Terra 08 septembre 2016 à 08h00 | Par Actuagri

La gestion de crise, 3e pilier de la PAC 2020 ?

Si la réunion des ministres de l’agriculture européens le 2 septembre n’avait aucun rôle décisionnel, la vingtaine de pays représentée a convergé sur plusieurs points, notamment celui de développer davantage les mécanismes de gestion de crise.

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Initiée par le ministre de l’agriculture français, Stéphane Le Foll, quelques jours après l’annonce du Brexit, la rencontre informelle des ministres de l’agriculture européens a réuni vingt pays au château de Chambord, le 2 septembre.
Initiée par le ministre de l’agriculture français, Stéphane Le Foll, quelques jours après l’annonce du Brexit, la rencontre informelle des ministres de l’agriculture européens a réuni vingt pays au château de Chambord, le 2 septembre. - © Terra

Initiée par le ministre de l’agriculture français, Stéphane Le Foll, quelques jours après l’annonce du Brexit, la rencontre informelle des ministres de l’agriculture européens a réuni vingt pays au château de Chambord, le 2 septembre, pour évoquer l’avenir de la politique agricole commune. L’absence du Royaume-Uni semble avoir infléchi les débats dans un sens moins libéral, puisque les ministres se sont fortement prononcés en faveur de mécanismes de gestion de crise plus performants. "On fait face à des crises extrêmement dures", a rappelé Stéphane Le Foll, évoquant "la piste d’un troisième pilier spécifique avec des outils plus adaptés pour permettre aux agriculteurs de faire face". Pour travailler en cette voie, le ministre de l’agriculture a également évoqué la nécessité de mieux répartir la valeur au sein de la chaine agroalimentaire, les chocs vécus par les agriculteurs n’étant pas suffisamment partagés par les autres maillons. Les ministres ont par ailleurs évoqué la complexité de la PAC actuelle, s’engageant en faveur de plus de souplesse.

Attachement à la PAC

Si la réunion, informelle, ne devait pas aboutir à des décisions au sens propre, elle "permet de caler les grandes discussions, c’est une manière de réaffirmer l’engagement à vingt pays", a précisé Stéphane Le Foll. Pour des raisons de politique intérieure, l’Espagne et l’Italie n’ont pas pu être présentes, et d’autres membres comme les Pays-Bas n’ont pas pu venir "pour des raisons d’agenda", justifie par ailleurs le ministère. Le consensus est clair, en tout cas, autour de l’attachement à la politique agricole commune : "pas de PAC-exit", indique le ministre belge, Willy Borsus. La politique agricole commune doit rester "partie prenante du budget européen", estiment les ministres qui ne conçoivent pas une PAC sans des moyens financiers à la hauteur. Une position également défendue par l’Allemagne. La question se pose d’autant plus que le départ du Royaume-Uni risque de fragiliser l’équilibre financier : contributeur à 14 milliards d’euros, le pays ne reçoit en retour que 7 milliards. 7 milliards d’euros seront donc à trouver.

Les demandes du Copa

Intervenant au titre du Copa, Xavier Beulin a souligné "les défaillances de la PAC actuelle" et prôné des mécanismes de gestion de crise que l’on puisse utiliser de façon préventive et non "au coup par coup". Il a notamment demandé un seuil de déclenchement de l’assurance "beaucoup plus incitatif" que les 30 % de pertes aujourd’hui nécessaires. Xavier Beulin a également insisté pour "que l’on imprime un peu plus que par les mots les engagements en matière de simplification", indiquant que le verdissement et les contraintes réglementaires étaient de plus en plus mal vécus par les agriculteurs, mais aussi par l’administration, la complexité du dispositif étant à l’origine d’un retard de versement, en France, d’un milliard d’euros pour 2015. Autre point majeur, le budget : le représentant du Copa ne veut pas que le Brexit serve de prétexte à une remise en cause de l’équilibre budgétaire.

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