Terra 06 avril 2017 à 08h00 | Par Jean Dubé

Des viandes de nulle part à #OrigineConnue

Les jeunes agriculteurs étaient samedi dans des grandes surfaces des départements bretons pour lancer une nouvelle campagne intitulée #OrigineConnue. David Louzaouen pilote cette action et nous a livré quelques éléments de lecture.

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David Louzaouen, administrateur des Jeunes agriculteurs de Bretagne
David Louzaouen, administrateur des Jeunes agriculteurs de Bretagne - © Terra

Les JA étaient en action samedi sur le slogan #OrigineConnue. Expliquez-nous cette action.

David Louzaouen. Les JA ont tout d’abord lancé l’action "Viande et Lait de Nulle Part" qui vise à montrer les défauts d'information sur l'origine des produits et donc mettre en avant les produits dont l'origine est connue. Depuis plusieurs mois avec les FDSEA nous travaillons sur le "Manger français". L’objectif est cette fois d'augmenter la part de produits français (pas étrangers) dans la consommation des ménages notamment dans la restauration hors domicile (RHD). Ces deux types d'actions sont complémentaires. Car pour augmenter la part de produits français dans la RHD, il faut pouvoir savoir d'où viennent les produits.

Le changement important intervenu est que l’on va maintenant pouvoir s’appuyer sur les services de l’administration. En effet, depuis le 1er avril un décret est entré en vigueur. Les transformateurs doivent désormais afficher l’origine des ingrédients entrant dans des produits transformés, à partir de 8 % dans les produits à base de viande et 50 % pour les produits laitiers.

Ce décret sur l'étiquetage des produits transformés a-t-il déjà changé quelque chose ?

D.L. En termes d’étiquetage, les marques de distributeurs (MDD) sont plutôt correctes, mais il reste un gros effort à faire sur les grandes marques nationales qui ne jouent pas le jeu. Ces dernières cherchent à s’approvisionner à l’étranger pour des coûts matière les plus bas possibles, au détriment des agriculteurs et de l’agriculture française. Je tiens à préciser que les Jeunes agriculteurs ne sont pas contre les origines étrangères. Nous exportons et nous en sommes plutôt fiers. Mais le consommateur doit avoir le choix dans l’origine.

Est-ce suffisant ?

D.L. Ce décret représente un pas important. Il était très frustrant de voir que l’on était capable de tracer le produit de la naissance, l’abattage, jusqu’à l’industrie. Mais au-delà tout ce travail était effacé. C’était grave aussi par rapport à la protection du consommateur. C’est donc une avancée importante. Nous allons donner un coup de main aux services de l’administration, en leur donnant les éléments de nos contrôles, mais nous allons aussi faire de la pédagogie.

Sur un plan régional pour allons réaliser des portes ouvertes vers des professionnels de la restauration. Nous avons invité des directeurs d’écoles, d’hôtels, de cantines scolaires ou municipales sur des exploitations agricoles, en petit comité pour leur expliquer ce que nous produisons et comment. Cette mobilisation va continuer au fil des semaines. Ce sera une phase d’observation qui permettra de vérifier que les choses évoluent dans le bon sens. L’ambition finale est bien sûr que tout le monde s’en sorte, que cet affichage de l’origine et la traçabilité tire tout le monde vers le haut.

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