Terra 02 octobre 2014 à 08h00 | Par Jean Dubé

Écotaxe : pour un report... définitif

L'écotaxe n'est pas morte... elle bouge encore ! Depuis l'annonce de son retrait, puis sa modification, en passant par la décision de report, puis l'annonce d'une nouvelle formule, le gouvernement vient de décider cette fois de reporter l'application de la nouvelle formule de l'écotaxe au printemps 2015 ! Il n'en fallait pas plus pour pousser, mardi, le collectif des acteurs économiques bretons à mener une action à la préfecture de Région pour demander une fois de plus le retrait pur et simple du projet.

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Lors de la manifestation organisée par le le collectif des acteurs économiques bretons, environ cent cinquante personnes étaient présentes devant la préfecture de Rennes.
Lors de la manifestation organisée par le le collectif des acteurs économiques bretons, environ cent cinquante personnes étaient présentes devant la préfecture de Rennes. - © Terra

Désormais appelée "péage de transit poids lourds", la dernière version en date de l'écotaxe transport a pris effet "à blanc" cette semaine.

Néanmoins, les entrepreneurs bretons n'en veulent pas et ils l'ont fait savoir mardi. Lors de cette manifestation, ils voulaient montrer que leur détermination et leur mobilisation pour obtenir le retrait définitif de cette énième version ne faiblissait pas.



Une complexité sans nom

La nouvelle version de l'écotaxe porte maintenant sur 4 300 km de voies routières. En Bretagne subsistent par exemple l'A84, le périphérique rennais, et la 4 voies Rennes la Gravelle. Mais pour autant, pratiquement tous les transports qu'ils passent ou non par une route écotaxée, seront taxés. Pour Thierry Coué, le président de la FRSEA, le surcoût pour le client final sera de l'ordre de 2,5%. La taxe sur les routes écotaxées pourrait faire augmenter les tarifs de l'ordre de 12 à 13%.

La version actuelle qui devait être testée à blanc comprenait une grille de tarification sous forme d'un tableau à 400 entrées en abscisses et autant en ordonnées, pour environ 83 000 zones tarifaires distinctes... "un Summum de complexité pour un rendement très faible !", selon Joël Chéritel, président du Medef Bretagne. Mais pour l'ensemble des acteurs économiques bretons, l'application de cette écotaxe, qu'elle soit de l'ancienne ou de la nouvelle version, est l'antithèse du discours sur la baisse des charges des entreprises, la simplification administrative, et la sauvegarde de l'emploi. C'est pourquoi, la délégation reçue en préfecture a porté une lettre demandant à Manuel Valls une décision politique forte : le report définitif de la taxe.



Et le grand gagnant est... Ecomouv !

À raison de 220 M€ par an, la facture d'Ecomouv sera salée. Le contrat qui lie l'État à cette société à capitaux italiens s'étalera sur une période totale de 11 années soit 2,4 milliards d'euros environ. Alors que le prélèvement de l'écotaxe devrait rapporter à l'État 600 M€ chaque année, le rendement effectif ne sera que d'un peu plus de 58 % sauf si l'on revenait très vite à la version initiale de la taxe sur tout le territoire... une crainte qu'exprimaient très clairement les responsables du collectif mardi !


 

Joël Cheritel, au centre, chef de file du collectif des acteurs économiques bretons contre l'écotaxe, accompagné à sa droite de Thierry Coué, président de la FRSEA.
Joël Cheritel, au centre, chef de file du collectif des acteurs économiques bretons contre l'écotaxe, accompagné à sa droite de Thierry Coué, président de la FRSEA. - © Terra

"L'impôt le plus mal conçu de la 5e République"

En organisant cette manifestation, Joël Cheritel, président du Medef-Bretagne et chef de file du collectif des acteurs économiques bretons contre l'écotaxe, voulait "montrer que le col- lectif restait mobilisé et déterminé, sans affecter l'économie qui est déjà bien assez en difficulté". Avant de remettre au préfet une lettre destinée au Premier ministre, il s'est adressé aux transporteurs et aux membres du collectif présents devant la préfecture de Rennes.

Joël Cheritel a insisté sur la complexité de la situation. Selon lui, "un master spécifique permettant de comprendre l'écotaxe ainsi que de l'expliquer aux personnes concernées devrait être mis en place". Suite aux sept reports de mise en œuvre de cet "impôt le plus mal conçu de la cinquième République", le chef de file du collectif a demandé aux transporteurs français de boycotter la marche à blanc de cette taxe.Pour le président du Medef, il est "complètement illogique, dans le contexte économique actuel, d'accepter de faire peser sur les agriculteurs, les pêcheurs, le secteur de l'agroalimentaire, la métallurgie, etc., une taxe qui ne rapporte que 58 % de ce qu'elle coûte à l'État". Cette idée sera ré-exprimée haut et fort lors d'"une présentation objective de l'écotaxe" proposée par le collectif des acteurs économiques bretons à l'occasion d'une manifestation qui aura lieu à Paris,fin octobre 2014.

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