Terra 05 février 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La Bretagne en tête pour la production et la transformation de viande

C'est seulement la deuxième fois que les services de l'Insee et de la Draaf collaborent pour la réalisation d'une étude. À l'heure où les exploitations d'élevage et les entreprises de la filière viande souffrent de l'augmentation de la volatilité, cette vision globale est très importante, même si parfois les chiffres datent un peu (2010-2013).

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Répartition des effectifs salariés de l'abattage-transformation par secteur et zone d'emploi en 2013
Répartition des effectifs salariés de l'abattage-transformation par secteur et zone d'emploi en 2013 - © Terra

La filière viande rassemble tous les acteurs impliqués dans la production de viandes ou de produits à base de viande. Elle regroupe quatre segments : élevage, abattage et transformation, fabrication d'aliments et vétérinaires, et commerce de gros. Comptant près de 55 000 emplois, elle dégage une valeur ajoutée de 2,4 milliards d'euros, dont un tiers pour le segment de l'élevage. "Cette étude met en évidence le poids de chaque maillon et les enjeux qui le caractérisent. Ceux-ci font écho aux axes de travail définis par le plan agricole et agroalimentaire pour l'avenir de la Bretagne (P3AB), pilier essentiel du pacte d'avenir pour la Bretagne. L'amélioration de l'autonomie protéique des élevages, l'investissement pour une meilleure compétitivité des outils industriels, le renforcement de l'adéquation des produits aux différents marchés, y compris export, en sont les exemples les plus parlants", explique Philippe de Guénin, directeur de la Draaf Bretagne.

Elevage

Avec 1,97 million de tonnes équivalent carcasse produites en 2013, la Bretagne est la première région d’élevage pour la viande en France. Elle fournit plus du tiers des animaux finis produits dans le pays. En particulier, la région est au premier rang national pour la production de porcs, de volailles de chair et de veaux. Pour les gros bovins, principalement issus du troupeau laitier, la Bretagne arrive au 6e rang des treize régions françaises. En Bretagne, cette production de bétail et de volailles est réalisée par 25 500 exploitations qui élèvent des animaux destinés à la viande. Elles représentent 74 % des exploitations bretonnes, contre 48 % en France. La production de viande est réalisée sur 7 300 ateliers bovins viande, 5 700 ateliers porcins et 2 600 ateliers de volailles de chair, mais aussi sur 13 800 ateliers bovins lait (vaches et génisses de réforme). Près de la moitié des exploitations bretonnes produisant de la viande combinent au moins deux ateliers.

Abattage - transformation

Avec plus de 300 établissements et 26 500 salariés, le segment de l’abattage-transformation de la viande regroupe les trois quarts des emplois de la filière, hors élevage. Il représente ainsi plus de 15 % de l’emploi industriel breton et se répartit sur tout le territoire de la région. Le secteur de la transformation de viandes de boucherie (15 000), emploie plus de la moitié des salariés, devant celui de la viande de volaille (5 400), de la préparation industrielle de produits à base de viande (5 500) et de la fabrication d'aliments pour animaux de compagnie (600). Plus de la moitié des emplois sont liés à la filière porcine, un quart à la filière volaille et un cinquième à la filière bovine. Enfin, l'abattage-transformation se caractérise par une forte concentration des emplois dans des grandes unités de production. Le quart des effectifs est employé dans les quatre plus gros établissements et six salariés sur dix travaillent dans un établissement de 250 salariés ou plus.

Avec 40 % des tonnages nationaux, la Bretagne est, loin devant les Pays de la Loire, la première région d’abattage, notamment pour les porcins, les veaux, les volailles et les gros bovins (respectivement 57 %, 36 %, 33 % et 21 % des tonnages nationaux).

La Bretagne dispose des plus grands abattoirs français de porcs (Cooperl à Lamballe), de gros bovins (SVA à Vitré) et de veaux (Tendriade Collet à Châteaubourg). Néanmoins, à l'échelle européenne, ces constats sont à nuancer : avec environ 200 000 tonnes équivalent carcasse, les activités de la Cooperl sont loin d’atteindre celles de géants européens comme l’abattoir porcin de Tönnies à Rheda en Allemagne, qui abat 1,1 million de tonnes équivalent carcasse par an.

Enfin, une centaine d’établissements concourt également à la filière viande au titre de la fabrication de 8,3 millions de tonnes d'aliments composés, principalement destinés aux porcs (48 %), volailles (37 %) et bovins (13 %). Ce tonnage baisse toutefois régulièrement depuis 2010, notamment en 2012 avec l’envolée des prix des matières premières. Face à cette tendance, la fabrication d’aliments à la ferme se développe et couvrirait actuellement le tiers des besoins du cheptel porcin breton.

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