Terra 18 juin 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Bordon

L'agriculture est source de solutions

La chambre régionale d'agriculture était réunie en session le 16 juin à Noyal-Pontivy (56). Après avoir évoqué la conjoncture, les élus ont assisté à plusieurs exposés montrant en quoi l'agriculture et l'élevage peuvent apporter des solutions au changement climatique.

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Patrick Strzoda, préfet de région, Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture et Michel Morin, vice-président du conseil régional en charge de l'agriculture.
Patrick Strzoda, préfet de région, Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture et Michel Morin, vice-président du conseil régional en charge de l'agriculture. - © Terra

La session de la Crab de ce 16 juin s'est déroulée en présence du préfet de région Patrick Strzoda et de Michel Morin, vice-président du conseil régional en charge de l'agriculture. C'est avant tout la conjoncture qui a occupé les débats. Le président de la Crab, Jacques Jaouen, a fait état de ses préoccupations au sujet de la crise en cours. "J'attends du concret", a-t-il dit, et il a appelé de ses vœux "des solutions rapides, des actes". Le premier de ces actes a été annoncé par Patrick Strzoda. Celui-ci a en effet répondu à la demande du ministre Stéphane Le Foll de réunir les banquiers et les représentants de la filière porcine pour trouver des solutions aux problèmes de trésorerie des éleveurs. Cette réunion aura lieu le jeudi 18 juin.

La ruralité en danger

Pour Jacques Jaouen, ce ne sont pas seulement les agriculteurs qui sont en danger mais la ruralité toute entière. Les difficultés des éleveurs impactent la totalité des territoires. Les porteurs de projets ont du mal à faire aboutir leur démarche et se demandent si leur intérêt ne serait pas de s'installer dans des territoires moins peuplés pour développer une activité économique.

Selon lui, il faudrait, dans le contexte actuel, regarder ailleurs, se demander comment les pays voisins ont pu s'adapter. Il est également indispensable de proposer des idées innovantes, de travailler en collaboration avec les services de l'Etat. Le préfet a rappelé que le Pacte d'avenir prévoyait de consacrer 180 millions d'euros à la modernisation des serres et des bâtiments d'élevage d'ici à 2020. Il soutiendra également les grands projets laitiers.

Patrick Strzoda a affirmé qu'il s'inscrivait dans "une logique de continuité". Il a assuré que les dossiers PAC seraient traités dans les délais, afin de permettre des paiements à l'automne. Il a redit sa volonté "d'accompagner ceux qui sont en difficultés".

Des solutions pour le réchauffement climatique

Malgré ces circonstances, l'assemblée a évoqué le réchauffement climatique, les moyens de s'y adapter et les solutions qui pouvaient être apportées par les élevages. On parle généralement des impacts négatifs de l'agriculture sur le climat, alors que celle-ci peut être porteuse de solutions. Les différents représentants de la Crab ont donc, chacun à leur tour, exposé leurs propositions. Michel Morin, pour la région Bretagne, a souligné le fait que le Feader avait été construit sur cette base : prendre des mesures significatives pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Azote et retenues collinaires

Les questions de la salle ont concerné avant tout les PCAEA (plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles) dont la complexité a été regrettée. Certains exploitants voient leur dossier rejeté parce que jugés incomplets. D'autres font le choix de ne pas solliciter de financement parce qu'ils le jugent trop faible par rapport aux contraintes et aux contrôles que cela suppose.

Autre question importante : les retenues collinaires. Les dossiers sont très difficiles à monter, il faut composer avec les commissions locales de l'eau et souvent, les contraintes sont telles que les projets n'aboutissent pas. Michel Morin a répondu que ce n'était pas une question budgétaire. On ne passera pas à côté de l'avis des Sage et mieux vaut les solliciter avant de commencer des travaux plutôt que d'être obligé de les interrompre.

L'assistance a en outre exprimé des inquiétudes sur le plan agronomique : puisqu'il faut de l'azote pour fixer le carbone, ne risque-t-on pas de limiter la capacité du sol à stocker le carbone en réduisant les apports d'azote au strict indispensable ? Les agronomes présents ont assuré que les reliquats, qui peuvent atteindre 60 kg par hectare, étaient largement suffisants.

Enfin, concernant les dossiers de méthanisation, les participants ont déploré le manque de lisibilité. Michel Morin exprime pour sa part sa volonté de développer les installations individuelles.

En conclusion, Jacques Jaouen a souligné le fait que "la production française [avait] des atouts mondialement reconnus en termes de qualité, de traçabilité" et qu'il fallait les faire valloir. Il souhaite que les agriculteurs soient plus souvent associés aux réflexions sur la politique agricole et environnementale. "On se sent mis à l'écart, alors qu'on est source de solutions."

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