Terra 11 mars 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Ils ciblent les facteurs de réussite

Quels sont les besoins en matière de recherche appliquée ? C'est de travailler sur les facteurs de réussite d'une installation ou d'un développement en lait, a répondu la commission lait-viande qui, tous les ans, remet ses réflexions sur l'ouvrage.

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parmi les facteurs de réussite interne identifiés la maîtrise technique est essentielle pour les membres de la commission lait-élevage
parmi les facteurs de réussite interne identifiés la maîtrise technique est essentielle pour les membres de la commission lait-élevage - © claire le cleve

 

 

"L'idée, c'est de réfléchir sur les besoins de travaux en matière de recherche appliquée au pôle herbivore", résume Béatrice Brient, présidente de la commission lait-viande de la chambre d'agriculture. Et c'est réunis avec les responsables des organisations professionnelles que ses membres passent au crible les besoins et les attentes de la profession en matière de recherche appliquée. Elles sont ensuite centralisées au niveau régional. En ce jeudi 3 mars, c'est sur la base de la présentation d'un travail prospectif, lancé il y a trois ans sous le titre "Delait" pour "Dynamique des élevages laitiers", qu'ils ont planché. Et force est de constater l'agrandissement des structures. "En 1983, à la veille des quotas, il y avait en moyenne 80 000 l par exploitation, aujourd'hui 450 000 litres par points de collecte. On parle bientôt passer à 800 000 litres par livreur, c'est l'évolution qu'on observe", ne cache pas Eric Touzard.

Nouvelle donne laitière

Face à ce constat, le pôle herbivore a examiné trois trajectoires dans lesquelles les exploitations du grand-ouest peuvent s'engager avec augmentation du volume à produire. Ce, en chiffrant , année après année, l'impact de ces chemins sur le revenu des éleveurs. Ainsi, depuis l'installation d'un jeune avec reprise d'exploitation en passant par la demande de volume supplémentaire ou, troisième voie esquissée, le départ d'un associé, une conclusion commune : "le revenu par UTH baisse sur les 3 scénari en raison des annuités qui pèsent lourds dans chacun des cas. Ces trajectoires peuvent réussir à condition de veiller aux facteurs de réussite", relève Isabelle Sicot, ingénieure du pôle herbivore. De quoi alimenter la réflexion des membres de la commission qui se sont appliqués à les lister. En Interne "la maîtrise technique est incontournable, elle concerne, celle des coûts alimentaires, des coûts production, les aspects sanitaires... Il faut aussi avoir les idées claires et une réflexion stratégique. Il y a l'aspect main-d’œuvre, la capacité à gérer le travail, ses relations avec les associés ou salariés et la maîtrise des investissements", pointe Béatrice Brient qui estime que

"le contexte général bouge très vite on doit être en mesure d'apporter des pistes et des solutions aux éleveurs. Et la crise est là, c'est d'autant plus difficile. On doit pouvoir aussi les accompagner techniquement", renchérit Béatrice Brient. Autant d’éléments que Nicolas a su dompter (lire encadré).

 

 

 

 

Encadré

Nicolas ou une installation réfléchie.

 

Après avoir travaillé plus de 10 années à l'extérieur, Nicolas s'est installé avec ses parents en lait avec 380 000 l dans le sud du département, reprenant une exploitation de 250 000 l à 6 km de chez lui, avec 40 ha supplémentaires pour arriver, avec une allocation de 100 000 l, à 760 000 l sur 180 ha. "Mon PDE était à 550 000 l, j'avais du mal à produire tout ce lait. J'ai décidé qu'on allait prendre notre temps. Je ne voulais pas reprendre le cheptel du prédécesseur avec des animaux dont je n'étais pas sûr. J'ai décidé de minorer le volume, j'ai acheté 30 génisses de 11-12 mois, j'avais de la place pour les faire. En un an et demi, j'avais mon quota de vaches. J'ai recruté un salarié en TESA pour remplacer mon père parti à la retraite. Ça m'apporte de la souplesse, me permet de prendre du recul, de pouvoir réfléchir. Avant, on sur-pâturait, aujourd'hui, toutes les bêtes sont proches, j'ai produit mes génisses en bâtiment avec l'achat d'une remorque mélangeuse et le gros stock de foin acheté. Je cultive sur les terres à distance de l'herbe qui est fauchée et apportée à l'auge. Nos prairies sont refaites et consommées par par les vaches avec un coût alimentaire passé de 100 euros/l en 2011 à 94 en 2015. Pour le bâtiment, on fait avec l'existant, qu'on a valorisé avec 87 logettes. La salle de traite, une 2X5, est un peu vieille, on y passe 4 h, c'est un inconvénient mais ma mère s'y sent à l'aise et puis ça me permet de différer investissement dont le prochain pourrait être 2 robots", témoigne cet éleveur bien dans ses bottes et dans ses choix réfléchis.

 

 

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