Terra 20 mars 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

GAB :une nouvelle vague de conversions à la bio

Montante en 2015, une nouvelle vague de conversions à la bio est attendue de pied ferme par le groupement des agriculteurs biologiques du Morbihan réuni en assemblée générale, mardi dernier à Locminé. Une agriculture qui s'envisage comme l'une des réponses à la crise actuelle.

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Stéphane Baron, président du GAB 56 et Patrick Guillerme, président de la FRAB
Stéphane Baron, président du GAB 56 et Patrick Guillerme, président de la FRAB - © claire le clève

 

 

Et si les éleveurs du Gab 56 se disent "solidaires des agriculteurs en difficulté", ils en appellent à un "changement profond de système agroalimentaire pour un nouveau projet de société". Avec un écho favorable en matière de consommation : "en agroalimentaire, on est un des seuls secteurs à afficher une progression de 10 % l'an". Alors s'ils estiment que la bio peut être une réponse à la crise, "elle ne peut pas être la seule et nous n'avons pas forcément capacité à la gérer" , pointe Sébastien Baron, président du GAB. "Nous avons une forte demande, parfois par opportunisme comme porte de sortie à la crise mais aussi de la part de gens qui sont déjà dans un système très autonome, herbager et économe en intrants et pour lesquels le passage en bio est une continuité et une solution", resitue-t-il. D'autant plus quand le prix du lait varie de 270 euros des 1000 l en conventionnel à 450 euros pour 1000 L en bio. 15 visites de conversion en 2014, 40 en 2015, "les prises de contact explosent en ce début d'année", relève Sophie Milhem, coordinatrice du GAB 56. "Après celle de 2009, on s'attend à une nouvelle vague de conversions en 2016".

 

La conversion, une période de fragilité

Pour y faire face, en élevage, un deuxième technicien a été recruté par la structure qui compte 9 salariés, car le passage en bio ne s'improvise pas. Et à ceux qui pourraient être tentés de trouver là une solution à leurs problèmes, Patrick Guillerme, président de la FRAB, met en garde : "Il y a une évaluation économique, technique et humaine la plus réaliste possible à faire car certains demandeurs sont vraiment loin. On demande les données économiques de l’exploitation pour voir ce qu'il en est car la période de conversion est une période qui peut fragiliser", temporise l'éleveur laitier de Theix. Même intérêt coté céréales et protéagineux, "nous avons eu 5 conversions en 2016 et déjà 13 visites de programmées", détaille Sophie Milhem. De quoi venir compléter les besoins en élevage. Reste le travail du groupement sur l'alimentation en famille ou dans la restauration collective,"on n'est pas encore à 20 % pourtant, c'est tenable et faisable, l'offre est là, structurée et nous avons les outils de simulation financière pour travailler avec les collectivités", enchaîne Sophie Denis, animatrice.

 

Claire Le Clève

 

En Chiffres

En 10 ans, le Morbihan est passé de 207 fermes en agriculture biologique à 432 en 2014 (460 fin 2015) avec 17 200 ha soit 5 % de la SAU départementale et 6 % de ses exploitations. C'est le 1er département en France en terme de % de surfaces bio.

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