Terra 19 février 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La Confédération paysanne veut une régulation européenne

Lors d'une conférence de presse, la Confédération paysanne a fait part de ses solutions pour sortir d'une crise qu'elle juge structurelle. Parmi les propositions, régulation européenne et stabilité des prix sur 50 % des volumes en lait, et pour le porc, plus de stockage privé et une régulation des volumes par le poids des carcasses.

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Des responsables nationaux et régionaux de la Confédération paysanne ont tenu une conférence de presse le 10 février à Essé en Ille-et-Vilaine.
Des responsables nationaux et régionaux de la Confédération paysanne ont tenu une conférence de presse le 10 février à Essé en Ille-et-Vilaine. - © Terra

"L'image de l'excellence laitière à la française n'appartient pas aux industriels mais aux producteurs !", s'exclame Yves Sauvaget, président de la commission nationale lait à la Conf'. Et d'ajouter : "ce n'est pas 100 % du lait qui est sur un marché volatil mais seulement l'excédent de la production, à savoir le marché des produits industriels sur le grand export. Il existe des marchés plus rémunérateurs mais le problème c'est que les indicateurs sont quasiment uniquement basés sur les produits industriels". Laurent Pinatel, porte-parole national du syndicat demande donc des prix stables sur 50 % des volumes, correspondant au marché intérieur et se prononce pour la création d'OP transversales à l'échelle des bassins de production. "Et pour cela, il faut une interprofession pluri-syndicale avec autour de la table, les producteurs, les transformateurs et la grande distribution", souligne Laurent Pinatel. Si le porte-parole estime que la régulation ne peut se faire qu'au niveau européen, il va plus loin en proposant "un système de tunnel de prix qui permettrait de fixer un prix moyen qui tiendrait compte des prix de production, avec des seuils à ne pas dépasser pour rééquilibrer la production".

Trop de cochons, mais pas trop de producteurs

Sur la production porcine, "on continue à standardiser une production pour aller sur un marché européen qui n'est plus rémunérateur, alors qu'en parallèle il existe des marchés pour des produits de qualité comme le porc bio, qui n'ont pas été développés", dénonce Didier Massiot, réprésentant régional de la Confédération paysanne. Il demande donc une intervention publique pour avoir devantage de stockage et une baisse du poids des carcasses qui pemettrait de réguler la production. "Il y a trop de cochons, mais il n'y a pas trop de producteurs", conclut-il.

Pour corroborer ces propos, Charlotte Mellier, installée en production laitière avec son mari Christophe, à Essé, a partagé son expérience. "Plutôt que de faire un nouvel emprunt pour nous agrandir, nous avons décidé de réduire nos coûts de production, en jouant notamment sur l'alimentation. Aujourd'hui, on se rend compte que techniquement on tient quand même nos résultats, et si nos coûts de production ont été divisés par deux, ce n'est pas le cas de notre production". Toutefois, l'agricultrice avoue que si entre 2014 et 2015, l'entreprise a augmenté sa capacité de résilience avec un système plus autonome, il manque encore 25 000 euros.

Arnaud Marlet

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