Terra 28 avril 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Des porcs sur paille gérés par trieur, le résultat d'un travail de réflexion

L'engraissement sur paille à la SCEA de la Touche à Bréhand fait appel à un trieur qui assure la gestion des grands lots de porcs et permet de vendre les animaux sans contrainte de tri. Zoom sur un système qui fait ses preuves.

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Les trois associés Marcel Le Moine, sa femme Yolande et Jean-François Marquer.
Les trois associés Marcel Le Moine, sa femme Yolande et Jean-François Marquer. - © terra

A Bréhand, Marcel et Yolande Le Moine et leur associé Jean-François Marquer gèrent un atelier naisseur-engraisseur de 270 truies avec un engraissement conséquent réalisé sur paille de 1300 places sur 2200 au total. L'engraissement sur paille est couplé à un système de pesée et de tri que les éleveurs ont cherché à parfaire, multipliant les améliorations et les astuces avec leur groupement Triskalia et l'entreprise Emeraude élevage. Un second atelier, spécialisé en poulettes démarrées destinées à la vente sur les marchés s'étend sur plus de 3000 m².
De la paille mais à grande échelle
En 2007-2008, l'achat d'un site de 1500 m² permet de repenser l'engraissement de l'ensemble des porcs car seuls 40 % des porcs produits sont engraissés sur l'élevage. Le nombre d'unités d'azote dépassant le plafond autorisé, les éleveurs préfèrent à la construction d'une station de traitement, la paille et l'export de fumier. "Nous étions intéressés par la paille à condition de réaliser ce projet à grande échelle. Je ne voulais pas 25-30 cochons par case, avec tout ce que cela comporte : ouvrir les barrières, mettre la paille, trier les porcs...", explique Marcel Le Moine. Les associés enchaînent les visites chez des éleveurs qui ont adopté le système de porcs élevés en grand lot avec un trieur.

Dans une salle, 330 porcs engraissés sur paille.
Dans une salle, 330 porcs engraissés sur paille. - © terra

Un système pensé et perfectionné par les éleveurs
A leur tour, les éleveurs se lancent dans la rénovation du bâtiment lequel comporte 4 salles d'engraissement de 330 places sur paille, équipée chacune d'un trieur de marque Acemo, qui sépare automatiquement les porcs engraissés prêts à partir à l'abattoir.
Le principe est simple : les porcs doivent passer sur une bascule pour s'alimenter. Quand le porc est dans la gamme de poids souhaité, il est alors isolé du reste du troupeau au niveau de l'une des deux cases où il s'alimente, par lot de 30 animaux maximum.
C'est avec une attention toute particulière que les associés ont réfléchi à la mise en place du trieur. Il faut dire qu' "il y a peu d'installations de ce type à fonctionner, surtout avec un système sur paille et en soupe", note Marcel Le Moine.
Depuis la mise en route il y a deux ans, les éleveurs n'ont cessé de perfectionner leur système : voici (ci-dessous) les moyens mis en oeuvre pour un bon fonctionnement.


L'ouverture d'un des deux portillons habitue les porcs à se familiariser avec le trieur.
L'ouverture d'un des deux portillons habitue les porcs à se familiariser avec le trieur. - © terra

Une adaptation progressive des animaux

Les porcs ont un programme d'alimentation de 6 repas par 24 h. L'éleveur, étape par étape, habitue les porcs à circuler à travers la bascule avant de rejoindre l'une ou l'autre des deux auges. "La première semaine, je laisse les cochons entrer par les deux portillons situés de chaque côté de la bascule. Après 15 jours-3 semaines, les porcs s'habituent au passage sur la bascule. 3 à 4 % y sont récalcitrants ", note cependant l'éleveur.
Au moment du tri, l'éleveur programme un poids vif minimum, avec un maximum de 30 animaux par lot regroupés autour de l'auge. "Il faut 4 à 5 heures pour trier 30 animaux sur deux repas", détaille Marcel Le Moine. Les cochons sont ensuite rassemblés en lot de 10 par case dans l'attente d'être embarqués. "Ici, regrette-t-il, nous ne pouvons pas valoriser nos animaux en label rouge car nous sommes au-dessus de 50 porcs par case. Il faudrait que cela évolue !".

L'éleveur porte une attention particulière à tout ce qui pourrait bloquer la pesée.
L'éleveur porte une attention particulière à tout ce qui pourrait bloquer la pesée. - © terra

Le point critique  : la bascule
Selon l'éleveur, le point critique porte sur la bascule/trieur : si un caillou ou une accumulation de paille bloque la pesée, c'est tout l'intérêt du système qui est remis en cause.
Avec des choix bien à eux, les éleveurs ont opté pour une partie sur caillebotis qui accueille la bascule-trieur et les deux aires d'alimentation. Sous la bascule, les éleveurs ont ouvert un espace pour permettre aux encombrants de tomber dans la fosse. L'éleveur porte une attention particulière à tout ce qui pourrait bloquer la pesée. Avec une tige en métal, il dégage si nécessaire la partie en question.

Paillage  : le cochon mis à contribution
Au départ, le paillage des 4 salles (330 m² chacune) était une corvée. "Disperser la paille une fois par semaine partout dans la salle d'engraissement n'était plus possible". Quoi faire ? Les éleveurs qui ne souhaitent pas investir dans une pailleuse, trop coûteuse, dispersent donc une quinzaine de bottes de paille avant l'entrée des porcs. Une partie seulement des ficelles sont coupées au départ, puis 15 jours à 3 semaines après. Un mois après, une douzaine de bottes sont de nouveau apportées avec la fourche du "valet de ferme", un petit engin très maniable. Entre temps, ce sont les cochons qui s'appliquent à disséminer la paille dans la salle. Un vrai terrain de jeu. Les besoins en paille sont de 50 à 70 kg par porc selon la saison. Dans une année, trois bandes se succèdent par salle. Le fumier est vidé à la fin de chaque bande.

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