Terra 30 avril 2015 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Éleveur de brebis, un métier qui a de l'avenir et des ressources

Elle est loin l'image du berger, bâton à la main au milieu de ses moutons. Eleveur de brebis aujourd'hui, c'est une toute autre réalité. Modernité et production de qualité en font une filière qui recrute. Une filière qui attire des jeunes, avec des outils à transmettre, économiquement rentables. Exemple avec Thomas Courcier qui vient de reprendre une exploitation à Québriac, après un contrat de parrainage.

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Actuellement, 250 nouveaux éleveurs s'installent par an alors qu'il y a plus de 1 000 opportunités annuelles de s'installer. © Terra Raymond Le Prizé  a cédé son exploitation  à Thomas Courcier  dans le cadre d'un contrat de parrainage. © Terra

Un contrat de parrainage, c'est un peu comme un passage de témoin entre le cédant et le jeune qui s'installe. Entre Raymond Le Prizé et Thomas Courcier, cette transition aura duré 8 mois, avant que Thomas ne prenne définitivement la place de Raymond. Fils de producteur de moutons, Thomas est originaire du Pertre (35). Après un BTS en apprentissage en élevage ovin, il enchaîne avec un certificat de spécialisation d'un an en Aveyron, avant de travailler pendant six mois à la ferme expérimentale d'Agro Paris Tech. Soucieux de revenir en Bretagne, Thomas prend ensuite un poste de technicien chez Oviouest pendant deux ans. "C'était très intéressant car cela m'a permis de connaître l'amont et l'aval mais aussi de rencontrer énormément de monde", témoigne Thomas. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire du groupement qu'il fera la rencontre de Raymond. Songeant depuis quelques années à transmettre son outil de production, ce dernier avait  pris contact avec l'Adasea dès 2011, avant de s'inscrire au répertoire départ installation et de suivre la formation "Demain, je transmets"

 

Accepter de se mettre en retrait

Le parrainage a permis d'affiner le projet de Thomas, et pendant ce temps la, Raymond a préparé son départ, réglant notamment la question de l'habitation. "Mais attention !, préviens Raymond Le Prizé, il faut que le cédant soit bien préparé et accepte de se mettre en retrait pour que le jeune puisse faire évoluer l'exploitation". En effet ce n'est pas toujours facile de voir sons système de production évoluer... surtout quand on est encore le patron sur sa ferme... A commencer par le choix de la race. Ainsi à Québriac, il n'y a aujourd'hui plus de Rouge de l'Ouest, race avec laquelle Raymond Le Prizé avait débuté mais qui a été remplacée par de la Romane.  Autre gros changement mis en place par Thomas : l'agnelage. Quand Raymond faisait 50 à 60 agnelages tous les deux mois et demi, Thomas, lui a opté pour deux périodes d'agnelage en janvier et en août, soit deux fois 300 mises bas. Il espère aussi faire passer le cheptel de 400 à 500 brebis et veut développer la vente d'agnelles de reproduction. L'assolement a aussi évolué avec la mise en place cette année d'un hectare de betterave à pâturer et les bâtiments ont été réorganisés.

Dans une dizaine d'années, 58 % des éleveurs de brebis partiront à la retraite. Ils réalisent 43% de la production française d'agneau. Le renouvellement des générations est donc un sujet prioritaire pour la filière car actuellement 250 nouveaux éleveurs s'installent par an, alors qu'il y a plus de 1 000 opportunités annuelles de s'installer. Par ailleurs, sur 10 agneaux consommés en France, seuls 4 sont produits sur le territoire national. Il est donc possible de gagner des parts de marché dans une conjoncture de prix favorables et sécurisés. D'autant plus qu'il existe plus de 40 signes officiels de qualité dans cette production.

 

 

Thomas Vivien, producteur d'ovin viande, JA 35

Cette année la session ovine se tenait à La Cassourgue (48), avec trois tables rondes et trois visites sur deux jours pour définir les orientations annuelles de notre production. Malgré des différences extrêmes entre les exploitations et leurs systèmes, les lignes ont été faciles à adopter. Le climat de prix actuel est favorable à la filière mais un manque de communication sur les coûts de production en France et la qualité de nos produits ne permet pas une bonne justification auprès des consommateurs, de la différence de compétitivité par rapport à nos concurrents (Nouvelle-Zélande, Irlande). Le succès en demi-teinte du programme "Reconquête Ovine", qui a laissé place au nouveau "Inn ovin", fait redescendre le pouvoir de décision et d’action en région pour, on l’espère, un impact plus retentissant pour notre production qui manque cruellement d’exploitants et de matière à commercialiser. Le débat le plus houleux fut celui du dossier "prédateurs" qui sur le fond ne crée pas de polémique sur l’objectif mais sur les manières de l’atteindre. Les perspectives "Loup" ne sont pas réjouissantes pour notre région : "le loup y est attendu dans moins de 10 ans", la solidarité nationale est donc de mise.

La décentralisation du pouvoir de décision du programme "Reconquête ovine" nous amène, en région, à travailler sur les différentes méthodes pour promouvoir notre métier et ses différents acteurs. Notre secteur n’étant pas très peuplé en ovins (lait et viande), la Bretagne est associée à la Normandie, la Vendée, les Pays de la Loire et la région Centre.

 

Le congrès FNO 2016 à Saint Malo

Courant 2014, le département de l'Ille-et-Vilaine a été retenu pour accueillir les 20, 21 et 22 avril 2016 le congrès national de la Fédération Nationale Ovine. Plus de 250 délégués de la France entière participeront à cet événement qui pour la première fois se déroulera dans le département, à Saint-Malo. Avec près de 300 exploitations ovines et 45 000 brebis primées, la Bretagne en général et l'Ille-et-Vilaine en particulier, sont aussi une terre de production ovine. Des visites seront organisées dans des exploitations et des entreprises, à la fois en Ille-et-Vilaine, dans le Morbihan et les Côtes d'Armor. Des tables rondes et des balades touristiques compléteront le programme. La FDSEA 35 portera l'animation et un appui technique à ce congrès. "La production ovine fait partie de l'élevage et c'était donc tout naturel d'apporter notre soutien à cet événement", a commenté Loïc Guines, le président de la FDSEA35.

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