Terra 30 août 2012 à 09h39 | Par Audrey Dibet

FRSEA Bretagne - "Les agriculteurs ne doivent plus être la variable d’ajustement"

La FRSEA de Bretagne a fait sa rentrée dans un contexte de flambée des charges extrême. Les contraintes qui pèsent aujourd’hui gravement sur l’élevage font craindre au syndicat une "végétalisation" de la Bretagne.

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Thierry Merret, président de la FDSEA 29, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne, Didier Lucas, des Côtes d’Armor, et René Collin, d’Ille-et-Vilaine, s’expriment sur les principaux dossiers de la rentrée dont la hausse des charges et le "dossier Doux".
Thierry Merret, président de la FDSEA 29, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne, Didier Lucas, des Côtes d’Armor, et René Collin, d’Ille-et-Vilaine, s’expriment sur les principaux dossiers de la rentrée dont la hausse des charges et le "dossier Doux". - © terra

La flambée du prix de l’aliment, en premier lieu, qui semble devenir structurelle, mais aussi celle du gasoil, du fioul, des engrais... ont de quoi inquiéter les responsables professionnels. "Il est urgent de répercuter la hausse des prix des matières premières à la vente. La conséquence sur les trésoreries des exploitations devient insupportable", soulignait Laurent Kerlir, président de la FRSEA, lors d’une conférence de presse mardi dernier. "Les agriculteurs ne doivent pas être la variable d’ajustement de la hausse des prix des céréales", martèle Didier Lucas. Et les responsables professionnels de craindre une "végétalisation" de la région, les agriculteurs délaissant de plus en plus l’élevage au profit des grandes cultures. Si ce phénomène venait à s’accélérer, c’est toute une filière qui serait remise en cause, et derrière, des milliers d’emplois dans l’agriculture et l’agro-alimentaire. L’accord du 3 mai 2011 qui visait à mieux répercuter la volatilité des matières premières dans les filières animales, est en soi insuffisant pour maintenir l’élevage en Bretagne, selon ces responsables qui réclament un soutien rapide à la production. Si le sud de l’Ille-et-Vilaine est le plus concerné pour le moment par la "végétalisation", d’autres exemples sont observés un peu partout dans la région. "Arrivés à une certaine surface, certains agriculteurs arrêtent l’élevage", remarque René Collin. Il s’agirait donc de stopper cette tendance nationale qui commence depuis peu à s’étendre au grand Ouest.

 

Mettre fin aux distorsions de concurrence

La FRSEA s’inquiète aussi de la remise en cause de mesures qui avaient abouti concernant le coût du travail. Ce coût menace selon eux la compétitivité de l’agriculture, d’autant qu’en Bretagne le salariat représente désormais 35 % des emplois à la production. Pour Thierry Merret, "il est important que la TVA emploi soit instaurée", de même que soient allégées les charges pour l’emploi de salariés permanents.
Enfin, à quelques jours de la réforme des ZES et des ZAC, le syndicat est dans l’ensemble satisfait des orientations prises pour permettre aux agriculteurs de continuer à améliorer la qualité de l’eau - la concentration des nitrates dans les eaux superficielles est revenue à celle de 1985 - tout en répondant aux contraintes de la concurrence sur les marchés internationaux. Restent deux points d’achoppement pour la FRSEA qui demande "la possibilité de davantage substituer l’azote minéral par de l’azote organique" et qui redoute "la mise en place de quotas d’azote à l’exploitation".
Des sujets d’actualité qui ne manqueront pas d’alimenter les débats lors de l’assemblée générale du syndicat le 31 août à Rennes.

Audrey Dibet

Doux : "le manque de lisibilité nous rend très inquiets"

"Le manque de lisibilité et de transparence des projets présentés nous rend très inquiets sur le devenir du dossier Doux. Notre première préoccupation est la récupération par près de 300 éleveurs bretons, des 8,3 millions d’euros de créances accumulées", indique Laurent Kerlir, souhaitant par ailleurs que les projets privilégient "un maintien de l’activité sans démantèlement de l’outil pour permettre aux éleveurs touchés de rebondir".

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François Braillon | 02 novembre 2013 à 15:57:29

Monsieur le Président, nous en avons marre de votre comportement et plus globalement de tous ceux, dont vous faites partie, qui ne prennent en compte la solidarité que quand ils en profitent. L'écotaxe est l'un des outils incontournables de l'adaptation de notre société au monde de demain, même s’il peut y avoir polémique sur la façon, dont le gouvernement précédent, en a confié la gestion à une société privée. En faisant partie du groupe de pression qui a fait reculer le gouvernement, sur une décision prise par l'ensemble de la représentation nationale, vous montrez que vous n'avez aucun sens de l'intérêt général. Au plaisir de ne pas vous connaitre François Braillon ancien Maire Paysan retraité ingénieur agronome de Rennes

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