituer des réserves, en implantant des couverts végétaux mellifères et nectarifères". Avec pour condition de semer suffisamment tôt pour que les plantes aient le temps de fleurir et que la température soit suffisante pour que les abeilles continuent à butiner. Quelques volontaires du groupe TCS vont se lancer dans des essais dès cet été. Affaire à suivre...

 

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