Terra 11 février 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

Débordé ? Embauchez via la Cuma !

Depuis quelques années déjà, les Cuma peuvent mettre leurs salariés à disposition de leurs adhérents pour une partie de leurs heures. Une pratique encore peu répandue, ce qui a poussé la FDCuma 29 à en faire le thème de son AG, le 5 février dernier.

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De gauche à droite : Pierrick Léopold, éleveur à Plouzané (29), Dominique Moy et Alexandre Le Houérou, respectivement président et salarié de la Cuma de Plessala (22).
De gauche à droite : Pierrick Léopold, éleveur à Plouzané (29), Dominique Moy et Alexandre Le Houérou, respectivement président et salarié de la Cuma de Plessala (22). - © Terra

Les exploitations s'agrandissent et il faut toujours produire plus. Mais comment parvenir à tout faire, tout en gardant un peu de temps pour soi, pour sa famille ou ses engagements ? "La Cuma peut aussi être la solution, avance Alain Laurec, le directeur de la FDCuma 29. Depuis 2006, elle est reconnue groupement d'employeur. Et, dans ce cadre, ses salariés peuvent consacrer jusqu'à 49 % de leur temps de travail à ses adhérents ou à une autre Cuma".

Une solution souple, qui ne requiert aucune modification de statut. "L'adhérent est bénéficiaire du crédit d'impôt s'il part en congés. Et est responsable des conditions de travail du salarié : son exploitation doit être aux normes, son Duer à jour. Mais c'est la Cuma qui reste l'employeur, avec mise à disposition du salarié".

Entre trois adhérents
La Cuma de Plessala (22), 30 ans et 25 adhérents, a franchi le pas de l'embauche d'un salarié en 2014. "Les structures grossissent, la Cuma avait plus de matériel et plus d'entretien à faire. Et il devenait compliqué de trouver des saisonniers", explique Dominique Moy, son président. Mais un rapide calcul révèle que la Cuma ne pourra proposer que 800 heures de travail par an. "Trois des adhérents se sont alors engagés à employer le salarié le reste du temps".

Mais trouver la perle rare, capable de conduire les engins, d'en assurer la maintenance et de travailler en élevage, n'a rien d'évident. "On a embauché Alexandre", se félicite Dominique Moy. Après avoir démarré un BEP élevage, il bifurque vers un BEP agro-équipement et enchaîne sur une formation de mécanicien, toutes compétences qui lui servent aujourd'hui. "Je fais de tout. Et je n'ai pas de préférence". Et pas de place pour la routine ! "Le matin, je peux travailler en élevage et être à l'ensilage l'après-midi si le temps est de la partie". Car la Cuma reste toujours prioritaire, une contrainte à laquelle se plient volontiers les adhérents. "Pendant ses congés, aussi, on se débrouille autrement".

Un salarié indispensable
Installé seul après tiers à Plouzané sur une exploitation laitière de 45 ha, Pierrick Léopold fait lui aussi appel régulièrement au salarié de la Cuma. "Mardi dernier, il m'a aidé à parer les vaches. En saison, il fait la traite le soir, ce qui me permet de rester aux champs". À Plessala comme à Plouzané, le salarié de la Cuma a su se rendre indispensable. Et avec une conjoncture meilleure, Dominique Moy et Pierrick Léopold n'hésiteraient pas longtemps, l'un à embaucher un deuxième salarié pour la Cuma, l'autre à lui faire appel plus souvent. "Les aides à l'embauche existent, rappelle Alain Laurec. Pour les CDI comme pour les CDD, elles peuvent atteindre 500 €/trimestre, sous conditions".

Chantal Pape

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