Terra 28 octobre 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La diversité agroalimentaire bretonne au rendez-vous du Sial

L'agroalimentaire breton, c'est environ 1 000 entreprises, dont 400 de plus de 20 salariés. 70 d'entre elles étaient présentes au salon international de l'alimentation (Sial), véritable temple de l'innovation, qui se déroulait du 16 au 20 octobre à Paris.

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Yannick Strottner du centre culinaire contemporain avec Manon Le Nir du service promotion de BDI. (© Terra) Christian et Marianne Guyader. © Terra Emmanuel Commault, directeur de la Cooperl. © Terra Fabrice et Emmanuelle Chapuzet. © Terra

"Le Sial se déroule tous les deux ans à Paris, et c'est un peu comme le plus grand supermarché du monde !", explique Jean Paul Simmier, directeur de la filière industries alimentaires à Bretagne Développement Innovation (BDI). Une vitrine essentielle pour les entreprises, un lieu où l'on ne vient pas forcément pour signer des contrats, mais rencontrer ses clients, acheteurs pour la GMS et la RHD. L'enjeu premier, c'est l'image, à travers deux axes : l'international et l'innovation. Avec un chiffre d'affaires annuel d'environ 20 milliards d'euros et 70 000 emplois, l'agroalimentaire breton reste la première région de France du secteur. Pour mettre en avant les innovations des entreprises bretonnes, l'opération "Bretagne Tendances et Innovation" a été montée par la Coceb, BDI et la Région. Un jury a ainsi sélectionné 43 produits innovants par leur packaging, leur durée de consommation, ou le produit lui même. Ces derniers ont profité durant la durée du salon, d'une présentation sur le stand de BDI, dans le hall des Régions de France. Yannick Strottner, un des chefs du centre culinaire contemporain proposait même quelques dégustations réalisées à partir de ces produits sélectionnés.

Un secteur qui sait rebondir

"L'agroalimentaire est un secteur très soumis à la pression internationale et à la guerre des prix, c'est aussi l'enjeu de la présence des entreprises ici", ajoute Jean-Paul Simmier. Et malgré les crises de ces dernières années, c'est un secteur qui a su montrer sa capacité à rebondir. L'importance des investissements réalisés depuis deux ans en est une preuve. "Tout le monde connaît Synutra et ses 170 millions d'euros investis, mais ce ne sont pas les seuls. Avec la Sill, Lactalis ou Laita, c'est 300 millions d'euros qui vont être investis", poursuit le directeur de la filière industries alimentaires. En volailles, le groupe LDC a repris sept sites industriels en Bretagne, avec là aussi un cycle d'investissements. La charcuterie, la biscuiterie, la pâtisserie, et les produits de la mer sont au rang des autres secteurs bretons qui réussisent et qui investissent, notamment par une politique de R&D conséquente. Avoir des investisseurs, fussent-ils étrangers, est une bonne nouvelle pour la Bretagne. Le tout étant de réussir à garder la maîtrise sur les filières stratégiques et les matières premières. Le risque étant, à défaut, de devenir comme un sous-traitant de ces pays et de ne pas capter la valeur ajoutée. Lait, viandes, légumes, oeufs... l'agroalimentaire breton transforme des produits dont la matière première est majoritairement produite en Bretagne. Ce dynamisme pose d'autant plus la question de la répercussion sur le maillon production... En effet, la répartition des marges sur l'ensemble de la filière en devient d'autant plus un vrai enjeu pour l'ensemble de l'élevage.

Groix et Nature, développer la richesse locale

L'entreprise Groix et Nature a été créée dans le cadre de Guyader Gastronomie et est dirigée aujourd'hui par la fille de Christian Guyader, Marianne. L'histoire de cette entreprise fait partie des belles histoires de l'agroalimentaire breton. "C'était un choix de s'installer dans un endroit un peu difficile pour y créer de l'emploi", rappelle Christian Guyader. 15 ans plus tard, un nouvel atelier a été créé sur l'île l'an dernier, d'où sont parties 1 million de petites verrines et des produits qui s'exportent aux 4 coins du monde. Après l'huile de homard au dernier Sial, deux innovations ont été présentées cette année : une huile d'algue et une recette de pâté originale que Christian Guyader avait repéré dans un vieux livre de cuisine et qui a été remise au goût du jour. Il s'agit d'un pâté au thon et au cochon, lancé lors de ce Sial, et pour lequel l'entreprise recherche maintenant des distributeurs. "Notre objectif, c'est de créer de la valeur ajoutée et de la richesse sur le territoire breton", conclut Christian Guyader.


La Cooperl présente Brocéliande

Au Sial, on croise de petites entreprises, mais aussi des géants, à l'image de la Cooperl. "C'est un rendez-vous important car on y croise l'ensemble des acteurs de l'agroalimentaire du monde entier", confirme Emmanuel Commault, directeur de la Cooperl. Au Sial, la coopérative a mis en avant sa nouvelle marque Brocéliande, avec du porc élevé sans traitement antibiotique, qui représente aujourd'hui 20 % de la production. Escalopes de jambon de porc, éffilochés marinés... De nombreux produits transformés étaient présentés sur le salon, avec comme objectif de leur trouver de nouveaux débouchés à l'export. Et l'accueil est plutôt positif, avec par exemple une entrée sur le marché japonais, réputé comme l'un des plus exigeants.

 

Lou, une start-up de l'agroalimentaire

Lou, c'est l'histoire d'une petite entreprise familiale qui monte qui monte... A l'origine, Fabrice Chapuzet crée l'entreprise avec son épouse Emmanuelle et le frère de cette dernière, Benoît. Ils se lancent en 2009 dans la production de champignons frais bio et construisent leur salle de culture à Poilley en Ille-et-vilaine. Présents au Sial, ils sont venus présenter les nouveaux nés de la gamme : les champignons de Paris bio et les Bella Rosés bio. Ils prévoient également la construction de nouvelles chambres de pousse, afin de répondre aux attentes des distributeurs. En quelques années, il sont passés de 5 salariés... à une centaine ! Une véritable succes story bretonne.


La Bretagne en ordre de bataille

Si les plus grandes entreprises agroalimentaires bretonnes ont la capacité d'organiser elles mêmes leur participation au Sial, la Bretagne joue la carte collective pour assurer la promotion de son savoir faire alimentaire et mettre en avant des entreprises moins exposées et innovantes. Deux structures assurent cette dynamique régionale :

- La Coceb (Conférence des chambres économiques de Bretagne) est une association qui fédère les trois institutions consulaires bretonne, à savoir les chambres d'agriculture, les chambres de commerce et d'industrie et les chambres des métiers.

- Bretagne Développement Innovation (BDI) est une agence de développement économique dont la mission est de favoriser la création de valeur économique et sociale en Bretagne pour un emploi durable. Pour garantir l’ancrage de BDI dans l’économie bretonne, le Conseil régional de Bretagne a confié la présidence de l’agence à un chef d’entreprise : Guy Canu. BDI travaille en lien étroit avec Bretagne Commerce International.


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