Terra 25 juillet 2012 à 14h39 | Par Hélène Bonneau

Coralis en quête de solutions

Une discussion tendue s'est déroulée vendredi dernier entre le conseil d'administration et les producteurs de lait Coralis. La rencontre organisée conjointement par la FDSEA et les JA a permis à chacun d'exprimer ses inquiétudes et ses attentes suite au décrochage du prix du lait.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Joseph Gauthier, président du conseil d'administration, a fait face au flot de questions des adhérents de Coralis.
Joseph Gauthier, président du conseil d'administration, a fait face au flot de questions des adhérents de Coralis. - © terra

"Voir un prix du lait à 280€/1000 litres - sans compter les 10 € décidés en début d'année pour financer les investissements de la laiterie - sur nos fiches de paie, cela ne peut pas être durable", avance un producteur. "Pour certains, jeunes agriculteurs notamment, c'est un tiers des revenus qui s'envole", explique un autre éleveur.
Tous réclament des réponses à Joseph Gauthier, président du conseil d'administration : "combien de temps cela va-t-il encore durer ?". Et de répondre, gêné : "je ne pendrai pas d'engagement. Je me suis déjà avancé en vous donnant des prix que je n'ai pas pu tenir en janvier dernier. Nous aviserons au mois le mois". Une annonce qui ne satisfait pas les producteurs. "Nous avons besoin de lisibilité sur nos exploitations".
La grande majorité des quelque 100 producteurs présents lors de la rencontre estime que le conseil d'administration a commis des erreurs stratégiques quant à la valorisation du lait et à la gestion des surplus. Une analyse partagée, en partie, par Marcel Denieul, vice-président de la FDSEA 35 : "c'est une anomalie majeure de ne pas valoriser ses produits en beurre-poudre au prix qui apparaît comme minimum. Vendre son lait concentré en spot à 214/216 euros la tonne, c'est un problème grave".

Des solutions qui se font attendre

 

L'annonce de Joseph Gauthier de pertes financières importantes sur le lait concentré et le manque de valorisation du lait de consommation vendu aux GMS (peu valorisé par la laiterie) effrayent les éleveurs. Malgré tout, le conseil d'administration tente de trouver de nouvelles solutions. Ainsi, il espère une hausse du prix auprès des GMS. "Celle-ci nous donnerait un souffle d'air, mais la partie n'est pas gagnée. Les autres laiteries devront être solidaires pour favoriser le passage de la hausse, en ne cassant pas le marché avec des prix bas", confie le président. Et de signaler : "nous ne pouvons pas continuer à brader notre lait".
L'autre solution de Coralis reste la tour de séchage pour la fabrication de la poudre de lait destinée principalement à l'export. Depuis plus de 18 mois, le projet stagne, faute de financement. Un organisme bancaire n'a toujours pas donné son accord. La raison principale : un manque de certitude autour des marchés. Une dissonance qui bloque la procédure tout entière.
Ainsi, les éleveurs s'interrogent sur la viabilité du projet. "Nous commercialisons des produits industriels sans valorisation forte. Si nous voulons continuer, il faut se mettre à taille industrielle", considère l'un d'eux. Une remarque qui pose la question du partenariat : "faut-il s'allier rapidement avec d'autres groupes, faut-il financer la tour de séchage avec d'autres transformateurs…?" Ces questions sont aujourd'hui posées par les producteurs. Une chose est sûre confie l'un d'eux : "si le prix du lait descend, comme on l'entend, dans les mois à venir, nous ne pourrons supporter une baisse supplémentaire de 40 €. Des décisions doivent se prendre. Vite".
Hélène Bonneau

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

51 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui