Terra 15 décembre 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Bordon

Journée laitière : pour une nouvelle rentabilité

Le 17 décembre prochain, la FDSEA 56 organise sa journée laitière annuelle sur le thème de la rentabilité. Un temps de rencontre et d'échange pour faire le point sur la conjoncture et sur les perspectives et découvrir des nouvelles formes de rentabilité. Marie-Andrée Luherne fait le point sur la situation dans la perspective de cette journée.

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Pourquoi cette journée laitière ?

Marie-Andrée Luherne : La journée laitière est un rendez-vous annuel organisé par la filière lait de la FDSEA. Cette année, nous sommes dans un contexte difficile, il faut donner des perspectives et parler de compétitivité. En 2015, les prix de vente ont fortement chuté et ne sont pas remontés malgré les actions entreprises. Et même si nous ne sommes pas les plus mal payés en Europe, avec un prix moyen à hauteur de 300 € la tonne, la situation n'est pas satisfaisante.

D'un autre côté, même le prix est important, il n'est pas la seule composante du revenu. Nous voulons donc y réfléchir et essayer de donner des pistes de réflexion à nos adhérents.

Quel est le programme ?

M.A.L : Le matin sera consacrée à un exposé sur la conjoncture et tentera de donner des perspectives. Nous recevrons également un éleveur de Haute-Savoie qui viendra parler de son travail en montagne et des solutions qu'il a trouvées pour faire face à ses difficultés.

Durant l'après-midi, deux ateliers seront animés par des agriculteurs qui ont trouvé des leviers d'action. Le premier traitera de méthanisation et d'électricité photovoltaïque en tant que nouvelle source de revenu. Le deuxième sera animé par Philippe Cadoret, éleveur à Camors dans un Gaec à 8 associés. Celui-ci viendra parler des nombreuses innovations mises en œuvre dans son exploitation : techniques de culture simplifiées, recherche d'autonomie fourragère et protéique pour les animaux, travail sur le prix d'équilibre du lait.

Ce que nous voulons, c'est autant proposer des pistes pour une activité complémentaire -même si elle suppose des investissements- que travailler sur la cohérence globale des systèmes. C'est une manière de travailler sur la compétitivité en l'abordant de différentes manières. Le volume n'est en effet pas la seule solution et, si on peut être tenté d'augmenter la production, il ne faut pas aller jusqu'à déséquilibrer son exploitation.

Dans quelle situation se trouve la production laitière, aujourd'hui ?

M.A.L : Depuis la fin des quotas, chacun peut choisir son système mais nous n'avons pas la main sur la fiscalité. C'est pourquoi la FNSEA demande la possibilité d'une adaptation à la volatilité nouvelle des prix du lait.

Concernant le « manger français », l'origine est maintenant indiquée sur le lait de consommation mais nous voudrions également qu'elle le soit sur les produits laitiers transformés. Même s'il y a des logos créés par les marques, il manque une signalétique uniformisée. Un gros travail nous attend aussi en ce qui concerne la RHD et la composition des plats tout prêts.

Nous sommes inquiets des prochaines mises aux normes : les éleveurs seront amenés à réduire la voilure de leur exploitation ou à investir pour agrandir le bâti ou le stockage. Nous espérons gagner du temps grâce à des dérogations mais dans ce contexte de fragilité économique, cette obligation tombe mal. Nous craignons qu'elle n'accélère les fins de carrière de certains et ne freine l'installation des jeunes.

Comment les jeunes peuvent-ils avoir envie de s'installer dans ces conditions ?

M.A.L : Je reste convaincue que notre production à de l'avenir. D'ailleurs, si je n'y croyais pas, je n'aurais pas laissé mes enfants s'installer. En Bretagne, nous avons un prix du foncier raisonnable, des services de proximité, ce qui n'est pas le cas dans d'autres régions. Nous avons un savoir-faire et nous produisons un lait de qualité reconnue. Il nous manque le petit plus -un prix correct- qui nous donnerait une dynamique pour l'installation et pour bien faire notre métier. Nous devons appréhender notre métier d'une façon nouvelle et c'est à cela que nous voulons contribuer par cette journée.

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