Terra 23 octobre 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Inciter les cantines à acheter local

Alors qu'elle dispose à sa porte d'une bonne partie des produits dont elle a besoin au quotidien pour élaborer ses menus, la restauration collective les fait parfois venir de fort loin, par manque de temps, d'information... ou d'offre ! Pour l'inciter à acheter plus local, la chambre d'agriculture et l'association des maires du Finistère vont travailler de concert.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
De gauche à droite : André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Dominique Cap, président de l'AMF, l'Association des maires du Finistère.
De gauche à droite : André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Dominique Cap, président de l'AMF, l'Association des maires du Finistère. - © Chantal Pape

"Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, on se préoccupait juste de prix et de respect du code des marchés publics, reconnaît Dominique Cap, le président de l'AMF, l'Association des maires du Finistère, en évoquant l'approvisionnement des cantines municipales. La provenance des pommes ? On n'en savait rien !"

 

180 millions de repas/an

 

Avec 180 millions de repas servis par an en Bretagne, et un chiffre d'affaires de 846 millions d'euros, la restauration collective représenterait pourtant un beau débouché pour l'agriculture et l'agro-alimentaire locaux. Mais les freins sont nombreux. "Pour acheter les produits dont nos cantines ont besoin, nous devons réaliser des appels d'offre", explique Dominique Cap. La solution de facilité consiste à en faire un seul, auquel ne pourront répondre que de grands groupes, capables de proposer toute la palette des produits nécessaires à une cantine. Et changer de méthode réclame des moyens.

"J'ai commencé par embaucher un chef, relate le maire de Plougastel Daoulas. Et, pour les 1000 repas/jour que prépare la cuisine municipale, nous avons divisé notre appel d'offres en 13 lots, auxquels une bonne cinquantaine d'opérateurs locaux peuvent désormais répondre".

 

Redonner de la valeur au métier

 

Ce nouveau comportement, la chambre d'agriculture aimerait le généraliser à toutes les communes ! "L'agriculture traverse des turbulences, explique André Sergent, le président de la chambre d'agriculture. Au-delà du seul impact financier, acheter local redonne de la valeur aux produits et au métier d'agriculteur". Pour autant, pas question de vouloir convertir toute l'agriculture départementale aux circuits courts. "Dans le Finistère, 7% de la production agricole actuelle suffirait à nourrir la population. Que deviendraient les autres agriculteurs ?"

 

Recréer du lien

 

Pour inciter la restauration collective à ce changement de comportement, la chambre d'agriculture et l'association des maires vont travailler de concert. "Nous allons d'abord recenser l'offre en produits de la terre et de la mer et la rendre plus visible, détaille Sophie Jézéquel, vice-présidente de la chambre d'agriculture. Puis nous allons organiser des réunions pour sensibiliser élus et gestionnaires de cantines, avant de communiquer avec les convives de ces restaurants pour recréer du lien entre l'aliment, celui qui le produit, celui qui le cuisine et celui qui le mange".

 

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui