Terra 26 février 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

Envie de passer au lait bio ? Venez vous informer !

Les 3 et 16 mars prochains, les chambres d'agriculture de Bretagne organisent deux demi-journées techniques sur la conversion d'un atelier lait à la production biologique, à Trévarez (29) et à Monfort-sur-Meu (35).

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De gauche à droite : Isabelle Pailler, conseiller lait à la chambre d'agriculture du Finistère, Jean-Hervé Caugant, vice-président, et Pascal Le Coeur, responsable de la station de Trévarez.
De gauche à droite : Isabelle Pailler, conseiller lait à la chambre d'agriculture du Finistère, Jean-Hervé Caugant, vice-président, et Pascal Le Coeur, responsable de la station de Trévarez. - © Terra

"Aujourd'hui, le lait conventionnel est payé 300 € les 1 000 litres, le bio 420 à 450 €", détaille Isabelle Pailler, conseiller lait spécialisée en bio à la chambre d'agriculture du Finistère. Et c'est sans doute cette différence qui explique les nombreux coups de fil qu'elle reçoit tous les jours de la part de producteurs à la recherche d'une solution pour passer la crise. "Une différence qui n'a pas toujours existé, insiste Jean-Hervé Caugant, vice-président de la chambre d'agriculture et producteur de lait à Dinéault, passé à la bio il y a 18 ans. En bio, le prix se tient depuis une dizaine d'années. Et, en 2014, la différence n'était que d'une trentaine d'euros aux 1 000 litres".

De nombreux producteurs tentés

Mais, en cette période de crise, certains éleveurs ont vite fait le calcul. Et c'est pour répondre à leurs interrogations que les chambres d'agriculture de Bretagne ont décidé d'organiser deux demi-journées techniques sur la conversion des élevages laitiers à la bio, en se basant sur le vécu de la ferme de Trévarez. "Ici, nous voulons répondre à l'ensemble des problématiques des éleveurs laitiers bretons, explique Pascal Le Cœur, le responsable de la station expérimentale. Ce qui nous a conduit à diviser le troupeau en trois lots d'une soixantaine de vaches, l'un plutôt intensif, l'autre plus pâturant et le troisième en bio". Une conversion qui a commencé début 2013 pour les terres et fin 2014 pour les animaux, avec la construction d'un nouveau bâtiment à Guernevez et l'expérimentation d'un robot de traite mobile, pour valoriser par le pâturage un lot de parcelles distant de 4,5 km. "Et les livraisons de lait bio ont commencé le 6 mai 2015".

Deux années difficiles

Si le prix du lait bio semble attrayant, les producteurs ne doivent pas oublier que les contraintes sont nombreuses. "C'est la dernière marche la plus dure à franchir, répond toujours Isabelle Pailler aux éleveurs qui estiment "être presque bio". Et passer à la bio modifie profondément les équilibres de l'exploitation".

Ainsi, si la production laitière a tendance à baisser, les cultures de vente disparaissent bien souvent au profit des surfaces fourragères. "Car en bio, les achats à l'extérieur coûtent trop cher", pointe Jean-Hervé Caugant, qui fait état d'un soja bio à 900 voire 1 000 €/t. Et les deux années de conversion sont compliquées à gérer d'un point de vue financier. "Le cahier des charges est déjà celui de la bio, pas le prix de vente du lait même si, pour le moment, la plupart des laiteries accordent un complément de prix de 30 €".

Le passage à la bio ne peut donc s'envisager que si la situation financière de l'exploitation est saine. "Et il ne faut pas minimiser l'aspect psychologique". Car finis les antibiotiques, anti-inflammatoires ou autres anti-dicots... "En bio, il n'est pas possible de répondre à un problème par un remède chimique. Il faut donc tout faire pour ne pas rencontrer le problème". D'où l'importance des groupes, qui vont permettre d'échanger sur les pratiques des uns et des autres. "Mais il reste de la place ! La consommation se développe. Et, pour le moment, la France produit un peu plus de 500 millions de litres de lait bio, pour une production totale de 23 millions de litres".

En pratique

Les rendez-vous techniques "Choisir la production laitière biologique, réussir la conversion" auront lieu :

- le jeudi 3 mars, à partir de 13h30, à la station expérimentale de Trévarez, à Saint-Goazec (29), sur le site bio de Guernevez,

- le mercredi 16 mars, à partir de 14h, à l'hôtel Monfort communauté, à Monfort sur Meu (35).

À partir de l'expérience de la conversion d'une partie de la ferme de Trévarez à la bio, 4 ateliers seront proposés :

- évolution du système de production et parcours de conversion,

- impacts agronomiques,

- conséquences sur la conduite d'élevage,

- conditions d'un nouvel équilibre technique et économique.


CONTACT: Plus d'infos auprès de Claudie Jeffroy,
au 02 98 52 48 08 ou de Marie-Paule Tandé,
au 02 23 48 27 10 ou sur le site
www.chambre-agriculture-bretagne.fr.

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