Terra 29 mai 2015 à 08h00 | Par Hervé Gorius Chambres d'agriculture de Bretagne

L’agriculture trie et recycle ses déchets, soyez-en fier et affichez-le !

La valorisation des déchets agricoles est aujourd’hui une réalité dont la profession peut être fière. Toutefois elle reste perfectible en particulier en améliorant encore la participation des agriculteurs aux différentes collectes. La diffusion à l’ensemble des exploitants de Bretagne d’un poster synthétisant les différents déchets collectés, les modes de conditionnement et les dates de collectes 2015-2016 vise à en faire mieux connaître le mode opératoire.

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Initié par les chambres d’agriculture de Bretagne avec le soutien d’Adivalor et de l’Ademe, ce poster a été envoyé à l’ensemble des exploitants de Bretagne jointe au journal Terra.
Initié par les chambres d’agriculture de Bretagne avec le soutien d’Adivalor et de l’Ademe, ce poster a été envoyé à l’ensemble des exploitants de Bretagne jointe au journal Terra. - © Terra

Produits phytosanitaires non utilisables, bidons vides, sacs d’engrais, de semences, big-bags, bâches plastiques, ficelles, filets, films d’enrubannage, paillages légumes… autant de déchets hier potentiellement polluants, aujourd’hui sources d’énergie et de matière.

Avec plus de 5 000 t collectées en Bretagne en 2014, le recyclage des déchets de l’agro-fourniture est une belle réussite et en constant progrès. Bravo aux agriculteurs qui trient et participent aux collectes, bravo aux distributeurs qui les organisent, bravo à Adivalor qui coordonne la logistique et le recyclage ! Car depuis 2001 c’est bien toute la filière agricole qui s’est mobilisée dans une démarche volontaire pour organiser et autofinancer la valorisation de différentes catégories de déchets. La réussite est indéniable même si des marges de progrès importantes demeurent. Pour renforcer la communication sur le sujet, les chambres d’agriculture de Bretagne soutenues par Adivalor et l’Ademe ont conçu un poster d’information envoyé à l’ensemble des exploitants bretons.

Mieux faire connaître les filières de recyclage

La mobilisation des agriculteurs lors des collectes reste encore assez hétérogène en Bretagne. On constate ainsi des tonnages importants, en forte progression, en Ille et Vilaine alors que les trois autres départements progressent plus lentement. De même, d’importantes différences existent en fonction du type de déchets avec par exemple dans le Finistère une très bonne collecte des paillages légumes alors que celle des bâches ensilages reste moyenne. Malgré une information via les différentes organisations agricoles, l’existence et le fonctionnement des filières de recyclage restent encore mal connus de certains exploitants. Le poster a pour but d’en rappeler la diversité et les résultats concrets en termes de valorisation.

Ce qui est attendu en tri et conditionnement

Plus d’une dizaine de catégories de déchets sont aujourd’hui recyclables via les filières Adivalor avec leurs spécificités en termes de tri et de conditionnement. Cela peut paraître lourd à gérer au niveau de l’exploitation mais deux principes simples permettent d’en limiter la contrainte. Le premier est de trier au fur et à mesure tout au long de l’année et de s’organiser en conséquence. Le second est de comprendre les raisons essentielles des consignes. Ainsi, c’est par sécurité que certains déchets dangereux nécessitent un conditionnement particulier ou un rinçage de leur bidon. Il faut savoir que des accidents ont déjà été occasionnés par la manipulation de produits phytosanitaires mal conditionnés. De même c’est la recherche d’une homogénéité des matières à recycler qui conduit à préconiser un tri et un conditionnement des différents déchets dans des saches ou des fagots séparés. Enfin, c’est une exigence de contrôle qualité qui induit la nécessaire transparence des saches et l’absence de bouchon sur les bidons. Le poster récapitule le conditionnement attendu pour chaque catégorie de déchets. Affichez-le pour tout avoir sous les yeux quotidiennement !

Mieux faire connaître les dates de collectes

L’organisation des collectes est de la responsabilité des distributeurs. Des dates communes par famille de déchets sont dans la mesure du possible recherchées mais certains distributeurs ont leurs propres dates ce qui complique la communication auprès des agriculteurs. Pour la première fois, le poster rassemble sur un document unique l’ensemble des dates de collectes pour l’année 2015 et début 2016. Votre distributeur reste votre interlocuteur pour préciser les lieux de collectes. Notez d’ores et déjà la prochaine collecte d’emballages vides début juin !

- © Terra

"Faire le tri au fur et à mesure"

Elisabeth Chevrier, éleveuse laitière dans le pays de Vitré


Vous êtes membre associé de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, en charge du suivi du dossier des déchets. Quelles sont à votre avis les clés des très bons résultats des collectes de déchets en Ille-et-Vilaine ? En particulier des bâches plastiques ?

Elisabeth Chevrier. Cela fait déjà pas mal d’années qu’il existe des collectes de déchets dans le département d’abord initiées par le Geda puis par la chambre d’agriculture. Mais aujourd’hui ce qui fonctionne très bien c’est le partenariat entre les différents acteurs que ce soit les négociants, les distributeurs, la chambre d‘agriculture et Adivalor. On sent le désir d’aborder le sujet de manière collective avec la volonté de trouver des solutions. Le rôle de coordination de la chambre d’agriculture est d’ailleurs déterminant. On a ainsi appris à comprendre les contraintes des distributeurs au niveau des sites de réception et eux-mêmes ont été plus attentifs à celles des exploitants notamment en acceptant des dates communes de collecte. Cela se fait de plus dans une bonne convivialité. Au niveau des agriculteurs les contrôles plus stricts concernant l’interdiction de brûlage ont aussi sans doute incité à plus de participation aux collectes.

Que pensez-vous de la diffusion du poster d’information ? En quoi peut-il contribuer à améliorer l’information sur le sujet ?

E.C. C’est une bonne initiative, mais il faut qu’il soit gardé et affiché sur l’exploitation. Même moi qui suis le sujet de près je ne sais pas toujours quels types de déchets sont concernés par telle ou telle collecte et comment les conditionner. En juin en particulier pour la collecte d’emballages c’est un peu compliqué. Au moins là, on aura tout facilement accessible. Au niveau des dates, ce qui est primordial c’est de garder des dates régulières pour avoir des repères.

Comment personnellement gérez-vous les différents déchets sur votre exploitation ?

E.C. Pour moi la clé est de faire le tri au fur et à mesure. C’est plus simple, plus propre et finalement plus efficace. L’intérêt aussi c’est d’éviter les tas dans lesquels se mettent les rongeurs. Dès qu’un silo est fini la bâche est brossée et pliée. Les petits bouts sont empilés puis pliés avec la bâche suivante. Pour l’enrubannage, les ficelles et les bidons on utilise la sache Adivalor que nous fournit notre distributeur. Les sacs de semences notamment de maïs sont mis en fagot puis stockés sous le hangar.

Rencontrez-vous des difficultés pour respecter les consignes de conditionnement ?

E.C. Non si cela est fait régulièrement. De plus je pense que lorsqu’on en connaît les raisons cela devient plus facile et plus naturel. Beaucoup d’agriculteurs n’ont pas forcément conscience de la chaîne d’intervenants nécessaire jusqu’au recyclage final. Or lorsqu’on prend conscience de cela on comprend mieux les mesures visant à limiter la dangerosité des déchets. De même chaque catégorie de déchets nécessite un processus de recyclage particulier, il est donc naturel de les trier séparément.

Vous êtes sensibilisée depuis longtemps à cette problématique des déchets. Quels arguments mettriez-vous en avant pour convaincre des agriculteurs encore réticents ?

E.C. C’est à chacun de trouver sa propre organisation en fonction de son exploitation et de ses habitudes. Toutefois, ce qui paraît clair c’est que lorsque l’on gère bien ses déchets au fur et à mesure, on a un gain de place et de propreté et que cela rend plus agréable les conditions de travail. De plus, on concourt à donner une image positive de l’agriculture vis-à-vis de l’extérieur. Et puis, tout simplement, on respecte mieux la nature. Par contre, si il est vrai qu’une fumée noire peut déclencher rapidement une intervention de la gendarmerie sur dénonciation, la bonne gestion des déchets passe souvent inaperçue alors que cela prend du temps. A nous de le faire savoir !


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