Terra 14 janvier 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

L'agriculture recrute !

Lait, porc, légumes de plein champ ou sous serres, ETA, pépinières, métiers du paysage... : l'an passé, l'AEF, l'association emploi formation a collecté 1 400 offres d'emploi émanant du secteur agricole.

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L'AEF, la MSA et Pôle emploi ont présenté les chiffres de l'emploi en agriculture chez Solenne Le Saout, qui va bientôt embaucher Vincent Friteau, après l'avoir formé pendant trois mois aux métiers de l'élevage de la poule pondeuse.
L'AEF, la MSA et Pôle emploi ont présenté les chiffres de l'emploi en agriculture chez Solenne Le Saout, qui va bientôt embaucher Vincent Friteau, après l'avoir formé pendant trois mois aux métiers de l'élevage de la poule pondeuse. - © Chantal Pape

Si le nombre d'agriculteurs finistériens ne cesse de diminuer, - 5,2% entre 2011 et 2014, les effectifs de salariés, eux, suivent la courbe inverse avec une progression de 9% des ETP, équivalents temps plein. "Et, avec 9 571 ETP en 2014, ils sont désormais plus nombreux que les chefs d'exploitation, qui ne sont plus que 9 235", souligne Olivier Roué, le président de l'AEF, l'Association emploi-formation qui, tous les ans, compile les chiffres de l'emploi agricole en Finistère, avec l'aide de la MSA d'Armorique et de Pôle emploi. Ces salariés travaillent pour moitié en cultures spécialisées, plein champ ou sous abri (4 287 ETP), en élevage de gros animaux, porc ou lait (1 739 ETP), en jardins et paysage (1 065 ETP), entreprises de travaux agricoles (606 ETP)...

 

Des contrats plus longs

 

Si le nombre d'équivalents temps plein ne cesse de progresser en agriculture, le nombre total de salariés, un peu plus de 25 000 en 2014, et le nombre de contrats, aux alentours de 40 000, sont en baisse. "La durée moyenne des contrats s'allonge et la précarité diminue", analyse Gilles Burel, l'animateur de l'AEF.

Le nombre d'offres d'emploi qui transitent par l'AEF est, lui aussi, en diminution. "On en a enregistré 1 400 quand, certaines années, on est monté jusqu'à 2000". La raison ? "En cette période de fort taux de chômage, nombre de saisonniers postulent d'une année sur l'autre dans les serres quand, il n'y a pas si longtemps, ils trouvaient un autre emploi dans l'intervalle".

 

Se former d'abord

 

Pour autant, l'agriculture continue à embaucher. "Nous avons en permanence une cinquantaine d'offres d'emploi dans des domaines aussi variés que le lait, le porc, le machinisme ou le bûcheronnage, sur l'ensemble du département", détaille Gilles Burel. Mais ce n'est plus uniquement de bras dont a besoin l'agriculture. "Les postes qui restent à pourvoir nécessitent une qualification".

Cette démarche, Vincent Friteau l'a enclenché l'automne dernier. Après une vingtaine d'années comme mécanicien dans une grosse entreprise, il aspire à autre chose. Fils d'agriculteur, il profite d'un forum de l'emploi pour se renseigner sur les métiers du secteur agricole. Et son profil attire l'attention de Solenne Le Saout, productrice d'oeufs et de poulets à Taulé.

"Mon oncle, jusque-là associé du Gaec, vient de partir en retraite. Et je suis à la recherche de quelqu'un de polyvalent". Les compétences de Vincent lui seront bien utiles pour assurer la maintenance. Et elle se chargera elle-même de lui apprendre tout ce qui touche à l'élevage des poules, au conditionnement des oeufs et à la fabrication d'engrais organique. "Pas le choix ! Il n'existe pas de formation spécifique aviculture de ponte".

 

Des aides à l'embauche

 

Demandeur d'emploi, Vincent Friteau a d'abord bénéficié d'une PMSMP, une période de mise en situation en milieu professionnel de 15 jours, histoire de vérifier, grandeur nature, si ce nouveau métier est fait pour lui. Puis, en fin d'année, il a démarré sur l'élevage une AFPR, une action de formation préalable au recrutement qui débouchera, début mars, sur un CDD de 11 mois. "Puis sur un CDI, rajoute Solenne Le Saout, qui conseille à tous les employeurs de se renseigner auprès de l'AEF ou de Pôle emploi sur ces dispositifs d'aide à l'embauche. Nous ne les connaissions pas. Et nous en aurons encore bientôt besoin : mon père et ma mère devraient partir en retraite d'ici peu et il faudra les remplacer".

Pour disposer de ses mercredis, cette jeune maman vient aussi d'embaucher à temps partiel une femme qui combinera désormais deux emplois pour augmenter son temps de travail. "L'agriculture peut aussi être une solution, à côté de chez soi, pour compléter son emploi", souligne Patrice Trulet, responsable d'équipe à Pôle emploi.

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