Terra 31 octobre 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

L'innovation "made in Côtes d'Armor" au service de tous

Des projets innovants, parfois d'envergure internationale, conçus sur le territoire costarmoricain ont été présentés lors des 1ères assises de la recherche et de l'innovation à Saint-Brieuc mi-octobre. Un événement qui avait pour but de réunir chercheurs et entreprises pour créer de la dynamique locale, sous l'impulsion du conseil départemental.

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La recherche et l'innovation, voilà un des axes que le conseil départemental a choisi pour promouvoir l'attractivité du département des Côtes d'Armor. Un événement créé dans ce but, les 1ère assises de la Recherche et de l'Innovation, s'est déroulé le vendredi 14 octobre dans le cadre de la Fête de la science. Dans l'hémicycle à Saint-Brieuc, les mondes de la recherche et de l'entreprise étaient invités à se cotoyer. L'éclairage s'est porté sur quatre filières économiques d'excellence du département : l'agro-industrie et la sécurité des aliments ; le génie climatiques et les technologies du froid ; le numérique et le photonique ; les matériaux composites innovants et communicants.
A l'origine du projet, Alain Cadec, président du conseil départemental, désire amorcer un "cercle vertueux" créateur d'emplois, afin de permettre aux jeunes de rester sur le territoire, y poursuivre leurs études et y projeter leur avenir professionnel. : "La recherche et le monde de l'entreprise ne se connaissent pas. Il faut plus de ponts entre le monde économique, la recherche et l'enseignement. La mise en réseau est nécessaire pour avoir un territoire vivant, dynamique et attractif", indiquait-il en introduction de la journée. A noter, en 2016, le budget départemental pour l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation, s'élève à 5 millions d'euros (dont 144 000 € pour accompagner les thèses de recherche).

Gilles Salvat, directeur de l'Anses de Ploufragan (22) au centre avec Marine Meunier, doctorante et Jean-Erik Blochet, délégué général de Zoopôle Développement.
Gilles Salvat, directeur de l'Anses de Ploufragan (22) au centre avec Marine Meunier, doctorante et Jean-Erik Blochet, délégué général de Zoopôle Développement. - © terra

L'exemple du campylobacter
Afin de démontrer le haut niveau d'expertise et la capacité des étudiants-chercheurs à développer des solutions inédites dans le domaine de la sécurité alimentaire, ici à Ploufragan, Gilles Salvat, directeur de l'Anses (1) s'est attaché à présenter des travaux portant sur le campylobacter. "Le campylobacter et les volailles sont un couple star au niveau mondial : ils sont la première cause des toxi-infections alimentaires", décrit le directeur de l'Anses. Présent dans le tube digestif de la volaille vivante de façon naturelle, le campylobacter contamine la viande crue mais ne résiste pas à la chaleur.
Des travaux ont étudié le rôle de la nutrition sur les volailles en élevage : quelques molécules (monoglycéride d'acide gras et probiotique...) sont capables de réguler la flore digestive, mais "si cela est prometteur, cela reste difficile à reproduire", note Gilles Salvat. L'autre piste étudiée concerne l'abattage. Aux Etats-Unis, l'eau de javel utilisée (les fameux poulets chlorés) n'est pas une solution efficace pour réduire la bactérie, et d'ailleurs la méthode est interdite en Europe. Ici, la recherche s'est portée sur le refroidissement avec la création d'un "prototype unique au monde"en partenariat avec le pôle Cristal (2) à Dinan. "Le refroidissement peut réduire la contamination de la carcasse si la charge de campylobacter est peu élevée", conclut Gilles Salvat. Or parmi toutes les pistes étudiées, c'est la voie de la vaccination qui s'avère des plus prometteuses. La thèse de la doctorante Marine Meunier à l'Anses de Ploufragan porte sur la mise au point d'un vaccin selon la méthode de "vaccinologie inverse" (avec réduction d'un facteur 100 à 10 000 des campylobacter). "On peut le dire avec cette approche vaccinale, il s'agit d'une première mondiale", annonce le directeur de l'Anses. 
Mais aujourd'hui, derrière le concept se pose la question économique : qui pour payer les vaccins car les poulets, eux, ne sont pas malades ? Du côté de la recherche, l'avance est déjà prise et "le jour où l'Europe prendra des mesures, nous pourrons répondre vite", conclut le directeur de l'Anses.

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