Terra 19 juin 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Even paré à affronter la volatilité du marché laitier

Un marché laitier très volatil a incité Even à investir en parallèle dans une activité plus stable. Une stratégie qui s'avère payante : en ces temps de crise, l'entreprise continue à se développer et à embaucher.

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De gauche à droite : Guy Le Bars, président d'Even, et Christian Couilleau, directeur général.
De gauche à droite : Guy Le Bars, président d'Even, et Christian Couilleau, directeur général. - © TERRA

"Pour la première fois, le chiffre d'affaires du groupe a franchi la barre des 2 milliards d'euros". En ces temps chahutés pour l'agro-alimentaire, Guy Le Bars, le président d'Even, ne cache pas sa satisfaction. "Et, aux 100 emplois créés en 2012, nous en avons rajouté 80 en 2013 pour arriver à 5 320 salariés", rajoute Christian Couilleau, le directeur général. Un autre motif de satisfaction pour l'entreprise aux valeurs coopératives chevillées au corps. "Even est une entreprise citoyenne".

Un retour de 9 €/1 000 l

Revenu à ses fondamentaux après la cession de Le Clézio et TDI, spécialisées dans l'abattage et la découpe de dindes, le groupe Even est désormais en ordre de marche pour affronter des marchés sans cesse plus mondialisés. "Nous voulions ne plus avoir qu'un seul métier exposé à une forte volatilité", précise Christian Couilleau. C'est le cas du lait, qui a connu un début d'année 2013 difficile. "Les producteurs ont dû faire face à une augmentation de leurs coûts de production, rappelle Guy Le Bars. Et nous avons eu des difficultés à passer des hausses auprès de la grande distribution".

Les prix se sont ensuite redressés et ont poursuivi sur la même tendance début 2014. "On devrait finir l'année civile à 20 ou 25 € de plus aux 1 000 l que l'an passé", prédit le président d'Even. En attendant, la coopérative s'apprête à verser l'équivalent de 8,6 €/1 000 l à ses producteurs via ristournes, prime traçabilité, rémunération du capital social, remises sur l'agro-fourniture et l'aliment..., pour un total de 3 millions d'euros sur les 17,8 millions d'euros de résultats qu'a enregistrés la coopérative.

La distribution, un salarié sur deux

Pour stabiliser ses résultats et "protéger les adhérents des à-coups laitiers", Even a fait le choix, il y a des années, d'investir dans la distribution auprès des professionnels des métiers de bouche et des particuliers. Une activité qui, au fil du temps, s'est développée au point de représenter, aujourd'hui, près d'un salarié du groupe sur deux. "Nous sommes désormais présents sur la France entière, indique Christian Couilleau. Et toutes nos plates-formes logistiques ont été rénovées". Dernière acquisition en date, Superhalles, une entreprise rennaise d'une cinquantaine de salariés, spécialisée dans l'offre de viande sur mesure pour les restaurants, vient de rejoindre le groupe en novembre dernier.

L'amont, troisième pilier du groupe, regroupe des activités d'agro-fourniture, nutrition animale et génétique porcine, avec Topigs France. "Topigs international et le scandinave Norsvin viennent de fusionner. Et l'entreprise devient l'un des leaders mondiaux".

L'export, en forte progression

Si les activités amont et distribution d'Even reste cantonnées à la Bretagne et à la France, le pôle lait et sa filiale Laïta connaissent un bel essor à l'export. "Avant 2006-2007, il y avait trop d'écart de prix, 100 à 150 €/1 000 l, entre marchés français et mondial, et l'export était difficile", rappelle Christian Couilleau. Depuis, l'évolution de la Pac et l'augmentation de la consommation mondiale sont passées par là. "Aujourd'hui, on est à égalité de chances". Et Laïta réalise 20% de ses ventes en Europe et 20% à l'international. "Mais jamais dans une logique low cost, rajoute aussitôt son directeur. Nous allons chercher de la valeur ajoutée".

C'est la raison pour laquelle Laïta va investir 80 millions d'euros à Créhen (22) dans une nouvelle tour de séchage. "En 2017, nous y fabriquerons 30 000 t de poudres infantiles et de poudres de lait, et 7 500 t de lactosérum déminéralisé". Sans oublier le "cracking", la séparation des protéines, pour une optimisation des différentes fractions du lait. "L'Asie a envie de protéines du lait. Mais elle n'a pas de tradition de consommation du lait liquide, comme ici. A nous d'innover". Un nouveau marché pour Laïta qui, avec la fin des quotas, s'attend à voir ses volumes collectés passer de 1,4 à 1,6 milliard de litres de lait.

Even en quelques chiffres

1 400 adhérents,


5 320 salariés, dont 45% Laïta, 47% Even distribution,
4% Even Amont et 3% Even développement,


2,1 milliards d'€ de chiffre d'affaires, dont 58% Laïta, 25% Even distribution,  16% Even amont, 1% Even développement.

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