Terra 11 mars 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

L'élevage, un espace d'avenir

Donner espoir en l'avenir de l'élevage, c'était l'ambition d'une journée organisée vendredi au lycée La Touche à Ploërmel (56). Devant un amphithéâtre plein à ras bord, toutes les conditions pour que la Bretagne soit demain encore une terre d'élevage ont été rappelées.

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Amphi plein, vendredi dernier au lycée la Touche à Ploërmel. © Terra Pour débattre de l'avenir de l'élevage en Bretagne, Daniel Le Ruyet, Brigitte Téjédor, Jacques Crolais, Patrick Faure et Paul Molac. © Terra

Ils aiment l'agriculture et ont même le projet d'y faire carrière, mais ces étudiants en BTS et DEES (Diplôme européen d'études supérieures) au lycée agricole La Touche à Ploermel ne cachent pas que cette projection est parsemée de doutes, temps de crise oblige. Alors c'est un message réaliste et positif malgré tout que les professionnels réunis par l'équipe du lycée ont choisi de délivrer pour "rebooster" ces étudiants. Le premier ? "Vous allez contribuer à nourrir les hommes et vous pouvez en être fiers  ! ", campe d'emblée Marc Henninger d'Elanco, division santé animale de Lilly France. Tous s'accordent à dire "que la consommation de viande va exploser dans le monde". Être dans la course ou pas, tel sera l'enjeu avec, en ligne de mire, un défi : rester compétitif.

Rassurer le consommateur, conforter les éleveurs

Car si la France a "décroché" de sa place d'acteur majeur en élevage, "regardez ce qui s'est passé en volaille avec l'arrivée en 5 ans de la Pologne à la tête de la production européenne", rien n'est perdu si le "triptyque infaillible" se campe : "une ambition agricole affichée par le pouvoir politique, une industrie conquérante et une diplomatie économique performante", poursuit le vétérinaire conseil. Car on le sait, "l'élevage breton n'a rien à envier à ses voisins. En sortie, les exploitations sont compétitives", souligne Patrick Faure, directeur de la filière porc d'Agromousquetaires (à lire également en pages 6-7). Il détaillera longuement la stratégie d'Intermarché pour sécuriser ses approvisionnements, notamment par la mise en place d'un contrat "perspective" avec les producteurs. "Ce qui nous importe, ce sont nos consommateurs. La montée en puissance de l'attrait pour la proximité renforce nos choix stratégiques et notre développement. Nous commercialisons 100 % de porc français qui sort de nos unités de production. Pour protéger nos marchés on se bat sur la notion d'origine française", insiste-t-il, laissant au pouvoir politique le soin de s'engager à régler les problèmes de distorsion de concurrence, handicap majeur.

L'arme de la compétitivité

"La notion de concurrence loyale est vitale, il nous faut des solutions pour garder nos emplois et nos industries agroalimentaires", plaide Daniel Le Ruyet, responsable de la ferme pédagogique du lycée. Améliorer la communication autour de l'agriculture pour différencier les produits français sur le territoire national est essentiel de l'avis du député Paul Molac, car "le modèle a été caricaturé". Mais il voit, entre autres pistes à travailler, l'étiquetage sur les produits transformés qui indispose l'Europe. "Il faudra que nous passions par la loi", estime-t-il. Et face au dumping social pratiqué en Allemagne par l'emploi de travailleurs détachés "dont le salaire net est de 3 euros de l'heure", Jacques Crolais, directeur de l'UGPVB réclame "de construire une Europe équitable et loyale car outre Rhin, on cumule tous les avantages, y compris ceux des pays en voie de développement, ça fait de gros dégâts". Avoir les "mêmes règles du jeu", s'organiser au niveau de la production, avoir un cahier des charges qui valorise "un investissement et une démarche de progrès en faisant contribuer le consommateur à maintenir l'élevage en Bretagne".... les solutions à long terme s'esquissent, "chacun doit apporter sa pierre à l'édifice".

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