Terra 02 décembre 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

L'horizon laitier s'éclaircit

La conjoncture laitière s'améliore. C'est en tout cas le sens de l'intervention de Guillaume Bourge, chargé de mission à la FRSEA, présent lors de la comission lait des Jeunes agriculteurs d'Ille-et-Vilaine, le 22 novembre.

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Prix du lait (Milk market observatory)
Prix du lait (Milk market observatory) - © Terra

"Est-ce qu'on peut considérer aujourd'hui que le creux de la vague est derrière nous ?", s'interroge un éleveur. À en croire les propos de Guillaume Bourge, la réponse est oui. Le contexte mondial s'améliore, poussé par une production qui baisse dans l'hémisphère sud et en Europe et en même temps les importations sont en hausse, avec une offre qui diminue et une demande qui augmente un peu. Au niveau européeen, depuis le mois d'août, la production diminue en Allemagne, en France et en Belgique. Elle continue encore un peu d'augmenter aux Pays-Bas et en Irlande. "Mais on ne sent pas encore l'effet de la baisse de volume volontaire proposée par la Comission européenne", précise Guillaume Bourge.

Sur les cours, le beurre remonte plus vite que la poudre, pour laquelle de gros stocks européens existent. "Il faudra être vigilant à ne pas déstocker trop vite", prévient encore le chargé de mission de la FRSEA. Effet prix, sécheresse, qualité du fourrage... la collecte française diminue (environ -6 %). Pour autant, les prix de vente du lait ne suivent pas les courbes des prix des produits alimentaires car le lait reste un produit d'appel et subit donc la pression des GMS.

Peu d'entreprises respectent les indicateurs

Pour 2017, quelles sont les perspectives ? "Dans l'hypothèse où les cotations se maintiennent, les indicateurs sont positifs", estime Guillaume Bourge. Avant d'ajouter : "Par contre, la vraie difficulté, c'est qu'il n'y a plus beaucoup d'entreprises qui respectent les indicateurs". À l'inverse, le prix allemand pourrait peser un peu sur les indicateurs, car il remonte, mais doucement. "En décembre, le prix du lait devrait se situer entre 290 et 305 e selon les laiteries", estime encore Guillaume Bourge. Les éleveurs attendent donc dorénavant quels seront les prix annoncés à partir du mois de janvier.

Si le contexte est plus favorable, reste à savoir quelle sera la réaction des pays du Nord, quand les prix auront repris des couleurs. Vont-ils relancer leur production ? Et mettre à nouveau à mal la filière française ? C'est là tout le débat de la gestion de la volatilité. À l'image des Allemands qui l'ont intégrée par une diversification des revenus, ou le modèle français qui préfère "tamponner" cette volatilité.

"C'est une question de stratégie, commente le président des JA 35 Florian Salmon, est-ce qu'on continue à batailler pour garder un prix de base à tous les agriculteurs, où on accepte la segmentation et la volatilité ?" La question reste posée.

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