Terra 28 mai 2015 à 16h00 | Par H. Bonneau

[VIDEO] De la luzerne pour l'engraissement

La station expérimentale de Mauron (56) a ouvert ses portes aux visiteurs. L'objectif : présenter ses recherches autour des légumineuses pour aider les agriculteurs à assurer l'autonomie protéique dans leur exploitation.

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"D'après nos études, notamment sur le jeune bovin (JB), il est parfaitement possible de remplacer tout -ou partie- du soja dans la ration animale par de la luzerne et du trèfle violet", explique Daniel Le Pichon, responsable de la station expérimentale de Mauron. Une découverte exposée aux quelque 500 visiteurs à travers huits ateliers lors de la porte ouverte. L'achat de tourteau de soja notamment, pour faciliter l'engraissement du JB, est une dépense conséquente pour l'éleveur. Les recherches de la station ont conduit a diminuer ce coût en valorisant la culture des légumineuse. "Nous avons calculé une augmentation de 10 à 13 % sur le revenu global, tout frais de consommation et de travail déduits", argumente le responsable. Et de préciser : "l'amélioration de la marge brute en régime blé-soja est de 30 %".

Des pratiques culturales rigoureuses
"Par rapport au maïs, la culture de luzerne ou de trèfle violet est plus aléatoire. Nous ne maitrisons pas encore tout", rapelle Jacques Beurel, producteur de lait en visite. Une difficulté qu'admet Daniel Le Pichon en expliquant que "ces résultats économiques prometteurs sont effectifs à condition que la récolte soit qualitative et quantative". Ainsi, en circulant parmi les ateliers, des astuces concernant l'implantation de la luzerne, l'incidence de la fauche précoce ou la valeur azotée sont distillées. "Cette année, à Mauron, la première récolte a eu lieu en mars et la qualité était excellente. Il ne faut pas avoir peur de couper assez tôt, dès les premiers bourgeonnements. Les feuilles regorgent de qualité nutritive, couper trop
tard c'est prendre le risque qu'elles séchent, tombent et ne pas pouvoir les ramasser". A titre d'exemple, les ingénieurs de la station avaient conservé de la luzerne à différents stades afin d'exposer les différents stades de séchage à plat. Pour aller au bout de la démarche, la station expérimentale a fait examiner par l'abattoir les carcasses de JB ayant suivi ce régime alimentaire. "Il ne sert à rien de faire des économies en production s'il n'y a pas de marché", affirme le responsable. Les carcasses ont toutes été acceptées sur tous les critères : couleur
des viandes et du gras, qualités gustatives et nutritives (lipides, acides gras...).

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