Terra 10 octobre 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Installation : réfléchir à d'autres modes de financement

Thomas Diemer s'est rendu dans le Finistère la semaine dernière. L'occasion de faire le point sur l'installation, le dossier phare du syndicat.

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Thomas Diemer, président national des Jeunes Agriculteurs.
Thomas Diemer, président national des Jeunes Agriculteurs. - © Terra

Quels projets d'installation défend JA ?

Thomas Diemer. Une installation doit être viable économiquement, mais aussi vivable humainement : il faut parvenir à diminuer les contraintes et créer des perspectives, afin que nous soyons fiers de notre métier ! Enfin, dernier critère, il faut que l'exploitation soit transmissible. Aujourd'hui, 30% des installations se réalisent hors cadre familial. Pour le milieu agricole, cette ouverture est une richesse. Mais les capitaux à reprendre sont de plus en plus élevés.

 


Dans le Finistère, le coût moyen de l'installation, comprenant reprise et investissement, est estimé à 250 000 € en individuel, 700 000 € en EARL et plus d'un million d'euros en Gaec. Comment financer de tels projets ?

T.D. C'est une donnée générale, partout en France, le montant de la reprise est de plus en plus élevé. Il faut que l'on trouve des solutions, le schéma actuel a atteint ses limites et les jeunes ont de plus en plus de difficultés à financer leur projet d'installation. On voit resurgir les GFA, les groupements fonciers agricoles. Et apparaître de nouvelles solutions, comme Labeliance, qui expérimente un accompagnement de l'installation en filière ovine mais réfléchit à d'autres productions. Ce sont de bonnes choses, à condition que les règles soient claires : le jeune doit rester le décisionnaire !

A JA, nous défendons aussi l'idée du mur bancaire : pour que les jeunes puissent avoir accès au financement, il faut que tout le monde soit partie prenante, la banque bien sûr, mais aussi les collectivités territoriales, les filières... Chacun a intérêt à apporter sa brique dans le mur !

 

 

Le parcours à l'installation vient d'être rénové. Quel est votre sentiment à quelques mois de sa mise en route ?

T.D. Le nouveau parcours se mettra en place au 1er janvier prochain. Même si, aujourd'hui, à cause de la baisse des taux, les prêts bonifiés sont moins intéressants pour les jeunes, JA reste très attaché à ce parcours. C'est aussi grâce à lui que 5 ans après leur installation, 95 % des jeunes qui l'ont suivi sont encore dans la profession, un record par rapport aux autres entreprises.

Même s'il est de plus en plus difficile de se projeter à 5 ans, le plan d'entreprise ne doit pas être considéré comme un simple document administratif pour avoir accès aux aides. Le jeune doit se l'approprier et l'utiliser avant et après son installation. Et nous avons obtenu quelques assouplissements quant à son évolution dans le temps.

Parmi les changements, on va aussi revenir à un versement de la DJA en deux fois. Nous n'étions pas pour, mais c'est une demande de Bruxelles. Et les critères d'attribution seront maintenant décidés en Région : aux JA de se battre pour qu'ils soient adaptés !

Et nous attendons toujours le guichet unique, une réelle simplification administrative qui permettrait au jeune de centraliser toutes les pièces administratives de son dossier.

 

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