Terra 19 novembre 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

L'agriculture embauche !

C'est le message qu'ont fait passer les agricultrices. Réunies à Carhaix le 17 novembre dernier, elles ont voulu donner envie aux hommes et aux femmes de rejoindre les métiers de l'agriculture.

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Le 17 novembre dernier, la commission départementale Agriculture au féminin a organisé une journée à Carhaix sur l'attractivité et la mixité des métiers, et le renouvellement des générations.
Le 17 novembre dernier, la commission départementale Agriculture au féminin a organisé une journée à Carhaix sur l'attractivité et la mixité des métiers, et le renouvellement des générations. - © Chantal Pape

"Y'a de la place pour les femmes en agriculture !, lance Claudie Larreur, productrice de lait dans la région brestoise. Certes, c'est physique. Certes j'ai besoin d'aide de temps en temps...". Epanouie dans son métier, elle y a fait ses preuves. "Techniquement, j'y arrive. Financièrement, je m'en sors". Et lance un dernier conseil à toutes celles qui voudraient franchir le pas. "Passez outre les rabat-joie qui disent que ce n'est pas pour vous".


1 450 emplois/an

Mardi dernier, la commission Agriculture au féminin a voulu centrer sa journée départementale sur l'attractivité des métiers. Car l'agriculture recrute. "Tous les ans, en Bretagne, entre chefs d'exploitation et salariés, le secteur a besoin de plus de 1450 personnes", rappelle Hervé Le Goff, responsable du département Hommes et entreprises à la chambre d'agriculture. "Aujourd'hui, les femmes occupent 30% des emplois en agriculture, contre 46% dans l'économie française", rajoute Alain Lamour, l'animateur de la journée.

De gauche à droite : Gaël Le Bloas, Alain Lamour, Marie-Françoise Le Bloas, Georges Guézenoc, Audrey Cam et Aurore Guézenoc.
De gauche à droite : Gaël Le Bloas, Alain Lamour, Marie-Françoise Le Bloas, Georges Guézenoc, Audrey Cam et Aurore Guézenoc. - © Chantal Pape

 

Dans les collèges et les lycées

Pour attirer de nouveaux actifs, l'agriculture multiplie les actions. "Tous les ans, nous faisons découvrir les métiers verts à plus de 1 000 collégiens, et nous rencontrons les lycées sur des salons..., indique Nicole Morizur, élue à la chambre d'agriculture. Nous exerçons des métiers passionnants, en lien avec le vivant, animal ou végétal. Des métiers qui permettent à nos jeunes de rester travailler sur le territoire".

 

Tordre le cou aux idées reçues

De leur côté, une poignée d'adhérents du comité de développement de Brest profite de sa passion pour la photo pour faire d'une pierre deux coups. A partir de clichés pris sur le vif sur les exploitations, ils échangent avec des étudiants, des demandeurs d'emploi... pour les faire réagir sur leur vision de l'agriculture et en profiter pour tordre le cou à quelques idées reçues. C'est aussi pour lutter contre ces idées reçues, les agriculteurs sont ringards, débordés ou défaitistes, que des étudiants de licence pro Agrimanager ont imaginé et réalisé une vidéo avec des jeunes agriculteurs. Un travail remarquable et une bouffée d'optimisme !

Du temps libre

Mais, pour attirer hommes ou femmes vers les métiers de l'agriculture, rien ne vaut les témoignages de ceux qui y travaillent. Salariée en porcherie et responsable de maternité, Audrey Cam, 31 ans, apprécie de pouvoir conjuguer vie professionnelle et personnelle. "Mes horaires, 8h-12h et 13h-17h30, ont été aménagés pour que je puisse conduire mes enfants à la crèche et à l'école, et qu'ils ne restent pas trop longtemps en garderie". Une préoccupation que partage Gaël Le Bloas. En Gaec familial à 7 associés, il avait été clair dès son installation, fin 2013. "J'ai été 5 ans salarié. Je voulais conserver une certaine qualité de vie, avoir des vacances et du temps pour ma famille".

Des astuces

Aurore Guézenoc a rejoint l'exploitation familiale en janvier dernier. Une évidence pour la jeune femme. "J'aime bien bouger, travailler à l'extérieur. Et toucher à tout au cours d'une même journée : pas le temps de s'ennuyer !". Pas trop physique, quand même, la production légumière ? "Si, c'est dur, reconnaît Aurore. Mais ça a son charme aussi. Et pas besoin d'un abonnement dans une salle de fitness". Alors, elle trouve des astuces, quand la bâche est trop lourde. "Et quand j'arrive au dépôt, j'ai même pas besoin de descendre du tracteur : y'a toujours quelqu'un pour ouvrir la remorque".

 

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