Terra 22 octobre 2015 à 08h00 | Par Jean Dubé

FCO, un petit tour et puis s'en va ?

La fièvre catarrhale ovine est revenue sur le devant de la scène depuis quelques semaines. Le Sommet de l'élevage lui doit une édition 2015 pratiquement sans animaux. Mais, sauf cet épisode exceptionnel, le développement de la maladie reste assez restreint et assez lent. Pour le moment limitée à la zone allaitante du massif central, la maladie est sous surveillance, mais elle entrave encore dans ces régions les circulations d'animaux alors que les élevages sont au plus bas en terme de stocks fourragers. Pendant ce temps, la Bretagne est sous surveillance étroite.

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A la suite de la réunion du conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale, le 13 octobre, le ministre de l’Agriculture a décidé de fusionner les zones de protection et les zones de surveillance (cf carte au 15/10/15) afin de n’avoir qu’une zone réglementée et d’y permettre ainsi tous les mouvements d’animaux.
A la suite de la réunion du conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale, le 13 octobre, le ministre de l’Agriculture a décidé de fusionner les zones de protection et les zones de surveillance (cf carte au 15/10/15) afin de n’avoir qu’une zone réglementée et d’y permettre ainsi tous les mouvements d’animaux. - © TERRA

Le développement de la FCO en France a connu plusieurs étapes importantes. Faiblement touchée lors de l'été 2006, la France a été confrontée à une épizootie d’une toute autre ampleur en 2007. Plus de 15000 foyers avaient été recensés sur une très large moitié nord du pays. En 2008, la circulation du virus a repris au printemps, causant plus de 27 000 foyers. La circulation a également repris en France en 2008, provoquant près de 5 000 foyers notamment en Bretagne.

Parallèlement aux mesures sanitaires et de préventions mises en place, des campagnes de vaccination obligatoire ont été développées jusqu'à l’automne 2010. 120 millions de doses de vaccins ont été distribuées. La vaccination est devenue facultative et à la charge des éleveurs fin 2010. Le nombre de foyers a été limité à moins d'une centaine en 2009, un seul en 2010, aucun en 2011. Mais, depuis l'été 2015, plusieurs foyers ont de nouveau été détectés. Immédiatement des zones de surveillance et de restriction de circulation des animaux ont été décrétées.

Assouplissement de la réglementation

A la suite de la réunion du conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale, le 13 octobre, le ministre de l’Agriculture a décidé de fusionner les zones de protection et les zones de surveillance (cf carte au 15/10/15) afin de n’avoir qu’une zone réglementée et d’y permettre ainsi tous les mouvements d’animaux. La profession a demandé à ce que les animaux destinés à l’exportation puissent être libérés 10 jours après la seconde injection du vaccin, au lieu de 60 jours prévus par la réglementation européenne. Un accord dans ce sens a été signé avec l’Espagne.

Signature d'un protocole d'accord avec l'Italie

Un protocole d'accord a été signé le 16 octobre entre les services vétérinaires français et italien autorisant la remise en route des exportations de bovins et d'ovins vers l'Italie, en provenance de la zone réglementée française. Les exportations notamment de broutards étaient totalement à l'arrêt. Le protocole autorise les mouvements d'animaux âgés de plus de 90 jours s'ils sont vaccinés et si au moins dix jours se sont écoulés à partir de la seconde injection, et de ceux âgés de moins de 90 jours si leur mère est vaccinée. Les bovins et ovins de moins de 90 jours s'ils proviennent d'une zone reconnue saisonnièrement indemne de FCO et s'ils sont soumis, au moins 14 jours après le commencement de l'inactivité vectorielle, à un test sanguin (PCR) dont le résultat s'avère négatif peuvent aussi être exportés.

Après une période de forte tension, dont l'épicentre a probablement été le Sommet de l'élevage, il semble bien que l'étau se desserre autour de la circulation des animaux. Mais si l'épisode 2015 semble se terminer, l'élevage n'en a probablement pas fini avec ce virus, qui repose à plat les questions de prévention et de statut sanitaire.

La carte d'identité d'un migrant africain

Initialement présente en Afrique, la FCO s’est étendue progressivement vers le Nord, probablement à la faveur du réchauffement climatique et des échanges commerciaux internationaux. Maladie virale, la fièvre catarrhale ovine (FCO) est transmise d'un animal infecté à un autre par piqûre d'un moucheron. Elle touche les moutons, mais peut également affecter les bovins, les chèvres et d'autres ruminants sauvages. La FCO n'affecte pas l'Homme et n'a aucune incidence sur la qualité des denrées. Elle provoque des retards de croissance chez les animaux malades, la mort de certains animaux et des avortements chez les femelles infectées, cette pathologie engendre d'importantes pertes économiques pour les éleveurs. La vaccination est l'outil de prévention le plus efficace, mais il représente également un coût élevé. La maladie est aujourd’hui présente sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

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