Terra 09 juin 2017 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

En Normandes, Michel Priour cultive "le revenu au naturel"

L'association Normande 35 a profité de son assemblée générale le 30 mai dernier et des Rencontres d'éleveurs organisées par l'organisme de sélection pour proposer deux visites à ses adhérents. Focus sur l'exploitation de Michel Priour, installé en agriculture biologique à Cesson Sévigné sur une exploitation tout herbe.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les adhérents de Normande 35 ont profité de l'opération Itinéraire Bis, organisée par l'organisme de sélection Normande pour participer à des visites d'exploitations.
Les adhérents de Normande 35 ont profité de l'opération Itinéraire Bis, organisée par l'organisme de sélection Normande pour participer à des visites d'exploitations. - © Terra

Sur 55 hectares, Michel Priour élève 45 Normandes en bio. Son système repose sur le pâturage tournant : il est économe en intrants et performant économiquement. C'est en 1996 que Michel Priour s'installe sur la ferme familiale, qui compte à l'époque 26 ha. En 2002, l'exploitation passe à 45 ha, dont 26 accessibles pour une production de 240 000 l. En 2006, le tracé définitif de la LGV qui passe au milieu de son exploitation, chamboule le système pâturant. Michel Priour lutte pour conserver son accessibilité, en combinant aménagement foncier, échanges parcellaires et achat de terres. "Pour les systèmes herbagers pâturants comme le mien, maintenir l'accessibilité est essentiel", confirme l'éleveur. Au final il conservera et même augmentera son accessibilité, avec aujourd'hui une surface de 55 ha, dont 35 ha accessibles. Ces derniers étant divisés en trente paddocks d'environ un hectare chacun. Entre temps, il lance la conversion en bio à partir de 2008 et embauche un salarié à mi-temps.

Pour sa gestion de l'herbe en pâturage tournant, Michel Priour avoue accorder beaucoup d'importance à l'observation visuelle : "Tous les lundis, je fais un tour dans les prairies pour me rendre compte de la pousse", témoigne l'agriculteur. Les vaches restent trois jours au maximum par paddock. Produisant 220 000 à 230 000 l/an, l’agriculteur accepte une baisse de production quand le coût des fourrages augmente. La moyenne est de 13 l/VL en hiver, alors qu’elle monte à 18-19 l au printemps. L'année dernière, 53 % de la matière sèche ingérée par les vaches sur une année provenait du pâturage. Les bonnes années, cela peut monter jusqu'à 70 %. Pour l'implantation des prairies, Michel Priour privilégie le semis de printemps. Et l'éleveur de préciser : "Je ne retourne jamais mes prairies. Elles peuvent durer dix ans, vingt ans ou plus... Pour une nouvelle parcelle je fais une céréale pendant un an et ensuite je passe en prairie".

Coût alimentaire faible (32 euros les 1 000 l), et faible niveau des charges de manière générale permettent à l'éleveur d'obtenir une performance économique exceptionnelle et sa conduite de système lui donne aussi satisfaction dans l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle, avec 25 jours de vacances par an, 12 week-ends de libres par an et un dimanche soir sur deux.

Roger Brault, président de Normande 35.
Roger Brault, président de Normande 35. - © Terra

Il a dit : Roger Brault, président de Normande 35

Cette journée nous permet de réfléchir à la diminution de nos coûts de production par la culture d'herbe productive permettant des résultats économiques au-dessus de la moyenne. Il ne suffit pas d'être en race Normande pour avoir de la rentabilité. L'amplitude des résultats économiques de nos exploitations est impressionnante. Pour 400 000 l, la marge brute peut varier de 20 à 25 000 euros. Avec un prix du lait aussi faible, la différence se fait sur le coût alimentaire et bien-sûr sur les charges de structure.

10 kg de matière sèche d'herbe pâturée et ensilée reviennent au même prix qu'un seul kilo de soja, d'où l'intérêt de monter des systèmes herbe très performants dans la durée, la qualité et l'abondance.

 

L'exploitation en chiffres


55 ha de SAU avec 52,5 ha d'herbe, dont 3 ha de zone humide en bail environnemental, 2,5 ha de mélange céréalier

45 vaches Normandes

5 350 kg de lait par vache

157 kg vifs de viande produite par vache et par an (340 kg de caracasse en moyenne pour les réformes)

Chiffre d'affaires : 3 520 € par vache / +138 €/1 000 l par rapport au prix de base, soit 475 € / 236 € en moyenne par veau démarré

Efficacité économique du système : 53 % d'EBE / produit (hors main d'œuvre et charges sociales)

Autonomie : 94 % du lait produit grâce aux ressources de l'exploitation

Revenu : 5,7 Smic disponible, soit 6 495 € / Revenu disponible par vache : 1 790 euros, équivalent à 27 jours de travail salarié par vache

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui