Terra 24 septembre 2015 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La FCO fait son retour en France

La fièvre catarrhale ovine (FCO) est de retour en France, dans le département de l'Allier. Le dernier épisode en date, entre 2008 et 2010, avait stoppé net les exportations d'animaux, avec d'amples mesures de confinement dans les exploitations et de coûteuses campagnes de vaccinations obligatoires. Il s'agit cette fois du sérotype 8.

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Gilles Lavollée, vice-président du GDS Bretagne et Eric Borius, directeur des productions au GDS Bretagne.
Gilles Lavollée, vice-président du GDS Bretagne et Eric Borius, directeur des productions au GDS Bretagne. - © Terra

Le 11 septembre dernier, un foyer a été découvert dans la commune de Louroux-de-Bouble, dans un élevage d'ovins et de bovins. L'animal infecté était un bélier. Immédiatement, une zone de surveillance de 150 km a été mise en place. Entre temps s'est déroulé le National Charolais aux 4 jours du Mans, avec des animaux qui venaient de la zone concernée. Conséquence : ces derniers n'ont pu venir participer au Space. Jeudi dernier, pendant le Salon de l'élevage de Rennes, une nouvelle zone a été détectée avec, cette fois-ci, des animaux qui étaient déjà sur le Space. Par mesure de précaution, "tous les animaux ont été désinsectisés, ainsi que tous les camions qui ont eu à franchir ces zones", a souligné Eric Borius, directeur des productions au GDS Bretagne, lors d'une conférence de presse lundi dernier. Par ailleurs, des prélèvements ont été réalisés sur les 30 animaux issus de cette nouvelle zone, ainsi que 30 animaux qui ont été vendus pour l'export. Voici donc pour le film des évènements.

Réactivation du systeme de surveillance

En réponse à cette réapparition de la FCO en France, l'Etat a décidé de réactiver le système de surveillance, 60 cheptels vont être tirés au sort afin de déterminer la circulation virale de la maladie. "Si on trouve d'autres foyers, sans doute que c'est toute la France qui sera placée en zone de surveillance, car si il y a des micro-zones éparpillées c'est trop compliqué à gérer", a ajouté Gilles Lavollée, vice-président du GDS Bretagne. Si le statut indemne de la France est d'ores et déjà perdu, cela n'empêche pas les zones indemnes, comme la Bretagne, d'exporter, grâce a des accords bilatéraux, ou pays par pays avec les pays tiers. Avec toutefois de nombreuses contraintes.

Périmètre d'interdiction de 20 km autour d'u foyer, zone de protection de 100 km et enfin zone de surveillance de 150 km. En fonction du périmètre dans lequel se trouvent les animaux, et d'un périmètre à l'autre, des régles précises encadrent les mouvements d'animaux. Dans l'Allier, où a été découvert le premier foyer, les conséquences économiques se font déjà ressentir, d'autant que ce cas intervient en pleine période d'exportation des broutards.

De son côté, le GDS Bretagne a remis à disposition un logiciel qui avait été développé en 2009 et qui permet d'accéder aux informations de mouvements d’animaux. Il est disponible sur le site du GDS Bretagne. A ce jour, le ministère a fait savoir qu'1,8 million de doses de vaccins étaient disponibles.Elles seront réservées au périmètre autour du foyer et à l'exportation. Si les sondages en cours font apparaître de nouveaux foyers, l'Etat pourrait donc choisir une vaccination générale. Si tel est le cas, "le GDS Bretagne aura bien entendu un discours d'accompagnement sur la vaccination", a témoigné Eric Borius, avant de s'interroger sur la possibilité de se mettre d'acccord en Europe pour dire que la FCO est une maladie avec laquelle il va falloir apprendre à vivre. Une remarque qui va dans le sens d'une réflexion générale sur l'utilisation des fonds et qui permettrait, "plutôt que d'avoir une politique de vaccination générale, de financer les élevages qui sont vraiment touchés par la maladie".

Nouveaux cas dans 5 communes du Puy-de-DÙme

Cinq nouveaux cas de fièvre catarrhale ovine (FCO) ont été déclarés dans le Puy-de-Dôme le 21 septembre, provoquant de facto un élargissement des zones faisant l'objet de mesures de prévention spécifiques, a annoncé la préfecture. La réglementation prévoit "une zone interdite", d'un rayon de 20 kilomètres autour des communes touchées, soumise à des mesures drastiques : les ruminants ne peuvent ni entrer, ni sortir de leurs exploitations, et tout rassemblement d'animaux y est interdit. Avant la découverte de ces nouveaux cas, la commune de Cournon, où se tiendra le Sommet de l'élevage début octobre, était située hors de la zone d'interdiction. Elle est à nouveau sous la menace, puisque située à une vingtaine de kilomètres de Luzilat, une des nouvelles communes concernées.

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