Terra 23 octobre 2014 à 08h00 | Par j.dube

GAD devient Josselin porcs abattage

Josselin ne tremble plus, la reprise de l'abattoir de porcs Gad par Agromousquetaires met un terme aux incertitudes sur l'avenir de l'outil industriel morbihannais...pas à celles de la filière porcine française. Mais elle confirme la pertinence d'un modèle intégré sous contrôle de la grande distribution.

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Lundi, Gad Josselin est devenu Josselin Porcs Abattage (JPA) après que le tribunal de commerce de Rennes ait validé, le 16 octobre, l’offre de reprise par SVA Jean Rozé. Cette reprise, permettra de conserver 530 postes sur les 755 employés actuels. Des offres de reclassement devaient être faites aux salariés non repris, soit dans d'autres outils industriels du cédant Cecab implantés dans le Morbihan ou plus loin, soit chez le repreneur SVA et son actionnaire du groupe Intermarché. Dans le pays de Josselin, on a d'abord le sentiment d'avoir échap- pé au pire. L'offre de SVA acceptée par le tribunal de commerce permet au groupe coopératif Cecab de ne pas reproduire le scénario catastrophe de Lampaul Guimiliau avec l'arrêt d'activité du principal abattoir finistérien de porcs. 800 salariés avaient ainsi perdu leur emploi en 2013, conséquence à l'époque d'une surcapacité d'abattage de porcs dans l'Ouest. C'était sans compter sur l'embargo russe, sanitaire puis politique sur fond de conflit ukrainien, décrété en janvier 2014 qui, en France, a concentré ses effets sur le maillon le plus affaibli de la filière : Gad. La filière porcine toujours dans le rouge L'abattoir de Josselin change donc une nouvelle fois de nom et devient Josselin Porcs Abattage, après sa création en 1980 par la Cecab sous le nom d'Europagro en partena- riat avec plusieurs groupements de producteurs de porcs bretons, après Olympig qui, agrandi, devient même le premier abattoir européen, puis Europig en 2004 jusqu'à Gad, en 2007, toujours en lien avec la Cecab. Si, d'un point de vue social, il faut espérer qu'une part des 220 emplois supprimés sera "amortie" par des reclassements locaux, d'un point de vue de filière et d'organisation de la production, cette affaire Gad/ SVA ne signe cependant pas la fi n des soucis. Les conséquences de l'embargo russe sur le marché européen du porc demeurent, tout comme persiste le problème de la surcapacité d'abattage de la fi lière porcine française, très concentrée dans l'Ouest. Modèle intégré La venue d'un nouveau propriétaire actionnaire à Josselin signe par contre une évolution tangible dans le monde porcin, avec l'émergence d'un acteur engagé de bout en bout de la fi lière, par des élevages ne produisant que pour lui, pour des animaux abattus et transformés dans ses propres outils industriels et pour des viandes commercialisées dans ses propres points de vente. L'acquisition du site de Josselin par Intermarché (lire encadré) confirme son engagement dans une stratégie qu'il déploie depuis quarante ans et qui, désormais, ne semble plus poser problème. Ce qui n'a pas toujours été le cas, ses premières acquisitions de bateaux de pêche ont longtemps fait polémique dans les ports et les criées, jusqu'à ce que les crises de commercialisation des années 90 éteignent les polémiques. En porcs, le fait est désormais établi que Agromousquetaires, le nouveau nom donné aux activités amont du groupe Intermarché, fait bel et bien partie du paysage agroalimentaire français

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