Terra 03 octobre 2014 à 08h00 | Par Jean Dubé

"De Bruxelles, les messages que vous portez ne sont pas audibles !"

Le constat dressé par Yves Madre est sévère mais il a le mérite de la clarté : les idées défendues par la profession agricole bretonne ont souvent du mal à trouver un écho auprès des institutions européennes.

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Rencontre à bâtons rompus entre les Jeunes agriculteurs d'Ille et Vilaine et le conseiller de Dacian Ciolos.
Rencontre à bâtons rompus entre les Jeunes agriculteurs d'Ille et Vilaine et le conseiller de Dacian Ciolos. - © Terra

Yves Madre a profité de sa venue à Rennes le 22 septembre * pour une rencontre informelle avec quelques Jeunes agriculteurs du département. L'occasion pour ce conseiller de l'actuel commissaire européen à l'agriculture d'une discussion à bâtons rompus sur la PAC et l'actualité des filières, avec en toile de fond un conseil : s'organiser collectivement pour faire entendre sa voix.

Pour illustrer son propos, Yves Madre utilise une image : "c'est comme une péniche sur une rivière, si vous allez moins vite que le courant, c'est impossible de naviguer. Par contre, en allant plus vite que le courant, c'est beaucoup plus facile de maîtriser la direction !" Les discussions sur l'élaboration de la nouvelle PAC, la loi d'avenir... A tous les échelons territoriaux, des débats ont lieu sur les orientations à donner à l'agriculture. Ce sont autant de fenêtres pour la profession pour faire entendre ses messages. Pourtant, force est de constater que, dans ces débats, l'agriculture est bien souvent dans une position de justification de ses pratiques. Pour Yves Madre, c'est cette posture qu'il faut combattre : "il faut être proactif pour ne pas subir. Si vous voulez renverser la vapeur et reprendre la main, il faut anticiper. C'est le moment de faire des propositions et de les mettre sur la table. Quand la spirale vertueuse se met en marche, il est essentiel de communiquer".

En se projetant un peu plus loin dans le temps, il est déjà essentiel de réfléchir à ce que pourrait être la politique agricole commune, à l'horizon 2020. Pour le conseiller du

commissaire européen, si les 30 % d'aides dites de verdissement sont "sécurisées", les aides aux revenus ne semblent pas aussi figées :"à un moment, il faudra recaler les objectifs. Il faut donc mener un travail pour légitimer ces aides car si elles sont indispensables, il faudra expliquer pourquoi elles le sont".

Comment gérer les mauvais jours ?
Yves Madre en est convaincu, la place qu'occupera la filière agricole et agroalimentaire bretonne dans l'échiquier européen demain dépendra de la réponse qu'elle donnera face aux difficultés actuelles. "Il y a un vrai problème d'investissement dans pratiquement toutes les filières", estime Yves Madre. Interrogé sur l'exemple des inves- tissements réalisés ces derniers mois par l'industrie laitière dans le grand Ouest, le conseiller estime que "oui, il faut aller sur ces marchés, mais la question c'est de savoir comment gérer les mauvais jours. Là, il faut que toute la filière soit capable de freiner ou d'accé- lérer au même moment". Les pre- mières orientations données par la nouvelle Commission européenne, "faire de la croissance" devraient encore donner des opportunités pour orienter les grands choix stratégiques agricoles de demain.

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