Terra 25 juin 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Deux poids deux mesures ?

C'est le constat que font les agriculteurs finistériens après qu'un des leurs ait été sanctionné pour avoir légèrement débordé de son champ lors d'un traitement herbicide. Pendant ce temps, communes et collectivités traitent à tout va le long des caniveaux ou des routes.

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En centre-ville, les abords des plates-bandes et des monuments sont traités, même à proximité des caniveaux. © terra Lors du traitement au glyphosate des couverts végétaux avant semis direct de maïs, le pulvérisateur a très légèrement débordé du champ. © terra

Si l'histoire s'est passée il y a quelques semaines déjà, la colère n'est toujours pas retombée sur le bassin versant de l'Horn ! "Mi-mars, pour détruire des repousses d'avoine diploïde avant d'implanter le maïs, j'ai traité ma parcelle au glyphosate", raconte cet agriculteur, qui pratique le semis sans labour depuis des années. Quelques jours plus tard, un gendarme qui passe par là le sanctionne car, par endroits, le pulvérisateur a légèrement débordé du champ et, sur l'accotement, quelques brins d'herbe ont souffert. Convoqué en gendarmerie en fin de semaine, quelle n'est pas sa surprise d'être traité comme un délinquant, ou presque, avec prise d'empreintes, photos sous toutes les coutures... Et le procès-verbal est transmis au procureur. "Une procédure normale", lui rappelle-t-on à de nombreuses reprises, lui qui s'attendait à un simple rappel à la loi. Mais l'affaire ne s'arrête toujours pas et, quelques jours plus tard, le voilà convoqué, cette fois par le délégué du procureur, pour s'entendre signifier une amende de 300 €.

"Il y a là deux poids deux mesures, constatent les agriculteurs du syndicat local FDSEA, qui se sont retrouvés devant la gendarmerie puis ont rencontré le sous-préfet pour soutenir l'un des leurs. Tolérance zéro pour les agriculteurs, qui sont surveillés de près. Et, pendant de temps, les communes peuvent faire ce qu'elles veulent". Et de sortir quelques photos de fontaines ou de calvaires aux abords totalement dépourvus d'herbe... mais à proximité immédiate d'un caniveau !

Sur ce bassin versant, les agriculteurs sont déjà soumis à de fortes contraintes environnementales. Et cette tracasserie supplémentaire leur apparaît comme la goutte d'eau qui va faire déborder le vase. "80 % des agriculteurs se sont engagés volontairement dans le programme. Mais il n'en faudrait pas beaucoup pour les persuader de faire marcher arrière".

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