Terra 19 janvier 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Crise : la FDSEA repart en action

Crise : la FDSEA repart en action. Réunis en section porcine la semaine dernière, la FDSEA 22 annonce une mobilisation d'envergure toutes productions confondues demain mercredi. "La base doit faire pression sur l'Etat et la filière".

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Carole Joliff, présidente de la section porcine FDSEA et Guy Corbel, vice-président.
Carole Joliff, présidente de la section porcine FDSEA et Guy Corbel, vice-président. - © terra

"Il est grand temps que la base reprenne la main et tape sur la table à tous les niveaux. La commercialisation des porcs ne s'arrête pas au bout du quai", lancait Guy Corbel, vice-président de la section porcine de la FDSEA, mardi 12 janvier à Plérin. La création d'un mouvement d'éleveurs de porcs du côté de Loudéac - avec des revendications quasi identiques - est considérée par le syndicat comme une initiative qui peut tirer la production porcine vers le haut en faisant pression sur l'Etat et l'organisation des filières, compte tenu de la situation de détresse."Nous ne voulons pas nous diviser", confirme Didier Lucas, président de la FDSEA, "il faut redémarrer les actions cette année et pousser au maximum".


Des solutions ou une sortie digne
En cette fin d'année 2015 et début 2016, les chiffres sont alarmants. "Nous sommes à 1 à 2 dépôts de bilan par semaine depuis décembre", décrit Carole Joliff, présidente de la section porcine. "Au Crédit agricole, 15 % des éleveurs sont dans une situation très compliquée", rapporte-t-elle. Les adhérents réunis ont décortiqué, analysé la situation, discuté des solutions. Face au désastre économique annoncé, le syndicat veut des réponses rapidement du gouvernement et du conseil régional, notamment sur les distorsions de concurrence et l'étiquetage de l'origine. Une action d'envergure est annoncée mercredi 20 janvier sur la RN12 à Yffiniac - associant toutes les productions - dans le but de faire venir le premier ministre pour la seconde fois dans le département."Si le gouvernement ne nous apporte pas de réponses, alors il doit nous le dire et donner alors les moyens d'accompagner dignement les éleveurs vers la sortie", annonce Carole Joliff.


Travailler collectivement
Si la première cible est l'Etat ; la seconde est l'organisation de la filière. Comment amener la valeur ajoutée dans les élevages "techniquement performants", mais des élevages vieillissants faute de moyens. "Que fait-on depuis 15 ans ?! Nous n'avons pas su valoriser la viande porc", s'insurge Didier Lucas. Et d'ajouter : "L'étiquetage ne peut à lui seul protéger le marché français : il faut un cahier des charges spécifiques à la France comme les allemands. Pour cela, il faut simplifier les cahiers des charges entre les groupements de producteurs". Simplication des cahiers des charges, mutualisation entre un prix export et un prix marché intérieur, fonds avec la grande distribution, marque, innovation marketing... bien des solutions sont listées pour redonner de la valeur au produit porc. "C'est le rôle du collectif d'y réfléchir. Reste qu'avec les responsables économiques, il y a une fin de non recevoir", déplore Guy Corbel. La filière porcine est entrée en état d'urgence, les éleveurs n'ont plus les moyens d'attendre. Reste la mobilisation de la base... qui peut peut-être déplacer des montagnes.

Création d’une "Zone Agricole en Danger"

Pour interpeller l’Etat et la distribution sur la gravité de la situation des filières de l’élevage, la FDSEA et les JA des Côtes d’Armor lancent une action syndicale "toutes productions", mercredi 20 janvier, à partir de 14h.La RN12, bloquée dans les 2 sens à hauteur de Saint Brieuc, sera le lieu symbolique de la création d’une "Zone Agricole en Danger". La FDSEA et les JA des Côtes d’Armor demandent la venue du Premier Ministre sur place et exigent, compte tenu de l’urgence, des résultats immédiats pour :

- le versement à tous de 100% des aides PAC 2015

- le lancement de la réorganisation de la filière porc, et l’engagement de tous les opérateurs

- l’engagement des distributeurs et des industriels pour que les négociations commerciales en cours se fassent dans le respect du travail des agriculteurs, toutes productions confondues (respect d’un prix équitable au producteur, de la qualité "origine France", de la transparence sur la répartition des marges tout au long des filières).

"Sans réponses, le blocage pourrait durer plusieurs jours", annonce le syndicat.

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