Terra 27 août 2015 à 08h00 | Par FRSEAO

L’urgence d'un prix pour les producteurs de lait !

Jamais les industriels laitiers n'auraient obtenu une revalorisation des prix auprès de la grande distribution sans la pression exercée par des éleveurs qui, en toute logique, espéraient à leur tour être mieux payés. Ce n'est pas le cas, constate aujourd'hui Pascal Clément, président de la FRSEAO lait en rappelant la transformation -privés et coop- à ses responsabilités.

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Pascal Clément
Président de la section lait de la FRSEA Ouest, regroupant les régions Pays de La Loire et Bretagne.
Pascal Clément Président de la section lait de la FRSEA Ouest, regroupant les régions Pays de La Loire et Bretagne. - © terra

Voilà plus d’un mois que la table ronde sur la filière laitière s’est réunie, quel était l’objectif poursuivi ?

Pascal Clément.Les marchés des produits industriels sont très dégradés. Les conséquences sur le prix du lait sont dramatiques et entrainent les producteurs dans des situations de trésorerie de plus en plus difficiles.

Pour contrecarrer ces effets, le maintien de la valorisation sur le marché intérieur (lait de consommation, fromages, crème, produits frais) et sa répercussion sur le prix du lait sont indispensables. C’était le but de la table ronde du 24 juillet dernier sous l’égide du ministre de l’Agriculture.

Syndicalement, les FDSEA, la FRSEAO et la FNPL ont fait le travail pour que les valorisations du marché intérieur soient tenues à un niveau quasi similaire à l’année passée. C’est énorme pour les industriels ! Ils n’auraient probablement jamais atteint de tels niveaux dans le contexte actuel.

Il faut maintenant que chacun fasse face à sa responsabilité vis-à-vis des producteurs.

 

Alors, qu’en est-il de l’application et quel premier bilan pouvez-vous en faire ?

P. C. Pour le moment, les distributeurs jouent le jeu. Ils ont acté des hausses sur les conditions de vente et sont même moteurs dans certaines renégociations. Mais tout n’est pas rose non plus, des efforts doivent encore être fait notamment sur l’origine des produits. C’est pourquoi, la surveillance se poursuit.

Coté transformateurs par contre, leurs positions sont intolérables. La valorisation tant attendue par les producteurs ne sera pas au rendez-vous en Aout. Des positions qui fragilisent ce qui a été acquis avec la distribution et entrainent la filière laitière dans une spirale infernale.

 

Qui est responsable ?

P. C. Ils sont tous responsables ! La coopération qui, par son statut particulier, devrait montrer l’exemple en permettant à ses producteurs de s’en sortir. Ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis !

Les grands transformateurs privés, qui sont en train de se faire des choux gras depuis le début de l’année sur le dos des producteurs (les premières publications le prouvent), arguent de ne pas être concernés par les conclusions de la table ronde. Faut-il croire qu’ils ne vendent rien aux distributeurs ? C’est irrespectueux pour les producteurs.

Nous pouvons quand même féliciter une majorité de PME qui ont répercuté les euros récupérés auprès de la distribution. Merci à eux.

 

Le bilan n’est pas très optimiste. Comment voyez-vous les suites ?

P. C. Côté coopération, les sociétaires doivent se mobiliser, demander des comptes aux administrateurs. Coté privé, les OP doivent transformer l’essai. Ce n’est pas évident mais le syndicalisme majoritaire a tout fait pour que les conditions d’une renégociation au travers d’un avenant soit possible. Les OP doivent s’en saisir, c’est réalisable. Les entreprises leur ont imposé en 2014 un prix d’environnement, pourquoi pas un indicateur de marge en 2015 proposé par l’OP ?

Les pouvoirs publics doivent aussi tenir leur rôle : d’abord sur l’extension des conclusions de la table ronde à la restauration hors domicile, ensuite sur le conseil européen du 7 septembre prochain. Le ministre doit obtenir des mesures concrètes pour alléger le marché des produits industriels.

Syndicalement, nous restons mobilisés (surveillance des prix, soutien aux OP, pression pouvoirs publics). Avec les FDSEA et la FNPL, nous avons pris nos responsabilités et nous ne pouvons pas être mis au banc des accusés. Les accusés (peut-être pas encore coupables) sont ceux qui ne respectent pas les producteurs de lait.

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