Terra 13 avril 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Even garde le cap

Même si l'année a été chahutée, la coopérative laitière Even garde le cap et poursuit sur ses fondamentaux : innover, investir et s'internationaliser. Le point avec ses dirigeants, alors que les réunions de secteur des producteurs viennent tout juste de s'achever.

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De gauche à droite : Christian Couilleau, directeur général d'Even, et Guy Le Bars, président.
De gauche à droite : Christian Couilleau, directeur général d'Even, et Guy Le Bars, président. - © Terra

L'année 2016 a été chahutée", reconnaît Guy Le Bars, le président d'Even. Et le prix moyen du lait payé producteur en est le reflet, à 288 €/1 000 l. "C'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'accompagner nos adhérents par une mesure exceptionnelle, en leur versant un retour de résultat de 19 €/1 000 l". Un niveau encore jamais atteint, "la moitié du résultat de la coopérative". En parallèle, Even a décidé de renforcer le dispositif d'accompagnement des jeunes, en forfaitisant l'aide à l'installation, 13 500 €, comprenant un suivi technico-économique les 5 premières années.

6 000 salariés

2016 aura aussi été l'année où Even a franchi le cap des 6 000 salariés. "Certes par croissance externe, indique Christian Couilleau, en évoquant le rachat de trois sociétés au sein du pôle distribution. Mais aussi, et surtout, par croissance organique ! Ces six dernières années, nous avons créé en moyenne 100 emplois par an, ce qui est exceptionnel dans l'agro-alimentaire breton. Et représente une belle PME".

Even innove

Mais le directeur général le reconnaît volontiers, "l'année a été rude, ce fut un combat de tous les jours". Pour autant, pas question de "revoir la stratégie en fonction des intempéries" : Even garde le cap et continue sur ses fondamentaux, au premier rang desquels figure l'innovation. "Even Agri s'appuie sur les drones pour ses recommandations agronomiques, détaille Christian Couilleau à titre d'exemple. Aujourd'hui pour la fertilisation, demain pour les phytos". Et Paysan breton, qui vient d'intégrer le top 30 des marques les plus achetées en France, poursuit son développement avec le beurre à la pointe de sel ou le fromage fouetté Madame Loïk, en progression de 24 % dans un marché à + 5 %. "Nous allons en lancer un au bleu. Et celui aux trois poivres marche très bien". L'idée ? "Rajeunir et féminiser la marque Paysan breton. Et faire quitter au fromage sa place de fin de repas pour le servir à l'apéro, en consommation d'impulsion".

Even investit

Si la tour de séchage de Créhen (22) devrait entrer en production d'ici l'automne, Laïta va aussi y construire un nouveau laboratoire, pour passer de 900 à 2000 analyses/jour. La rénovation des beurreries de Landerneau (29) et Ancenis (44) va mobiliser 24 millions d'euros sur quatre ans, "afin de segmenter plus encore contenu et contenant". Et à Ploudaniel, 22 millions d'euros seront consacrés sur deux ans à la segmentation de la production d'emmental.

Even s'internationalise

"Nous ouvrons un bureau par an en Asie", indique Christian Couilleau. Après Shanghaï, Hô Chi Minh Ville, au Vietnam, et Bangkok, en Thaïlande, serviront à l'exportation d'ingrédients secs. Et la Nouvelle Calédonie servira de base pour l'ensemble de la zone Pacifique pour les produits de grande consommation, avant de viser l'Afrique à l'horizon 2020. "Il faut d'abord mieux connaître ces pays et leurs attentes". Et l'obtention, en octobre 2016, d'un agrément pour exporter des laits infantiles liquides en Chine est porteuse d'espoir. "Au niveau mondial, nous sommes la dixième entreprise à l'avoir obtenue".

Un nouveau DG pour Laïta

Directeur général de Laïta depuis sa création, en 2009, Christian Couilleau a décidé de se consacrer exclusivement à la direction du groupe Even. Et c'est Christian Griner, jusque-là directeur adjoint de Laïta, qui lui a succédé à la tête de Laïta.

Et 2017 ?

"Même s'ils ne représentent que 8 jours de production", les stocks de poudre de lait constitués par l'Union européenne, et qu'elle peine à remettre sur le marché, pèsent sur les prix. Et 2017, à 300 €/1 000 l, s'annonce à peine meilleure que 2016. "Largement insuffisant", reconnaît Guy Le Bars qui voudrait "reconnecter" le marché laitier français à celui de nos voisins. "A la hausse comme à la baisse, nous sommes toujours décalés ce qui, à certains moments, ne nous donne pas accès à certaines opportunités".

Even en quelques chiffres

- 1 400 adhérents et 800 points de collecte,

- 528 000 l de lait/exploitation,

- 6 020 salariés,

- dont la moitié au sein du pôle Even distribution,

- un chiffre d'affaires stable, à 2,1 milliards d'euros.

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